dédicace neuf cinq argenteuil

un atelier d'écriture au lycée polyvalent Nadia et Fernand Léger d'Argenteuil

 

   
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L'atelier d'écriture aide à nous faire réfléchir sur des choses auxquelles on ne pense même pas. Gaëlle.

c'était l'atelier de la semaine dernière

à lire aussi: celui qui, celle qui, ou bien qui ils sont, ceux qui regardent à ces fenêtres


c'est la photo de la semaine, mais moi je sais le sourire qui se cache derrière - FB

 

 

le livre est paru le mois dernier chez Fayard: Fenêtres sur le monde, par Raymond Bozier

37 textes basés chacun sur une fenêtre particulière, hôtel, maison, travail, voiture...

et des formes narratives chaque fois différentes, souvent des phrases nominales, ou parfois juste de simpressions détachées, à moins d'un fragment presque autobiographique

on ne peut pas, en deux heures d'atelier, partir chacun à la rencontre de 37 fenêtres, mais de 6 ou 7 oui, certainement

l'ensemble de la séance est extraordinaire, un voyage visuel dans le proche, ce qu'on considère d'habitude comme ne méritant pas d'être signalé

comme Yamina, quand elle écrit: fenêtre de mon salon: j’aperçois ma terrasse, donc rien d’intéressant

là je me mettrais presque en colère, mais c'est bien la barrière que nous avions à franchir ensemble

en plus, Bozier est un copain de lycée, quand on était interne en terminale c'est à lui qu'on empruntait Eluard ou Action Poétique, et cela avait du sens d'en parler aujourd'hui

et je mets en parallèle les très beaux textes en celui qui, celle qui...

FB

fenêtre sur le stade de béton
on aperçoit le mur du stade, les petits jouent au foot, d’autres courent et s’amusent sur les briques et tous les petits essaient de mettre des paniers

fenêtre sur la route
on voit des voitures passer, des personnes de tous âges y passent également, des jeunes y traînent toute la journée, les voitures s’arrêtent puis des personnes descendent

fenêtre de l’hôtel
escaliers, hypermarché, route, voitures, restaurant chinois, université, lac

fenêtre de la cuisine
jardin, grillage, petit parc, bâtiment d’en face, les cerisiers, les palmiers

fenêtre sur une cité
des petits et des grands, des bâtiments entassés, des barreaux gris, des voitures stationnées, certaines sont dépouillées, les halls des bâtiments sont taggés

Moulaye

fenêtre de ma chambre : Velux
je vois le ciel, les nuages et le soleil

de la fenêtre de la cuisine
je vois des immeubles, les maisons des voisins

le pare-brise de la voiture
je vois des passants, des magasins, des pharmacies, des arbres
Bruno

fenêtre de ma chambre
les voitures garées, un arbre penché, les petits enfants qui jouent au foot, mon voisin répare sa voiture, les outils éparpillés partout

vitres des cabines téléphoniques
des gens passent à côté de moi, le café, la fontaine, des travaux, une pelleteuse, des câbles électriques, trois personnes arrivent

fenêtre de l’atelier d’écriture
l’arrêt de bus, une Renault 5 blanche, un motard, un poids-lourd bleu, les buissons, l’herbe, passage piéton, une Citroën rouge
abdellah

 

fenêtre sur la rue
les voitures passent, il y en a de toutes les couleurs, le ciel est gris et les arbres sont dégarnis, il fait froid et tout le monde rentre chez soi

fenêtre de ma chambre
il n’y en a pas : le mur est blanc – j’attends de voir le ciel étoilé

fenêtre de la chambre de ma cousine
les gens passent et on les siffle, ils lèvent la tête et on se cache, c’est drôle

fenêtre du bus
le trafic ralentit, la moto est retournée : tout le monde se retourne

fenêtre du train
des gens courent, mais trop tard : tant pis – les gens entrent et sortent, les gens sont concentrés, ils réfléchissent, ils s’ennuient peut-être

fenêtre chez mon ami
on s’installe, on regarde le vide – parfois on fume un peu, juste pour rigoler – on se dit tout, il fait nuit, on est bien
sylvie

pare-brise de la voiture
je vois des petits en train de se disputer pendant que leur mère essaye de rétablir l’ordre

par la fenêtre de la chambre
je vois un homme qui parlait à son bébé comme s’il parlait à un adulte

par la fenêtre de ma chambre
je vois au premier étage un jeune homme en train de regarder la télé et au rez-de-chaussée une dame en train de faire la cuisine
jessica

le matin accident d’un jeune homme africain en scooter
deux amoureux se tiennent la main devant un restaurant chinois
une chien est jeté d’une voiture sur l’autoroute
deux filles se sont battues dans ma cité juste pour un regard
du troisième étage : il y a du verglas, des gens tombent par terre
du troisième étage : une femme et un homme se battent
du deuxième étage : explosion d’une voiture sur le parking en pleine nuit
une petite fille aux yeux bleus me regarde en me faisant un grand sourire
valérie

des petits courent dans la cour, ils s’insultent et s’amusent
(fenêtre de ma chambre)

des voitures circulent, le vent fait trembler les branches des arbres
(fenêtre de la salle polyvalente)

le feu ne veut pas passer au vert, je regarde autour de moi, une femme téléphone en conduisant, une vieille dame traverse
(pare brise de la voiture de ma sœur)

il est 22 heures des pompiers sont venus chercher une vieille dame qui a eu un malaise
(fenêtre de la cuisine)

oh, la neige ! des flocons tombent, on est au mois de mars
(fenêtre du salon de chez Jo)

il est environ 15 heures, des élèves se mouillent avec des bouteilles, il fait chaud
(fenêtre de la classe de bio à Braque)
alina

la pluie qui tombe, les essuie-glaces des voitures sont en marche, les parapluies s’ouvrent, les capuches sont sur les têtes
(fenêtre d’une chambre, premier étage)

les personnes courent, pourquoi je ne sais pas, ils ne prennent pas le temps, ils se bousculent
(fenêtre d’un magasin)

des personnes qui sont assises, qui se reposent : ce sont des personnes âgées, une grille, des personnes vêtues de blanc, des camions de pompiers qui viennent et repartent
(fenêtre d’une chambre d’hôpital)

une zone industrielle, des toits gris, des portes taggées
(fenêtre du salon au sixième étage)

un parc de loisir, des arbres, un toboggan, un tourniquet, des enfants jouent, hurlent
(fenêtre d’une chambre au sixième étage)

un garde, deux flics, la haine
(fenêtre de la cellule)
laetitia

par la fenêtre de la chambre du troisième étage : des bâtiments, un bus qui passe et des gens qui courent pour le prendre
par la fenêtre d’une voiture : des feux rouges, les panneaux d’indication, les piétons qui traversent la route
par la fenêtre arrière du bus : des gens qui rentrent dans les magasins, la police en train de mettre des amendes aux voitures mal garées
par la fenêtre du métro : les gens qui montent, les tags sur les murs et même sur les publicités
par la fenêtre de la classe : des élèves dans la cour qui se dépêchent pour aller en cours
morad

le soleil arrive et se lève, les rayons de soleil commencent à dominer la chambre de la toile de tente et je sens que la journée sera bonne et en se levant, par la fenêtre je vois les personnes heureuses et les oiseaux chantent (la fenêtre de la toile de tente)

le temps est morose, le ciel est gris et je pense à mon grand-père, là je suis triste : il me manque trop, et par la fenêtre je vois son image et je lui parle mais il ne me répond pas, je suis triste (la fenêtre de ma chambre)

le soleil rayonne sur mon cahier de français et je regarde par la fenêtre, je pense beaucoup à ma mère que j’adore, le soleil rayonne comme ma mère : je t’aime, maman ! (la fenêtre de la salle de français)
damien

toutes les photos numériques de fenêtres ont été prises depuis le RER, entre la gare Saint-Lazare et le Val d'Argenteuil, le 31 mars 2004 - FB