BRUISSANT

Et puis c’était comme ça ça se définissait comme ça BRUISSANT pas feutrés pas timorés hésitant comme un chat entre dehors et dedans BRUISSANT à la fois dehors et dedans pas possible de choisir mais impossible de ne pas décider BRUISSANT comme le tonnerre au loin les nouvelles qu’on ne veut pas entendre les images qui font détourner les yeux rouler les yeux à l’autre bout de la terre là-bas au loin lointain BRUISSANT comme un frigo fatigué au gaz réfrigérant fatigué usé au bout du rouleau défoncé comme frigorifié BRUISSANT comme un voile une étoffe qui étouffe comme un biscuit sec comme l’artère trop irriguée et les miettes obstruant les œsophages brisant les oeufs dans un bol broc rouge brique BRUISSANT comme les conditions atmosphériques aux gaz cancérigènes stratosphériques files dans les hostos société en strates modelée sur les States BRUISSANT comme la tenture verte battant au vent empêchant vaille que vaille vague horde de chaleur de rentrer pénétrer envahir tenture verte disant zou on est déjà trop ici il faut partir pas rester là déguerpir on paye le voyage si t’es d’accord que t’as rien à faire là BRUISSANT cafard dans boîte en plastique attendant de nourrir le varan ayant des pensées de cafard des occupations de cafard des rêves cafardeux des aspirations caviardées et puis plus rien BRUISSANT patrouille locale flicaille planquée dans l’ombre au temps de la restriction budgétaire de l’austérité austère qui dit qu’on ne verra plus trop le facteur et son sac en cuir usé asphalte désertée abandonnée trahie trompée BRUISSANT comme des médicaments gélules à voie orale dans pilulier plastiqué toujours plus rempli troué rempli troué se tenant chaud avant le grand voyage œsophagé glyphosaté tout frais compris toute taxe incluse Karl Marx toi même tu sais BRUISSANT fluide corporel peau morte creusée ridée défaite poils incarnés épis repousse pellicule morveuse salive chargée BRUISSANT pognon dans le portefeuille de moins en moins plumé synthétique végétarien impact carbone trop de crayons trop d’écrits trop de trop de trop de plastique réponse à tout BRUISSANT câble en réseau fibre optique optimale donnée mobile hardware itinérant coltan coltiné par gosses pompés chaque jour mis à jour par le système d’exploitation BRUISSANT sur la route la métamorphose pan la peste le maître du haut château les kilomètres de pages brochées BRUISSANT l’odeur du coussin quand on s’y enfonce comme si c’était le dernier geste la chose à faire le timing à respecter la case à noircir le chemin à suivre la suite logique l’histoire sans fin la vie bonne le respect d’autrui la liberté chérie la propriété c’est le vol le contrat social BRUISSANT sous les bottes toujours plus bottes toujours plus bottes toujours plus droites toujours plus bottes toujours plus bottes en brun c’est comme ça qu’elles me bottent un beau brin de bottes c’est ce qui nous botte BRUISSANT comme les dossiers brûlant des affaires humaines importantes de la voiture garée au soleil et que le volant fait mal quand on y passe la main quand on s’y fait la main on s’y fait mal y a trop de bagnole y a trop de soleil BRUISSANT y a trop bien trop bien trop ici et bien bien trop là-bas au loin lointain aussi.

A propos de Jérémie Tholomé

Né en 1986, Jérémie Tholomé est un poète de lutte et un travailleur social habitant à quelques encablures de Charleroi. Depuis 2016, il anime des ateliers d’écriture et participe aux scènes slam belges sous le blaze “L’Harmonica”. Il fait partie des finalistes de l’édition 2019 des Prix Paroles Urbaines. Son premier recueil, “Rouge charbon” est paru aux éditions maelstrÖm reEvolution - disponible en commande à la Librairie Wallonie-Bruxelles (http://www.librairiewb.com).

4 commentaires à propos de “BRUISSANT”

  1. Coucou Jérémie !
    pas mal ton texte buit /sans !
    tu aurais intérêt comme me l’a appris Aurélien à mettre des étiquettes dans ton texte, quand tu vas sur l’interface de mise en ligne ça se passe à droite, tu choisis quelques mots en guise d’étiquettes, dans quelques temps on aura ainsi des mots communs sur lesquels trier et des interactions possibles d’un texte à l’autre via ces mots, voilà, je crois que c’est l’idée de cette plateforme wordpress de créer des chemins d’un texte à l’autre du même auteur ou pas ! bises sans bruit
    Catherine (SERRE)

  2. Rétroliens : proposition #02 | un parpaing de phrase – Tiers Livre, les ateliers en ligne

  3. oui tout bruisse parfois ça crisse… rien n’est lisse dans ce texte qui questionne s’insinue façon chanson douce amère… son refrain me hante déjà !
    Merci pour ce beau texte !