AVANT LE 2 NOVEMBRE

Passager(1)

Rébellion et ouverture, un éclair de conscience trace des formes sur la table d’écriture. À ce moment ce sont des signes émis. Associé du terme « modification » un acte résonne. Idées sensations et souvenirs apparaissent mystérieusement. Mystère et interprétation oscillent à l’arriver subite d’une étincelle. Une parole vient de s’exprimer, elle se présente après un long silence. Me vient alors le souvenir de la correspondance. Un cadre s’instaure, il se veut ouvert sur des personnages, il est peut-être un jeu tragique. Pour commencer il y a le dessin puis c’est la phrase. Le phénomène nouveau est sur le point de subir un changement. Aujourd’hui je le sais cette sorte de dessin avec l’encre de Chine sortie du placard, mais aussi de dessein comme perspective global, sont voués à mal se terminer. Le fait est qu’ici il y a l’histoire d’une correspondance glissée à l’intérieur d’une enveloppe. Elle dissimule la teneur de la lettre et laisse un passager au carrefour faute de relation direct. C’est une corolle encore dans sa vasque. Relation que je dois modifier en travaillant la qualité du ciel. Il me semble évident, le geste je dois le poursuivre. Même si c’est une enveloppe qui ne sait pas ce qu’elle contient, qui n’a aucune conscience du rôle fondamental s’établissant à l’origine, lorsque la main commence à inscrire l’adresse. Qui se sait pas non plus quel pli fondamental elle accueille, employé à rechercher le rapport de l’œil et du tableau.

L’enveloppe se laisse entraîner sur le fleuve progressif de la correspondance. La matrice de l’histoire est une sorte de projection. Elle commence à prendre vie, elle se reprend, l’action la réengage sur une route de perspectives. La main est posée sur le dessus de l’enveloppe kraft marron. Elle s’apprête à accueillir les feuilles de papiers. Un corps va décliner le rôle qu’il tiendra les vingt prochaines années. Ce corps est en train de se constituer entre le gris et le bleu du ciel mouvant au-dessus. Une TÊTE cherche à participer à ce travail. Corps dissimulé depuis l’origine, tissé par une araignée avec son fil de soie. Entourée, l’enveloppe projette l’histoire dans l’espace et le temps. Elle travaille aussi à configurer cette forme de TÊTE, en donnant vie à un futur qui ne se connaît pas encore. La situation se manifeste sous le ciel gris au bord du passage. L’enveloppe introduit des mots sur la peau, à l’intérieur de la chair, les oblige à rentrer dans les canaux de circulation sanguins. La TÊTE vise une destination, elle propose d’autopsier le corps et de le faire parler. Elle dit, maintenant vous devez recommencer.

Passager(2)

Rébellion et ouverture, l’écriture évoque l’activité des cahiers entassés dans un coin de l’appartement. Malgré le fouillis ces cahiers émettent des signes. L’acte résonne et en utilisant des mots il tente de manifester de futurs modifications. Idées sensations et souvenirs apparaissent mystérieusement. Mystère et interprétation oscillent à l’arriver subite d’une étincelle. Une parole vient de s’exprimer après un long moment de silence. Pourquoi ne pas mettre en place une correspondance continue. Le personnage n’a jamais réussi à s’approprier mentalement ce qu’il écrit. L’ouverture du dialogue est complètement catastrophique. Il lui propose ce corps, le glissement des convulsions, la nature sans aucun point d’appui où elle pourrait arrêter une information claire de ce qui ferait sens si le dialogue s’établissait. Là-dessus une centaine de pages descriptives scellent le constat qu’elle a suspecté dès le début de sa lecture, parce qu’elle a lu. Je me trouve en présence d’un corps sans TÊTE. Il n’a pas dit clairement, je me suis perdu sur le chemin du retour. Il n’a pas expliqué qu’il partait du dessin et qu’il se retrouvait sujet à des difficultés dans ses formulations et que cela pour l’instant ne pouvait pas prendre une autre forme. Il ne lui a pas écrit : ne vous inquiétez pas outre mesure ça va mieux, vous allez comprendre, je vais d’ici quelques jours vous raconter l’histoire de ma TÊTE. Pour commencer il y a le dessin c’est comme ça. Maintenant je me lance dans un pari. Il ne lui a pas dit ça, non. Finalement, c’est le destin de la correspondance. Une lettre se glisse dans l’enveloppe. Le corps allongé au pied des meules de foin est une photographie du tableau de Van Gogh, il a pour titre « la sieste ». À cause de cette lumière, il me semble évident, je dois le poursuivre mon geste. Même si c’est une enveloppe qui ne sait pas ce qu’elle contient, qui n’a aucune conscience du rôle fondamental s’établissant à l’origine, lorsque la main commence à inscrire l’adresse. Qui ne sait pas non plus quel pli fondamental elle accueille, employé à rechercher le rapport de l’œil et du tableau.

L’enveloppe se laisse entraîner sur le fleuve progressif de la correspondance. Vous incarnez la substance d’une projection. Vous commencez à prendre vie, vous vous reprenez, l’action vous réengage sur une route de perspectives. La main posée sur le dessus de l’enveloppe kraft marron, s’apprêtant à accueillir les feuilles de papiers trop légèrement élaborées, un corps va décliner le rôle qu’il tiendra les vingt prochaines années. Il est obligé de vivre sur la base de la matière attribuée à la distribution des cartes. Ce corps est en train de se constituer entre le gris et le bleu du ciel mouvant au-dessus. La tête lancée dans le travail va parvenir un jour à un résultat. Corps dissimulé depuis l’origine, conçu sous le sceau de ses secrets. L’entourant, l’enveloppe projette l’histoire dans l’espace et le temps. Elle travaille aussi à configurer cette forme de TÊTE, en donnant vie à un futur qui ne se connaît pas encore. La situation se manifeste sous le ciel gris au bord du passage. L’enveloppe introduit des mots sur la peau, à l’intérieur de la chair, les oblige à rentrer dans les canaux de circulation sanguins. C’est une circulation à suivre afin de rejoindre une destination. Je vais recommencer, il y a-t-il un mot à prendre, un mot au service de mon appui. Je vais tenter le voyage de l’enveloppe. Jusqu’à présent je me suis retrouvé prisonnier entre les murs de faux départs. L’image souvent est du mensonge lorsqu’elle reste sous un ciel terne, ciel voilé de perturbation.

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Passager(3)

Je l’appelais       Emily Dickinson       au   dessus de la montagne        tu passeras               les        portes        ma        tête        les        arbres               de l’île       et lui disais       rompre        les        amarres        les        pays anciens                        . Le jour de la rencontre il y a eu des signes. Drôle de féerie, une activité passe par la TÊTE ou le corps je ne sais pas lequel des deux. J’entends une parole non, j’entends quelque chose. Le silence se rompe d’un coup. Une correspondance me parait nécessaire. J’ai un objectif, donner vie à ces perceptions. Peut-être celles-là vivront-elles maintenant avec le mystère qui arrive. Le surgissement des mots malaxe le passé, sculpte le futur. L’idée de voyage révèle l’idée de vie. Voilà que je rédige une nouvelle fois cette lettre dont j’ai parlé, mais qui n’a pas pu être lu à cause de la masse d’informations des cahiers partant tout azimut. Elle cache et elle met à jour – page essentielle à la suite de toute chose – empêché d’advenir par sa configuration, erreur de cette masse qui a voulu être. Ce n’est pas uniquement une divagation autour d’un peintre. Le hollandais, vous savez celui qui c’est coupé l’oreille. Acte de folie dit-on, c’est vrai. Non une autre interprétation donne à comprendre qu’il est resté trop longtemps dans des régions inconnues. Il essayait de mettre en forme les perceptions qui lui parvenaient, tout en subissant des privations. Je vous envoie donc le premier texte qui s’appelle PEINTURE. Dans les sources je vous laisse aussi trace de la lettre, je vais la rédiger, parce que ce n’est pas seulement une histoire de PEINTURE.

Passager(4)

Mélissa Laveaux        chanteuse guitariste        chanteuse guitariste compositrice             beauté        déchirement        nouveau départ        elle        dit        de        la        falaise        face        au              texte        vide                                           arrivée à Paris il a fallu trouver des ressources ailleurs que        dans        une        lettre     . L’enveloppe s’est donc laissée entraîner sur le fleuve progressif de la correspondance. Elle est partie, elle s’est échouée, elle a perdu. Les yeux fictifs de la poétesse ouvre sur ceux tout aussi fictifs de la chanteuse prénommé Mélissa. Non non écoutez la musique, je vais tenter de vous l’expliquer. Il y a une substance de projection, je la prends. Je dis une substance, je ne dois pas avancer des matières trop sévères. Je cherche à décrire ce qu’elles peuvent être. Mourir   est   une   nuit   sauvage   et   un   nouveau   chemin. Vous commencez à prendre vie, vous vous reprenez, l’action vous réengage sur une route de perspectives. La main posée sur le dessus de l’enveloppe kraft marron, s’apprêtant à accueillir les feuilles de papiers trop légèrement élaborées, sans TÊTE – avec uniquement un corps – va décliner le rôle que je tiendrais les vingt prochaines années.

Passager(5)

J’avance une hypothèse. Tous les jours, sur la table de nouveaux signes sont émis. J’approche la vision en risquant une incursion au dedans d’un texte – Je me dirige en direction de la maison, c’est un bâtiment de plusieurs étages. Vue de l’extérieur, ces rangés de fenêtres aux volets sombres me rappellent la quantité de pièces qui la compose. Ici en approchant les souvenirs sont lointains. Pour y mener il y a un pont, il relie à des existences. En venant de la station de métro Ourcq, pour le traverser on passe le canal. À pied je parcours cinq cents mètres de distance. Les transports en commun m’ont déposé dans le dix neuvième arrondissement. Sorti du métro je m’oriente, passe sur le pont puis bifurque. À coté de moi circulent les bus, les numéros m’échappent, la glace d’un hiver aussi c’est un drôle de souvenir. Au bout il faut tourner à droite. Quelques jeux avaient lieux sur les toits bas. En faisant de petits sauts nous passions d’une toiture à l’autre. Ce sont des divertissements qui peuvent aspirer vers le bas l’inconscience en action. À ce moment j’y laisse ma TÊTE, l’aventure en court se lance sur ses traces.

A propos de Rudy Brindamour

J'aimai le désert, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les boissons tiédies. Je me traînais dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offrais au soleil, dieu de feu.

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