stage annuel d'écriture

au théâtre du Rond-Point, stage annuel d'écriture avec François Bon pour 22 enseignants ou formateurs IUFM de l'académie de Versailles

 

 

mardi 2 décembre 2003: frontières réel - représentation
(Claude Simon)

 

retour journal de bord
archives : séance 1 _ séance 2_séance 3 (ci dessous)

ce n'est que la troisième fois, et on prend déjà nos habitudes - pourtant, loi du théâtre, le décor de Philippe Caubère est démonté, et nous profiterons – timidement ou résolument – de la grande scène pour lire

mon étape: franchir un pas dans l'organisation de narrations complexes - un pas modeste -
deux pistes:
la première, celle d'un temps référentiel arrêté - on travail sur un instant isolé du réel, un instant fixe, et on n'en traiter que les signes, en s'interdisant dans le texte toute connaissance personnelle de ce qui n'est pas manifesté par ces signes
la seconde, celle d'une représentation matérielle de ce fragment de réel – accorder la distance focale, le zoom de l'image-mémoire, non sur le réel lui-même, mais sur la mémoire qu'on a de la photographie qui le représente

la matérialité même de la photographie, angles de prises de vue, traitement chimique de l'exposition, organisation des cadres, plans en contreplongée, gros plans ou la façon dont une photo jaunie ou pâlit, tout cela, quis 'écrit dans le texte, sera aussi l'amorce de la fiction intégrant son propre processus au texte

livres que j'ai amenés: L'Image fantôme d'Hervé Guibert et ses quatre-vingts modes de description d'une image selon son statut et le rapport qu'on a à elle (j'ai lu les intitulés de chapitres: photos d'identités, autorportraits, photomatons, la boîte en carton, l'album, la radiographie, l'image porno....) et La Chambre claire de Roland Barthes, avec ses 48 chapitres qui n'ont pas d'intitulé mais s'appuient chacun sur une façon particulière de prendre une photo, depuis celles de l'origine jusqu'aux nus de Mapplethorpe qui lui sont contemporains

quelle étrangeté qu'il ait fallu attentre 1980 pour que ces deux livres paraissent, cent ans après cette merveilleuse lettre de RImbaud à sa mère, décrivant la photo blanche qu'il lui envoie, où il s'était pris lui-même, mais s'est trompé de proportion dans les produits au développement - quelle étrangeté aussi le fait que Flaubert, Nerval ou Baudelaire passent à côté de la photographie (l'opposition entre le texte de Baudelaire sur la photo et son "peintre de la vie moderne") - Proust comme basculement

mais c'est un texte de Claude Simon, extrait de Histoire (1971), que je propose pour l'écriture, parce que c'est une suite de paragraphes, chacun sur une photo, mais traités sans ponctuation, le grain des mots lié au grain de la photo...

FB

 

PS : paraît à l'université de Grenoble un volume d'hommage à Claudette Oriol-Boyer, ci-joint ma propre contribution, Portages

quelques liens choisis par Arnaud Laborderie sur le site BNF, en lien avec notre séance:
- Sur Nerval et le daguerréotype
- Quelques textes théoriques sur la photographie au XIXe siècle (dont Baudelaire)
- les clichés de Maxime Du Camp en Orient...

 

Noir des années cinquante si caractéristique du style d'Harcourt modèle le visage d'une femme dont le sourire disparaît dans l'ombre en une pointe d'espièglerie et l'œil câlin capte la lumière réfractée sur sa pupille dilatée de noir

Couleurs passées des années soixante-dix presque effacent un hôtel vague en bord de mer les murs rongés par le sel alentour la grève étendue

Jaune sale d'un cliché raté la face rose écrasée largement fendue du sourire niais de soirées trop arrosées
AL

le masque mortuaire de la disparue du canal de l’Ourcq
semble plus vivant que tout autre portrait c’est bien le seul cas où la photo n’immobilise pas la vie pour la tuer bien au contraire
pourtant
en noir et blanc l’enfant nu sourit à l’objectif des bulles au bord des lèvres des mains de femme adulte avec bagues et bracelets tiennent ses cuisses la douceur de l’éponge moelleuse transparaît et en arrière-plan la porte du four fermée heureusement curieuse association tout de même
et le couple vu de loin sur fond d’église robe de mariée costume gris pourtant la photo est en couleurs chemise à col cassé nœud papillon et le regard oblique entre eux comme surpris connivence et sourire seuls sur l’image seuls au monde seuls ensemble
là c’est une photo d’art le nom du photographe comme une signature figure en bas à droite de la petite fille aux cheveux longs dénoués et comme gonflés par un coup de vent artificiel auréolant un visage aux yeux clairs mais toujours en noir et blanc le visage de tous les possibles
CV-LC

le masque mortuaire de la disparue du canal de l'Ourcq... (sur site BNF, photo Albert Rudomine)

fond blanc/beige deux jeunes filles d’une douzaine d’années la blonde vraisemblablement un peu plus jeune que la brune et étonnamment petite presque naine leurs têtes alignées alors que la brune est assise dans un fauteuil à bascule et la blonde debout à ses côtés des cheveux magnifiques épais longs ondulés les regards noirs ou châtains droit devant et perçants de longues robes blanches dentelles et rubans de soie air de famille sans complicité
dix derrière perchés sur un banc dix autres debout devant eux dix autres encore assis en tailleur au premier plan exubérants ou discrets naturels ou mal à l’aise jeans casquettes mini-jupes un adulte sur le côté très légèrement à l ‘écart la jeune fille au centre brandit une ardoise affichant 1ère L 2002/2003 dans la rangée centrale une élève à gauche toute en bleu une autre à droite exactement dans les mêmes tons pour le reste c’est dépareillé un grand hall désert des passerelles aériennes bariolées des individus groupés des individualités assemblées patchwork
intérieur de caravane des spaghettis dans l’assiette des fenêtres comme des hublots on entraperçoit une prairie de la sauce bien rouge plein les babines intérieur encombré l’autre qui se cache sous sa serviette le lit qui sert de banquette airs coquins et pétillants le soleil qui brille qui danse un jeune homme brun bien rasé sourire un peu gêné désemparé
ML

Photo en noir et blanc au premier plan un personnage devant une maison dont la porte est entrouverte un vieil homme assis sur une chaise la main droite appuyée sur une canne un peu éloignée de son corps il porte un chapeau aux larges bords regarde droit devant lui le visage légèrement levé le regard impérieux méfiant impression d’assurance de force d’autorité de défi à sa gauche un chien enroulé autour de ses pieds à sa droite une chaise campagnarde vide en attente sans doute du retour d’un proche ou d’un ami coutumier de ce rituel de fin d’après-midi dans les villages de Provence dans le fond flou quelques silhouettes et la terrasse d’un café au dos de la photo quelques mots à peine lisibles grand-père Jean pas de date
Photo couleur au premier plan une poubelle verte couvercle blanc ignorée sans doute du photographe dont la cible est juste derrière au centre assise sur le rebord de pierre d’une fontaine une jeune femme vêtue d’un chemisier bleu et d’un pantalon blanc un petit chapeau aux bords relevés malicieusement incliné sur le côté de la tête le bras droit levé replié la main tournée vers l’arrière vers les imposantes sculptures de la fontaine de Trevi le char ailé de Neptune tiré par des tritons elle pose souriante fait le geste de jeter une pièce dans la fontaine pour que soit exaucé son vœu de retourner à Rome clin d’œil au film de Fellini elle joue fièrement les stars sans savoir qu’elle partage la vedette avec l’insolent récipient juste devant elle sur le bord arrondi de la fontaine des personnes en vêtements d’été colorés posent pour des photographes qui règlent leurs objectifs plus au fond de chaque côté de la fontaine des carabiniers à l’attitude nonchalante
Sur la photo un port de pêche des filets disposés sur le quai en tas réguliers quelques barques amarrées sur le bord de l’une d’elles juste au-dessous de la bande noire qui le souligne on peut lire un nom DESIR II assis sur le quai devant la barque les jambes allongées les pieds nus veste ouverte sur la poitrine casquette bleue repoussée en arrière un pêcheur est penché sur le filet qu’il remmaille l’impression de gravité de concentration qui se dégage de son attitude crée une atmosphère de sérénité intense
PG

 

instantané 1
extérieur moucheté bordure blanche du rectangle brillant tamis de vigne au-dessus d’un patio table de bistrot deux verres deux bouteilles de bière un paquet bleu sans doute de cigarettes un appareil-photo deux chaises derrière la table une vide à droite une avec lui blanc blond photogénique et soudain à gauche assis sur une chaise sans table devant lui entièrement visible les deux mains superposées sur le pommeau d’une canne en bois un vieil homme à casquette qui fixe l’objectif il pose son regard comme il pose ses mains il est là il sourit un peu il est tendu il attend figé comme si le temps de pose était l’éternité même il ne mourra pas tant qu’il sera là sur ce cliché

instantané 2
extérieur fondu pas de bordure une tranche trois zones horizontales de hauteur presque égale trois étages beigeâtre bleuâtre grisâtre sans doute deux lignes perdues séparation la terre de l’eau ligne de partage l’eau de l’air et soudain une petite lettre sur la gauche un i grec à l’envers un anonyme en marche

instantané 3
extérieur taché cadre trapézoïdal presque noir dans le rectangulaire pare brise d’autobus en bas au premier plan à gauche arc de volant sans doute bras droit du conducteur tableau de bord en haut au milieu poupée chapelet autocollants à l’intérieur non de fait à l’extérieur comme l’image d’un film projeté en panoramique assemblage de taches grises bleues deux jaunes taxis automobiles piétons télécommandés collage surcharge et soudain à droite un panneau de signalisation capitales blanches sur fond rouge DUR
CP

Tirage argentique couleur quinze vingt papier glacé cent vingt grammes ombre portée longue silhouette du photographe juste cadrée sur fond de mare vert anglais all over eau noire du révélateur les pieds posé sur le bord de la cuve la tête dans les mourrons soleil du soir rouge inactinique nuée d’éphémères
Polaroïd dix douze gros grains contours incertains cadre jauni des produits chimiques bruit d’éjection soixante secondes de révélation mémoire docteur Land art et nature paysage rapproché sur sol herbeux ombre rustique d’une vache hors champ pieds posés sur l’horizon de la cartouche cornes près du ciel
Les traits horizontaux de l’imprimante mal réglée trament les lignes de fuites verticales du maïs quadrichrome premier plan numérique sur un cartel hybride planté dans le champ de l’image cadre technique de l’agronome qui fait sa tournée A4 transgénique oublié sur le chemin de terre
JP

 

Ciel opaque déchiré par des nuages gris compressés débordés troués pluie qui tombe longs traits blancs éclaboussant la mer survolée par trois mouettes ailes déployées aux extrémités repliées alourdies bec orange tache de couleur sur la mer grise aux vagues anarchiquement dressées sur l’écume attendant de s’écraser sur les traces de pas laissés sur le sable
Vieille femme assise sur un banc de pierre peint en blanc devant un mur de maison blanc aux volets bleus porte entrouverte visage ridé flétri buriné encadré par un foulard noir noué autour du cou dont s’échappent quelques mèches grises ample jupe noire serrant sur une taille trop large un chemisier noir embrassant une poitrine gonflée Regard sombre fixant un chaton noir aux yeux clos allongé sur les marches blanches dardées par les rayons du soleil.
Étal coloré oranges orange citrons jaunes poivrons verts tomates rouges sagement alignés dans des casiers offerts à la vue des chalands qui passent définitivement immobiles Régimes de bananes tresses d’oignons grappes de dates suspendus sur le ciel vert da la boutique ambulante du vieil homme à la casquette noire assis les doigts croisés sur un chapelet de perles blanches bouche souriante sur une seule dent rescapée
SP

 

 

Couleurs passées des années soixante-dix presque effacent un hôtel vague en bord de mer les murs rongés par le sel alentour la grève étendue

 

 

 

 

 

une esquisse de salon confortable et bourgeois paré d'une tapisserie écrue sur laquelle s'incruste la porte d'un buffet en noyer et au fond du fauteuil rouge et jaune un enfant vêtu d'un tee-shirt mal ajusté l'épaule droite dénudée assis nonchalamment l'attitude relâchée le corps légèrement soutenu par l'accoudoir le regard lointain presque absent un soupçon de sourire éclaire son visage laissant apercevoir cette dentition mal ajustée de l'enfance
un jouet d‚enfant sur la pelouse vert printemps du jardin dessus à califourchon une petite fille endimanchée robe bleu marine col claudine smocks socquettes blanches et sandalettes les cheveux sont noirs et bouclés et l'allure décidée maintenue par un adolescent à ses côtés en pantalon baskets et tee-shirt manifestement là pour la propulser viril et décidé la jambe droite en avant le regard fixé sur l'horizon ou sur le but à atteindre
deux grosses joues rouges comme deux pêches encadrées par une cagoule bleue nuit la frange éparpillée par une rafale de vent et des yeux qui jubilent la bouche est grande ouverte des torrents de rire s'en échappent et derrière une pièce métallique brille au soleil la descente d'un toboggn
IF

 

Jaune sale d'un cliché raté la face rose écrasée largement fendue du sourire niais de soirées trop arrosées

La voilà minuscule trottinant assez loin dans l’allée du Parc Montsouris manteau de fausse fourrure la faisant Teddy Bear bonnet assorti chaussettes blanches en tire-bouchon sur chaussures hautes elle apprend à marcher elle vient de sa lâcher comme a dit sa grand-mère elle avance vers celui ou celle qui prend la photo droit devant elle avance la neige sur son chemin ne la gène pas
La voilà vers huit ans des iris jaunes à hauteur des épaules marais marécage bouquet en brassée main tendue vers le grand père adoré peupliers plantés pour elle sourire fourrure sur capuche de l’anorak bleu confectionné par la mère
La voilà émergeant du brouillard en mouvement pas de course en bord de Seine les deux pieds au dessus du sol en rouge elle vole vers elle-même vers l’image d’elle-même en mouvement telle qu’elle se veut telle qu’elle se voit elle avance
La voilà photo qui n’existe pas encore vieillie mais yeux lumineux bleus désormais délavés pas encore fini de bouger moins souple mais mobile elle avance elle avance encore
BF
Un cliché brillant. Un grand tableau noir couvert d’équations, danse des lettres grecques tracées à la craie blanche. Devant cet immense tableau noir, un homme en contre plongée en bas de l’amphi. Dissimulant une partie de tous ces chiffres, il sourit à un auditoire invisible. Ses mains se sont figées, à hauteur de sa poitrine, elle se détachent distinctement sur la chemise blanche aux manches retroussées; elles suggèrent une coupe imaginaire susceptible d’offrir et de recevoir les outils qui permettent de percer les secrets de la nature, qui seront expliqués dans une langue ésotérique.
Trois clichés sont fixés sur l’écran lumineux installé au-dessus de la dernière rangée de carrelages blancs sur chaque cliché six petits rectangles dans chaque rectangle une coupe régulière d’une hémisphère d’un cerveau humain pour chaque coupe la forme d’un ovale parfait chaque ovale s’organise autour du même axe de symétrie une fine croix blanche une bulle à peine esquissée à l’intersection des deux branches l’image se répète parfaitement seize fois mais deux vignettes sur l’un des trois clichés détonnent plus de croix fine plus de bulle des éclaboussures de blanc explosent du cœur de l’ovale.
Une façade de château néogothique occupe tout l’arrière-plan murs de briques terrasse herbue un homme est allongé sur une chilienne un plaid jaune et rouge le couvre jusqu’au cou une main très blanche pend sans même frôler les graviers gris son profil se découpe vaguement sur une vasque du perron
DE

Les bords dentelés dents blanches très aigues d'une petite photo six centimètres sur six deux formes fixant l'objectif pas très loin très cadrées presque jumelles dans la disposition côte-à-côte face-à-face à droite une très petite fille dans un petit manteau de velours foncé capuche sur la tête mais les jambes grêles dépassent genoux blancs pattes d'échassier le visage sérieux concentré vers l'appareil sans sourire à gauche de la même taille exactement que l'enfant un brochet gris accroché par la gueule à un piquet presque debout comme elle mais il est mort on voit ses dents blanches très aigues sur fond de jardin gris
agrandissement amateur d'une vue en noir et blanc collée sur le scrap-book acheté à Londres avec ses pages buvards photo un peu floue d'une adolescente prise en cachette des boutons d'or en noir et blanc reconnaissables tout autour zoom sur le visage dans le creux le buste redressé en diagonale tendue les grands yeux gris vers le lointain dans la main gauche le bouquet serré articulations phalanges les boutons d'or gris ont la tête en bas contre le pull gris clair avec des losanges fils en relief il prend de la place sur le devant bouclier finement ciselé maille après maille
en contrebas la petite route montante un peu grise avec des haies mal taillées mais compactes et bien vertes sur la droite de ce côté-là aussi un panneau rond rouge et blanc son tiret rouge horizontal au milieu sens interdit et vers le haut de la rue le haut de la photo les toits d'ardoise au milieu de la route deux silhouettes de femmes de dos même taille cheveux courts et rubans noués du tablier pour celle qui est à droite un pied soulevé cheveux ramassés en chignon pour celle de gauche toute recouverte d'un grand châle noir dont la pointe frangée frôle le sol un panier se laissant deviner sur le côté gauche du corps dépassement du pain et de la bruyère sur les deux têtes l'arrière des coiffes travailleuses des champs chicolodènes pied soulevé aussi pour celle de gauche
CE, suivi de :

é cho 1
au bord du cercle rouge sur le plateau perchée pieds nus
en équilibre instable en face de la salle rouge gradinée visages attentifs cabine-régie être là plaisir du son lancé mots en flux tendu sans barrage ponctuel
cercle rouge le bord du sens interdit le déséquilibre possible d'ailleurs le texte de là où je me trouve perchée file tel qu'en lui-même sur la marelle d'un appui physique souffle en colonne droite le corps au bord légèrement surélevé le texte secrété entre en activité une lave chassée par les images retenues revenues dans l'arène
é cho 2
livrer aussi l'entrelacs depuis le cercle de ce qui se vit là-bas chapiteau des mots et les ondes formées à partir de là mon journal de l'atelier grandit et se poursuivant me bouscule je cherche le resserrement dont tu traces chaque mardi l'approche et le commencement j'obéis vraiment du dedans à la nécessité que tu amènes et désignes dans la pâte des mots liminaires s'agissant de la contrainte dite élagage non loin du plateau en contrebas un peu froid sur le fauteuil rouge au bord de quelque chose je suis chez moi je peux m'élancer vite ou mesurer en ne m'élançant pas l'espace-temps pour le faire je crains l'épanchement comme la peste pourtant je me souviens
c'était après une exposition à l'Echelle revenir à Charleville à pas lents maison natale d'Arthur dépassée gouttière tordue encerclant une statue quai de la déambulation fleuve sous le regard le moulin entrer et là le sonnet des Voyelles suspendu ô le manuscrit choc physique le fleuve en crûe vrillée par chaque lettre temps suspendu vie en suspens
donc j'écris ce dernier mardi dans l'acceptation minutieuse de l'indication échappant en commentaires intérieurs ils prennent aujourd'hui cette forme tant pis les trois photos revenantes appellent des développements que pour l'heure je refuse le fil de l'exigence est si coupant qu'au moment des textes partagés j'aurais voulu ôter tout ce qui débordait du cadre ici et là pour que reste seulement le bord de la photo le bord du cercle rouge rien d'autre qu'une mise en danger résister aux assauts de l'abondance qui cache la forêt mardi joie d'un espace circonscrit le reste quelle plaie reste l'inscription d'une empreinte au-dedans cercle rouge
les prénoms des garçons dans le cercle du 12
Morad Redouane Bruno Damien Abdellah Olivier Elvis Nicolas Ouissem Sébastien Ali Mickael Moulay


puzzle photo à partir d'un document photographique de Danielle Avezard ("Avez")