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_ Lovecraft unlimited | sommaire d’un livre invisible

une plongée web immersive dans le Lovecraft inconnu

_ langue de boeuf

La viande est un produit cher et noble, on mange tout. La langue de boeuf suppose un vrai art de préparation. Je me souviens qu’un de mes premiers repas à Tokyo on nous en avait proposé au dessert, sur de minuscules brochettes. À la maison, autrefois, ça revenait parfois le dimanche, pour les occasions. Mes enfants la goûtent peu : je suppose que c’est moins la consistance, que l’idée de la provenance, ou la façon dont, plus directement qu’un bifteck, ça rétablit notre égalité de mammifères. On ne (...)

_ Sunday Journal & roll of cuttings

Toute la période où il vit à New York, Lovecraft reste abonné au journal de Providence, The Providence Evening Bulletin. Ce n’est pas pour autant que cela prend une autre importance que symbolique, ou affective – rares mentions dans le carnet de bord de 1925. Ainsi, ce même 28 mai 2915 : in morning read papers. On précise qu’on lit « les journaux », sinon on dit juste « lire » (souvent, sans préciser le livre, comme si lire passait avant ce qu’on lit – après Conrad c’est le nouvel Arthur Machen). Et (...)

_ carburants

« Granted a room, leisure, a book, a bathrobe, a pen, & a stack of paper, there’s life left in the old man yet. » Comme on les aime, ce genre de phrases, quand elles sont dites par un écrivain, quel qu’il soit (dans les lettres de Flaubert par exemple, ou dès Rabelais : qu'il n'est tel que faulcher l'esté en cave bien garnie de papier et d'ancre, de plumes et ganivet de Lion, avec la fraîcheur de la pièce calme et donc la nécessité d’un petit canif, ganivet, pour préparer le (...)

_ de Lovecraft qui dort

« Une des habitudes de H.P. Lovecraft : un livre ouvert à la main, et sa tête posée contre le bras replié sur le bureau, il dormait pendant des heures – il préférait écrire la nuit que pendant le jour », rapporte Sonia. À comparer avec les heures de sommeil inscrites à l’heure près (retire), jour après jour, dans le carnet de 1925 : à vivre seul, plus rien ne l’empêche de dormir à pleines matinées, et de régulièrement sauter une nuit de sommeil. À noter aussi : qu’il n’a jamais possédé de lit, s’est contenté (...)

_ de l’incapacité de divorce

Cela traîne jusqu’en 1929. Dans l’énigme que reste pour nous le mariage avec Sonia, le fait que Lovecraft refuse de fait le divorce. Comique sous-jacent des preuves qu’il lui donne de mariages qui se sont établis dans la durée, mais uniquement à distance et par lettres, parce que le monsieur est infirme ou grand malade. Sonia répond que lui, Lovecraft, n’est pas malade. Qu’elle ne veut pas d’un « long distance husband by letter-writing only ». Pour lui, un gentleman ne divorce pas. Lorsqu’il n’y a (...)

_ de Lovecraft vu par Lovecraft (mal)

Combien pathétique pour nous cette lettre à Allen G. Ulman, à l’automne 1933. Jamais Lovecraft n’a été aussi près de voir son oeuvre imprimée. C’est Samuel Loveman qui l’a mis en contact avec cet éditeur de chez Alfred G. Knopf. Ulman lit un texte de Lovecraft, et lui écrit pour lui en demander une sélection. Lovecraft en choisit sept, Ulman réagit encore plus positivement, Lovecraft lui en envoie dix-huit autres. À noter qu’il ne prend que parmi celles qui sont publiées, alors qu’une partie du continent (...)