balcons


Retrouvé brutalement, en entrant dans le dédale serré d’immeubles qui enserre La Chapelle, le Montpellier découvert début des années 90 : pauvreté massive, aux antipodes du masque luxueux et restreint que se donne la ville sur son esplanade. L’impression même, parce qu’elle se ghettoïse, qu’on la cerne, que ce n’est plus cette misère un peu bon enfant de la vie au dehors. Dans ce Faubourg Figuerolles, tout près de la Boutique d’Écriture fondée en 93, je reconnais le décor du livre Phobos, les mal famés (pas mal de Phobossiens avaient été relogés ici). Mais difficile, voitures éventrées, poubelles accumulées, chaises qui refont des intérieurs aux coins de rue, et l’évidence d’une ségrération dure, pas possible d’imaginer qu’à 15 ans près ce soit resté pareil. Sauf les balcons, peut-être.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 octobre 2010
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Messages

  • Je crois que la mer me manque. Ça revient toujours par période. Une mer d’octobre, ou de novembre, aux plages désertes et au ciel gris. Une mer du réconfort d’après la balade dans le crachin humide. Comme pour se laver de trop de choses accumulées.

    Voir en ligne : KMS

  • ressortir dans la ville le long des graffitis et des boutiques de luxe - croiser des capuchons et penser que la majorité des avignonnais vivent dans barres se dégradant au soleil, en misère

  • Au premier de l’immeuble, il y en a (un de balcon) : voilà que dans cet appartement il y a quelques semaines s’est installée une famille ; je croise il y a quelques jours la femme avec trois mômes, devant les boîtes aux lettres qui me fait : "c’est vous, alors, monsieur c. ?" Je fais : "hum" parce que je connais ce type de reconnaissance à lak ; je déteste le prosélytisme, je déteste les groupes et encore plus ceux qui se regroupent parce que partageant la même religion (je dois détester la foi comme elle s’illustre alors, je pense)(mais sinon, ça va, je vous remercie)(l’immeuble du coin de Stal et Flandre, hier soir, l’été indien ou bien ? ah tant mieux)

    • T’aleur je vais faire des courses, je croise la gonzesse du premier (là où il y a un balcon), en bas de l’ascenseur, elle porte un gros sac plein de trucs, moi mon sac à dos, je lui fais, urbain : "bonjour", et elle : "shabbat shalom", je passe, et me retourne en lui disant : "hein ?", et elle un peu plus fort, un peu plus articulé, sans doute, plus convaincante : "shabbat shalom...!" , je me retourne en grommelant (ni Dieu ni maître, putain !) (ça veut dire en hébreu que la paix soit sur votre vendredi soir et votre samedi) (pas ni Dieu ni maître, hein) ; si en croisant le type-ou la fille- du 6, il-ou elle- me faisait "que Dieu vous porte en sa Sainte Garde" , je crois que ça me ferait sérieusement ch... ; quand j’entends les dealers en bas de l’immeuble marquer à tout bout de leurs toutes petites phrases des "sur le Coran de la Mecque" ça ne me fait pas marrer du tout ; j’ai quelque chose qui m’interdit de trouver ce genre de paroles anodine, on ne se refait pas (les plantes qui poussent sur le chantier, en face, juste à côté du feuilleton "faubourg")(j’aime Paris)

    • ah non, pas hier soir, vu qu’hier soir j’étais avec mon amie qui sortait de chez le dentiste et qu’on allait ensemble attendant un peu que la douleur s’éteigne - sinon on serait venus, AS tu sais) (c’était bien ?) (je suis sûr) (il y avait des tabourets de toutes les couleurs je crois bien...)

    • Des tabourets, des gens dessus, des gens assis par terre, il paraît qu’on aurait pu faire plus long mais nous on a trouvé que c’était bien comme ça, nos deux voix.

      Voir en ligne : Fenêtres open space

    • Toulouse, ce matin, en train de choisir par quelle rue rejoindre Matabiau (quel nom !) "Je peux vous poser une question ? …Pensez-vous que ce soit une bonne chose que les gens n’aient plus de religion (approximatif, ça à duré plus longtemps…) — Ça oui !" Il n’a pas vraiment essayé de poursuivre…

      Mais la veille, avant de rejoindre Ombres blanches, des lions portiers (les chapiteaux de Saint Sernin, trop loin, trop sombre)

    • Et en dessous, pour faire bonne mesure, avec οὐροϐóρος (mais loupé la façade de la maison du compagnonnage).

    • j’aime ce mot " complexion " dans la bouche de cet homme ROM de Serbie , qui , un dictionnaire en main nous explique la "complexion" de la langue française

  • Ce XIIIème tout neuf me reste fascinant. Peu de souvenirs vraiment d’avant : c’était loin de mes bases, maisons ou boulot, amis ou amants. Je vais de Boulogne à la BNF puis de là aux Champs Elysées. Pour l’étape 1, sortie à Austerlitz ce matin-là, ensuite un bout à pied.

    Et observer, observer. Nous sommes ici au XXIème siècle et je ne sais pas quoi en penser.

    Ils étaient bien les lycéens invités pour causer de leur Goncourt à eux. Que la lecture survive, j’y crois à nouveau.

    Voir en ligne : traces et trajets