La vie d’avant et la vie d’après : un épilogue (2e parpaing )

(croisement entre un autre texte et le Parpaing pour voir ce que cela donne…)

Tentative n°253

LA VIE d’AVANT

La VIE était une suite de LA VIE jours pressés qui passaient LA VIE à travers vous LA VIE allaient et LA VIE venaient LA VIE comme un mécanisme de LA VIE pompage hydraulique LA VIE qui ne s’arrêtait pas LA VIE jour et LA VIE nuit comme si LA VIE vous étiez tout au fond LA VIE d’un puits LA VIE de pétrole.

LA VIE était une suite de LA VIE jours pressés qui passaient LA VIE à travers vous LA VIE sans que vous n’y LA VIE puissiez rien ainsi LA VIE la cigarette vous tombait des mains LA VIE la tasse de café du matin vous tombait des mains LA VIE la poignée de main de l’ami vous tombait des mains LA VIE le livre neuf acheté vous tombait des mains LA VIE minor swing et nuages vous tombaient des mains LA VIE les photos souvenirs lointains vous tombaient des mains LA VIE votre amour maternel vous tombait des mains La VIE votre amour vous tombait des mains LA VIE, la regarder comme tellement vous aimiez vous tombait des mains LA VIE le verre de grand vin vous tombait des mains LA VIE le temps vous tombait des mains LA VIE l’envie vous tombait des mains LA VIE vous étiez paralysie aphasie catalepsie vous étiez absence LA VIE prostration La VIE devant l’incessant défilé de la vie, de la vie, de La VIE écho lointain.

LA VIE n’était pas faite pour vous.

Pour d’autres… LA VIE était VALSE

Pour d’autres qui vivaient, évoluaient, vieillissaient, VALSE bébés vagissants puis enfants courant criant, jouant, VALSE écoliers puis collégiens, VALSE qui en un tournemain et tourbillon, se trouvaient emportés VALSE et devenaient sous vos yeux, VALSE gens sérieux découvrant leur lot de VALSE petits et grands boulots, VALSE chômages, heureux mariages, VALSE heureuses naissances, et drames familiaux, VALSE divorces, et mariages à nouveau, VALSE c’était la vie, une valse, ils mûrissaient et s’épanouissaient VALSE au rythme d’un orchestre VALSE que vous ne compreniez pas, comme les fruits sur l’arbre, VALSE comme les épis dans le champs de blé, VALSE comme du maïs préfabriqué, VALSE, ils croissaient, dansaient et se multipliaient VALSE, certains découvraient même la SAGESSE en vieillissant, d’autres, SAGESSE la plupart, n’apprenaient RIEN, RIEN de RIEN, mais tous, tous VALSE vieillissaient, VIVAIENT .

La vie n’était pas faite pour vous LA VIE …ni valse ni boléro, LA VIE ni tango, non, LA VIE vous étiez traversée, immobilisée, figée par mille questionnements LA VIE tremblements paralysants incessants.

Vous pensiez :

La vie est ATTENTE, sur le quai de la station châtelet-les-halles, ligne A du RER aux heures de pointe et JAMAIS vous n’entriez dans un wagon seulement ATTENTE.

ce qui était sûr :

-c’était un HORRIBLE quai, sale et piétiné (celui de Chatelet-les-halles, HORRIBLE station, ligne A du RER).

-c’était toujours la même VALSE, la VIE arrivait, se vidait, se remplissait, tumulte, cohue, VALSE puis s’éloignait, disparaissait VALSE dans un tunnel sombre.

et toujours à la fin…

-vous étiez de nouveau seule SEULE, assise, à attendre, bien seule LA VIE.

vous étiez arrivée à la CONCLUSION :

En vérité, la VIE est certainement une VALSE dans le RER A qui passe à la station châtelet-les-halles, l’HORRIBLE station.

-¿a poco no? ( vous ne croyez pas?)

-No, para nada. (non, absolument pas)

Parce que en vérité, la vie LA VIE est un FLEUVE.

Et sur la berge du FLEUVE, les fesses posées dans la terre humide au bord du FLEUVE, vous étiez SEULES, pas vous toute SEULE, mais plusieurs femmes comme vous SEULES, infinies à être SEULES de loin en loin le long du FLEUVE, SEULES et SEULES encore pour toujours et peut-être jusqu’au bout du chemin, SEULES les yeux fixés sur le mouvement lent et puissant del VITAL LIQUIDO, parfois, l’une se levait, plongeait SEULE dans le FLEUVE avec une énergie désespérée, maladroite et éphémère, FLEUVE elle voulait nager nager nager dans le FLEUVE mais à quoi bon essayer puisqu’elle serait emportée, ballottée, secouée, envasée REJETÉE par le FLEUVE, que faire ? se débattre contre des gouttes d’eau REJETÉE par le FLEUVE et les algues collantes ou regagner la berge  REJETÉE par le FLEUVE? pourquoi troubler inutilement la paix du FLEUVE qui rejetait les femmes comme elles ? elle regagnait la berge, HUMILIÉE & REJETÉE et trempée, la berge était sa place HUMILIÉE & REJETÉE , les fesses posées dans la terre humide, bientôt enracinées, HUMILIÉE & REJETÉE et vous attendiez, attendre et regarder, LE FLEUVE qui rejetait, attendre et se cacher HUMILIÉE & REJETÉE, et ainsi les jours FILAIENT par poignée entre vos doigts HUMILIÉE & REJETÉE.

Parfois, une autre se levait, SEULE courrait, se jetait, elle voulait se noyer, SE NOYER , SE NOYER, soudain elle s’enfonçait dans el vital liquido SE NOYER et ne revenait plus SE NOYER. SE NOYER c’était ainsi ressenti SE NOYER besoin envahissant, SE NOYER maladroit parfois aussi car il est des natures qui ne sont douées pour rien, SE NOYER tu ne le savais pas, POUR RIEN ni pour nager, ni pour se noyer, une avait disparu puis réapparu, à quoi pensait-elle, POUR RIEN puis elle était revenue et de nouveau assise POUR RIEN les fesses posées dans la terre humide, DOUÉE POUR RIEN longtemps tellement longtemps, des siècles, heureusement comme il te l’avait souvent répété, DOUÉE POUR RIEN on n’attrape pas froid DOUÉE POUR RIEN par les fesses, mais qu’as-tu fais de toutes ces années que l’on t’avait données DOUÉE POUR RIEN ?

En vérité, la VIE n’est ni un FLEUVE, ni ATTENTE dans le RER A station châtelet-les-halles (horrible station).

JE NE SAIS PAS ce qu’est la V I E .

Comment l’aurais-je appris?

sûrement pas en étant ASSISE sur les bords d’un quai humide et sale LA VIE EST-ELLE UNE VALSE?

LA VIE d’APRÈS (apprendre la VIE)

Peut-être que la V I E est née d’un RÊVE d’adolescence, d’une sensation LA VIE longtemps enfouie.

Elle s’endormait SEULE en IMAGINANT son corps féminin VALSE faisait un rêve étrange qui passait, VALSE disparaissait, resurgissait, VALSE comme une branche emportée par le fleuve, VALSE comme un wagon emporté par le RER A, VALSE surgissant à la surface de la station châtelet-les-halles puis VALSE s’enfonçant dans l’onde profonde du tunnel parisien un peu plus loin, VALSE portée par les mouvements invisibles de l’eau et des rails.

La VIE d’APRÈS est née de ce rêve né de la VIE d’Avant et de mucha PACIENCIA et maintenant elle nage NAGER elle danse LA VIE est VALSE tango et Boléro LA VIE

7 commentaires à propos de “La vie d’avant et la vie d’après : un épilogue (2e parpaing )”

  1. Ah c’est un texte puissant. Je me suis retrouvé sur ce quai, regard navigant dans le courant. Je RECHERCHE la clef, là où le jeu de la vie ne cesse de nous mener sur des terrains dangereux. Très belle expression qui me sort de ce quotidien artificiellement vécu.

  2. Rétroliens : proposition #02 | un parpaing de phrase – Tiers Livre, les ateliers en ligne