l’homme-boîte (à étage)
mercredi 29 septembre 2010
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L’homme-boîte, c’était le titre d’un livre de Kobo Abê, et je me souviens d’avoir vu à Tokyo, en 2003, ces sans-abri en pleine ville, dont un carton devenait totalité monde. Souvenirs d’enfance aussi, les gros cartons d’emballage qu’on recevait pour les pare-brises des DS 19, denrées rares, dans le fond de la cour on s’en faisait de vraies maisons. Paris avec la fraîcheur prend ses quartiers d’hiver : sans-abris dans les niches, ou la vapeur des trottoirs. Hier, sur le boulevard Montparnasse, la façon dont celui-ci se repliait dans la cabine téléphonique, ses affaires au-dessus de sa tête. Après tout, qui se sert des cabines téléphoniques ? C’est juste bizarre pour l’impression d’aquarium, la misère offerte sous vitrine en pleine rue, comme les marchandises dans les aéroports. Même rajouter une pancarte : il y a un homme, là ?


François Bon | le journal images
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1ère mise en ligne et dernière modification le 29 septembre 2010.
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Messages

  • se replier en petit nid douillet, et baisser la tête pour ne pas voir que l’on vous voit

    • pas osé le photographier de face, mais – sous son chapeau – le gars s’était vraiment imbriqué en rond dans la cabine triangulaire, avait les yeux bien ouverts (Japonais même, probablement, d’où l’immédiate pensée pour Kobo Abê) et regardait lui-même les passants à l’approche – très étrange sensation

  • Cet homme de Montparnasse, il y est depuis des mois, je me souviens en fin d’hiver m’être demandée si ainsi il avait au moins un petit peu moins froid. Il faut dire qu’au printemps dernier la fin de l’hiver n’en finissait pas.
    Dans des moments de la journée, la cabine comme une consigne et lui qui vadrouille dans le quartier.
    Je n’ai jamais osé lui parler, ni rien.

    Pendant ce temps, tranquille et concentrée, moi petite dame au chaud dans la Grande Bibli, ou rentrant chez moi, ou encore ailleurs. Non seulement j’ai, mais j’ai le choix.

    Je me demande toujours ce que nous réserve les loteries de la vie. Pourquoi lui là et pas moi (ou l’inverse) ?
    Je sais que le travail ne suffit pas. Condition nécessaire mais pas suffisante. Dans la débine, qui survivrait ?

    Voir en ligne : traces et trajets

  • descendre à Réaumur, marcher sur la rue, trop de voitures, bifurquer (avant : prendre cette photo), au loin dans la rue café-bar-brasserie-tabac où bosse T., regarder, faire des photos (toutes les miennes sont floues, tsais) (j’aime me promener avec toi), rire continuer, boire un verre ici, là, regarder "la cantine" là où bookcamp 3 ce week, mais surtout le restaurant où fin juillet 74, C., mon oncle, et son associé de cette fabrique de pantalons, invitaient tous les employés à manger, un trente et un, le repas terminé, vers 15h30 - je me souviens des profiterolles au chocolat...- nous ne sommes pas revenus au boulot... (la devanture d’une mercerie de la rue Réaumur)(cette photo dédiée à la mère de MS : j’aime les couturières, voilà pourquoi)

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  • on est allés voir ce garçon avec M., un type sympa, on a parlé, on a enregistré, on a dit "on marche jusque place d’it ?", oui, elle portait son chapeau qui ne l’a pas quittée, on a parlé, après à bientôt demain je vais écouter du flamenco à l’IMA, quelle chance, repris le métro, à la terrasse des folies rencontré S. les gens, sympathique comme tout, amusante, drôle même, ensuite retour (le matin, au café Zen, cet homme jambes croisés, ses chaussures surtout, cirées en miroir)(plats à emporter soupes viietnamiennes)(j’ai aimé aussi son bonnet, son air simplement sûr)(gauche cadre, le bar : très paparazzo-là)

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    • (évidemment on ne voit pas les chaussures) (c’est à l’aveugle quand même) (comme M. avait pris une autre sortie, je l’ai attendue, et j’ai vu qu’il manquait les pompes, alors une autre) (elle est trouble : mais on voit le reflet et la lumière sur la pointe de la chaussure gauche) ensuite, à nouveau au café -puis ma fille est venue on a fait une pizza (au fond de la moutarde, puis de la mozza coupée en fines tranches, puis des tomates cuisinées aux champignons ail et échalottes, on recouvre avec des courgettes grillées, on sert en posant délicatement sur la part une ou deux tranches de jambon cru(juste délicieux) (pas de vin)(j’écoute Randy Newman, God’s song)

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