Marcel Proust

Lovecraft est passionnant quand il parle de réalisme (où il place Balzac et Tourguenev au plus haut, s’en sert d’alibi à son dédain de Dickens), et de real literature : la littérature n’est pas divisible, et on peut y atteindre depuis le récit surnaturel comme depuis tout autre point de départ. Lorsqu’il se fait cambrioler à Brooklyn, il lit Lord Jim de Conrad (sinon, on ne l’aurait pas su). Il le considère, sous cette prose brute et forte, comme un poète. Il ne lira pas l’Ulysses de Joyce, et ce qu’il (...)


Lovecraft est passionnant quand il parle de réalisme (où il place Balzac et Tourguenev au plus haut, s’en sert d’alibi à son dédain de Dickens), et de real literature : la littérature n’est pas divisible, et on peut y atteindre depuis le récit surnaturel comme depuis tout autre point de départ. Lorsqu’il se fait cambrioler à Brooklyn, il lit Lord Jim de Conrad (sinon, on ne l’aurait pas su). Il le considère, sous cette prose brute et forte, comme un poète. Il ne lira pas l’Ulysses de Joyce, et ce qu’il lit dans les magazines ou revues de Gertrude Stein l’en éloigne sans la lire plus. Par contre, il lit les deux premiers tomes de la première traduction d’À la recherche du temps perdu (Un amour de Swann, Les jeunes filles en fleurs). Et puis il dit que « personne au XXe siècle n’est capable d’éclipser ce bonhomme-là ». Ce qui me fait plaisir à plus d’un titre. À noter cependant qu’aucun de ces auteurs ne figure dans sa bibliothèque personnelle, où il y a pourtant Baudelaire, Barbey d’Aurevilly et Ruskin : livres empruntés ou lus en bibliothèque publique, à sa manière habituelle.






Tiers Livre Éditeur | The Lovecraft Monument
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1ère mise en ligne et dernière modification le 25 juillet 2014.