registre des improvisations
évolution avec guitare basse
[Note de janvier 2010.] Je débute la guitare basse, et ne l’utilise qu’à un moment précis du soir, entre le temps de travail ou d’écriture, et le moment de retour à la lecture. Mais ce moment m’est indispensable. Je sais ce que c’est que l’instrument et sa maîtrise, j’en écoute beaucoup (de
Colin Hodgkinson à
Jah Wobble). Et j’ai des amis qui s’appellent
Kasper T Toeplitz,
Vincent Segal ou
Dominique Pifarély. Mais c’est comme ça, comme avec l’image, besoin de respirer ça. Donc j’archive ici ces improvisations, et, à mesure qu’elles mûriront, j’éliminerai les anciennes. Il s’agit d’enregistrements directs de la basse (Yamaha 4 cordes) vers l’ordinateur, avec Ableton Live 7.
Ressac 02, 30/05/2010, 7’14.
S’en aller, 23/05/2010, 6’41.
57MUTE, 22/05/2010, 6’47.
Nuit 26, 19/05/2010, 6’00.
Cercles 71, 25/03/2010, 8’40 .
Portuaire, 21/03/2010, 9’20
Pacification 35, 06/03/2010, 8’03
Battements, 21/02/2010, 7’12 – à cause de Christian Boltanski enregistrant des battements de coeur.
Boogie, 13/02/2010, 7’34.
Autre chant poitevin, vocals, 12/02/2010, 3’15.
Cercles, 12/02/2010, 5’40 – et voir aussi Inexorable, création numérique Alexandra Saemmer. .
Soir 66b, 10/02/2010, 3’45.
Immobile 12a, 07/02/2010, 7’48.
Poudre 20b, 31/01/2010, 9’20 (remplace version 30/01).
Consolation 9, 26/01/2010, 8’16.
Soir 324a, 25/01/2010, 7’10.
Vieux chant poitevin, 21/01/2010, 5’36.
Amérique 17, 15/01/2010, 8’16.
Ressacs, une continuité, 13/01/2010, 10’34.
Soir 245b, 12/01/2010, 8’46.
© François Bon, carnets personnels _ 22 mai 2010
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Messages de forum
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dans les graves
viennent les voix
gravats
geste de l’appel
sans nom sans lui
la terre entière entière tremble sombre
sons urgence
délivrer
dans le couloir des vies
Laurie pleure
sans nouvelles
des siens là-bas
sans rien
si près
gravats
dans les graves
infrasons
ostinato
décombres
les secours
s’organisent
dans la nuit
dans les graves
sans fin
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là seulement l’endroit extrême où écouter le tremblement de terre faille et supplique puisse l’élan de solidarité ne jamais retomber dans les oubliettes gelées à l’écoute sans consolation ce qui a lieu d’être ne s’évite aucune retombée Jansch cet exil le soir dans les veines qu’on ouvre aux lendemains quand quelqu’un revient dans les décombres oreille contre béton quand le le battement du monde cogne à la porte du coeur troué par la sonde
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poudre vibratile tempo tenu la nuit d’avant et toujours nuit d’avant va cognant à la porte des lointains enfouis dans l’oeuvre au noir poudre de pluie substance aveugle à l’écoute broie le noir sans résoudre l’équation menant droit dans le mur des intempéries et qu’il cède sous le poids poudre de l’explosion contenue à l’origine poudre là où déchire la ténèbre centre de rétention cri dans le ventre nuit corps somnanbule parole rêve pulvérisé en prise directe réalité poudre dans le creuset cendres poudre neige camp battements sourds hébétude revenante leçon des crématoires le jour sourd poudre d’aube sombre
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Saisie immobile au mot près halte immergée vie mise en abyme sons et autres répercussions
de proche en proche la source souterraine rejoint orées battements de l’aube figée
intime réverbération du champ magnétique transport immédiat là où plus rien ne va plus personne
dans la nuit blanche l’attente est à l’arrivée près des chutes
de l’autre côté de la vitre c’est là
seulement épaulé par le vide
que le silence impact trouve ses cordes basses ses codes
pour traverser physiquement espaces froids et déclinaisons périphériques aux mille fissures
et reconnaître
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poursuite tard raccord jours à venir ederlezi lève le camp toujours là jamais au même endroit mais tu pars grave le lendemain caravane rétention dans la nuit glacée ce qu’on devient quand s’ouvre la porte insolite évolution un air qu’on reconnait à l’instant mais après
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Du camp retranché
vient voix terre de toute part
ni Malicorne ni Denez Prigent ni rien d’autre que
voix peuple indien inouï
sans réserve
aux jointures interieures
du monde et printemps enfoui
en plein silence
recommencements
sans signes extérieurs
d’espérance
un rituel
battant pavillon noir
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C’était il y a peu. Ils ont voulu tout savoir, faire le tour, à cause de la syncope. Ils te préparent. Rasent le pubis, répondent gentiment à tes questions.Et tu fais comme si c’était naturel, pour leur faire plaisir. Tu prends ta douche bétadine.Ton pyjama de papier. Tu attends sans savoir exactement. Chariot. Geste du brancardier qui rabat sur toi un drap pour que tu n’aies pas froid dans le couloir. Gratitude. On descend. Forcément. On te place dans une case. En attente. Ca ira. L’infirmière te pose la perfusion, admire tes veines, quelle chance, elles affleurent. Puis la salle pour l’examen electrophysiologique. Ordinateurs, personnels masqués. On te place sur la table sous le feu du projecteur, on te pose le matériel avec capteurs froids, souffle chaud envoyé côté jambes, tu gèles moins, c’est presqu’agréable. Une assistante asiatique t’interroge doucement sur ce que tu fais dans la vie. Conversation. Manque le thé. Puis silence. Tout le monde attend. Temps long. Rideau plastique écarté : l’opérateur entre en scène, se présente succintement, dit ce qu’il va faire. Il pique près de la fémorale. Silence, le temps que l’anesthésie fasse son effet. Il te présente la sonde, mince.Niveau de l’aine, la sonde rentre dans l’artère. Tu n’as pas vraiment mal mais inquiète, tu suis au plus près la remontée vers le coeur .Tu te concentres en te disant que ton coeur t’appartient. Ils se taisent tous et c’est là que tu as besoin de leurs mots. Mais plus rien. Concentré, le chirurgien donne des indications brèves aux professionnels : tu es exclue, tu es la patiente. Et là malgré ta mobilisation, c’est dur. Tu penses aux enfants. Il ralentit, accélère le coeur, pour voir s’il n’y a pas de dysfonctionnement oreillette-ventricule. Tu es au bord de l’évanouissement mais tu tiens bon. Ca va ? demande l’assistante asiatique. Tu ne réponds pas. Tu sais que tu es pâle comme au moment du malaise. Ils mesurent en silence. Tu reconnais ta colère, ça aide. Ca se termine. le ponte-cardiologue retire la sonde.On t’enlève tous les capteurs, on te remet sur le chariot pendant qu’il explique à l’assistante-interne ce qui vient d’avoir lieu. Sans même te regarder. Tu remontes dans ta chambre : tu n’as rien mangé depuis la veille. La tartine qu’on te donne l’après-midi est divine et tu regardes stupéfaite les pies faire leur nid dans un peuplier du neuf trois, de l’autre côté de la fenêtre. Coeur battant : ce n’est pas un viol, juste une investigation nécessaire. Battements.
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