lundi 4 novembre : Hachette/VUP, un bref échange avec Alain Salles, du Monde des Livres

message reçu d'Alain Salles, lundi 4 novembre, 17h14

Bonjour,
Je constate que peu d'écrivains sont intervenus dans le débat sur la vente de VUP.
Vous aviez signé la pétition de Jack Ralite, avec d'autres écrivains.
Mais personne ne s'est exprimé sur la fusion VUP-Hachette.
Quelle est votre opinion sur cette concentration, sur les craintes des libraires et des éditeurs indépendants,
sur la réserve des écrivains?
Si vous avez quelques minutes, n'hésitez pas à me répondre par mail ou par téléphone.
Bien à vous
Alain Salles
Le Monde des livres

réponse François Bon, lundi 4 novembre 17h42

cher Alain Salles,
1 - oui, j'ai signé volontiers la pétition initiée par Jack Ralite : savoir les noms et les outils du Robert et de Larousse traités en vaches à lait de fonds de pension pour retraités de l'Arizona, merci bien - et ce n'est pas un réflexe franco-français, mais bien marre de l'argent roi, du thermomètre de la bourse chaque quart d'heure à la radio et de jeter à la poubelle chaque dimanche le supplément "argent" du Monde vendu avec mon journal

2 - oui, comme mes amis libraires je redoute les effets des grosses concentrations industrielles - quand cela touche à mon traitement de texte Word, cela rejoint même mon principal outil de création - quand je gare ma voiture, père de cinq enfants, dans la zone commerciale entourée des enseignes Auchan, Leroy-Merlin, Decathlon, Kiabi et Saint-Maclou toutes propriétés de la famille Mulliez, et que je n'ai pas d'autre choix que de m'y fournir, il me semble qu'on porte atteinte à une liberté essentielle

3 - après trois années et deux livres aux éditions Fayard, et un échange permanent avec mon éditeur, je ne peux que constater et me réjouir du contenu de cet échange, sa liberté et sa rigueur intellectuelles, l'appui moral et créatif qu'il me confère - il serait donc pour moi hors de question d'une quelconque réflexion désobligeante à leur égard, ou d'un procès d'intention au groupe dont ils relèvent

bien cordialement
F Bon