chien qui boit


Certains objets vous mettent en état de grande expectation. C’était le cas de mon proche, vrai, grand, respecté ami André Gunthert devant ce cubitainer de vin rouge affichant l’icône d’une bouteille pour se vendre. Moi, jeudi dernier, sur l’autoroute pour la BU d’Angers, suis tombé en arrêt devant ce désaltéroir à chien, identifié par un chien. Bon, il faut bien quelqu’un qui d’abord le dessine, puis crée une maquette grandeur nature, puis passe commande de tant d’exemplaires moulés, qui seront ensuite installés sur les aires. Est-ce le chien, qui reconnaîtra que c’est pour lui, ou celle et celui qui l’abreuvent ? Encore qu’ici il ne boit que de l’eau, aux States on commercialise depuis peu une bière goût bouillon de viande sans alcool pour chiens, et ici à Tours les sans-abri du pont font boire à leurs chiens de la vraie bière, la leur. Peut-être qu’après on est victime d’une sorte de dépression irrépressible (je joue sur l’étymologie), peut-être que c’est à cause du chien, le désespoir qui me fit me garer mal et induisit l’histoire du rétroviseur. Vrai, quoi, on s’est voulu artiste, d’écriture, de sculpture, de relation aux signes et au réel – l’icône du chien pour les chiens, c’est un court-circuit absolu. Même plus besoin de mots, alors que dire de la littérature (les sculpteurs il n’y en a plus). Pensée pour les fontaines de Rome.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 octobre 2010
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Messages

  • Croisée la queue interminable devant la station essence ce soir. Souvenir de Sarko et de ses séides disant que "maintenant", comprendre depuis qu’ils sont là, ça ne se voit plus quand il y a une grève. D’ailleurs ils répètent tous comme des robots que non il n’y a pas de pénurie. Doivent avoir besoins de lunettes.
    Pas demain qu’on se passera d’essence cela dit, pas obligatoirement une bonne nouvelle. Il y a pourtant de bonnes idées d’utilisation alternative des voitures.

    Voir en ligne : KMS

  • (je ne mets pas "ça c’est Paris" parce que) on les voit toujours, au pied des immeubles, qui sont là à cloper comme des malades, ces temps-ci, c’est un peu plus difficile vu la température, mais enfin, ils (et elles) sont là, fument, rentrent, d’autres sortent (mais ceux qui ne fument pas, ils ne sortent jamais ? et le boulot, qui le fait ? Prime au vice... :°))) (en vrai, je voulais prendre en photo ces petites bandes autocollantes qu’elle a posées sur la cicatrice (elle s’est extasiée "magnifique...! oh, du beau travail...!") mais elle n’a pas voulu que je prenne les fils en photo) (le fil : c’était en surjet) (on en apprend tous les jours)(il était bleu)

  • j’ai surtout aimé la bague au pouce gauche (il est là, à jouer)(la casquette, c’est bien, on peut même faire un cadre tranquillement) (le paparazzo aime les chapeaux) (balard-créteil vers 4 cet après midi)

  • les murs alentours sont tous graffés/graffités peints par au moins Da Cruz (vu à un débat, à la bpi) (j’ai rendu ma réponse) (j’ai bien bossé)(je continue, d’ailleurs)(et tant mieux pour moi)c’est juste au bord du canal -de l’Ourcq, c’est ainsi qu’il s’appelle ici-, plus loin à l’est, le parc de la Villette, la rue (de l’Ourcq, c’est con, hein) passe au dessus, on y voit le pont de chemin de fer de la petite ceinture (à gauche, après le pont, le 61 où j’ai filé, juste au début du printemps, des ronds à M. pour ses deux dessins) (merdalamort)

    • un an de cours auprès de demandeurs d’asiles de primo arrivants et d’immigrées de longue date comme on dit , hier Mevluda m’a glissé un cadeau dans ma poche , aujourd’hui ai peut être fait mon plus beau cours avec des photos de Depardon , la ville , l’histoire devant les murs et derrière les murs , comment se poser des questions , pas vu le temps passer , dommage dernier cours vendredi , et puis le 124 HDL ...

  • sculpteur qui tord, qui tordait, à l’imparfait depuis 2 jours ce matin

  • en revenant de cet entretien, une éditrice magnifique, et mon binôme avec ses yeux malicieux sous son éternel chapeau (elle en change, mais jamais ne l’ôte...), nous discourions sur les us et coutumes de cette profession (son indépendance, sa petitesse, sa professionnalisation...) : alors quoi, le travail avance, le ciel grisé soudain s’éclaircit, au loin les clameurs de la manifestation, les forces de police qui foncent (il y a quelque chose dans ces hurlements de sirènes qui hérisse et fait froid au dos), nous avons pris le métro jusque Etienne Marcel, où elle devait à nouveau s’entretenir, tandis que je suis rentré lire les autres entretiens (la centrale, en contrechamp)

  • plus tard, achat d’un téléphone portable : la jeune fille derrière son comptoir de merde (dans les bruns) qui fait un article écoeurant d’objets aussitôt achetés aussitôt obsolètes comme ils aiment à dire ; des phrases toutes faites, "la force de vente" comme les forces de police tout à l’heure, le froid qui s’empare à nouveau du dos (est-ce bien un humain, là, en face, qui débite "un bon appareil photo, une bonne mémoire et un design actuel" à vomir, "ah non, celui-ci serait plus pour un homme", des baffes qui se perdent) qui dit à son collègue, peut-être subordonné, "tu peux faire la caisse, si tu veux" il était sept heures moins le quart, comment faire ? quel est donc ce "travail" ? quel est donc ce "commerce" ? Pourquoi ces officines sont-elles tenues de cette manière ignoble qui vous fait savoir et entrevoir votre nullité crasse de ne pas savoir ce que c’est qu’un appareil de cette sorte ou de cette autre ? Envie de tout planter là, comme quand on va acheter un nouvel ordinateur et que l’abruti (c’est plutôt un homme, là) de derrière le comptoir vous évalue aux réponses à ses questions absconses concernant la taille de la mémoire, la vitesse du processeur bi-corps ou la compatibilité internet avec tel ou tel site... Monde de choses désincarnées servi par des êtres qui se transforment eux-mêmes, consentement des dominés, en choses... (ici, en contrepoint, le patron du bar qui regarde l’avancement des travaux : il fait de bons couscous merguez-on adore ça, hein)

    • Celui-là, au portable, parle fort, marche de long en large un bébé sur le ventre, clame "il est intolérable que" et l’on comprend que c’est de travail qu’il parle, donne des ordres, il est grand et sa tête dépasse, continue de parler, et ça dure... Eh oh, mon gars, tu es au Monoprix rayon lingerie, chaussons, soutien-gorge, au rayon réconfort / nuit qui tombe quand la journée a été dure, tu te calmes.

      Voir en ligne : Fenêtres Open space

  • ça rapporte, mais en effet, c’est petit (d’autant que la hiérarchie de ces files-c’en est une- et garçons a de quoi donner envie de ...) (j’ai trouvé un nouveau pseudo) (je l’aime autant de Dita K.)

  • celle-ci je l’adore (on lirait presque ce qui est écrit) (devant le jardin du luxembourg, mal fréquenté en son nord) (parfois on arrive à faire une photo, comme sans le savoir, je cherchais une place, elle était en terrasse couverte et fermée)

    • beaucoup de filles dans le 124 HDL , celles de l’IRTS par exemple et puis tout à l’heure celle ci joliment habillée mais pas de saison , pieds nus un châle blanc couvre ses épaules et son bébé qu’elle porte sur le dos . Les filles de la Marne , j’en connais pas mais apparemment elles ont rendez - vous ce soir ( conversation avant de partir du grand bureau ) .

  • (avant : ici http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1000#forum8027)
    avec mon frère, quand on se balade dans les rues, il a coutume de dire qu’il y a, parfois, des architectes qui devraient être passés par les armes - c’est un peu excessif, peut-être, mais ce ne sont que des mots. Voici un acte. Je laisse libre vos commentaires (vous connaissez le mien)

  • Ils sont là, tous les deux, à parler, fort, à se marrer, sapés comme des princes (j’en rajoute, mais c’est vrai, ils étaient élégants et leurs cris et leurs rires avaient quelque chose d’un peu, à peine, déplacé) (montés à Belleville, descendus à Stal comme moi)(tenté une photo à l’aveugle alors qu’ils se marraient en descendant l’escalier de la correspondance, mais complètement loupée, on ne voit que ma joue)

  • Voilà qui me choque, mais je m’y laisse prendre. En même temps, l’écriture, quand même elle serait travestie, anonymisée, travaillée, puis à nouveau prise dans le filtre de l’autocensure, ne fait-elle pas la part belle à l’énonciation de nos sentiments les plus intimes ? Peut-être (on sait qu’il leur arrive de nous mentir...). En tout cas, voilà comment se termine le feuilleton en quelques épisodes de ma tempe droite.

    (...)
    Examen 1037121

    EXERESE D’UN LIPOME FRONTAL
    La pièce mesure 3,5x1,7 cm après rétraction.
    Ce prélèvement a intéressé une formation arrondie, composée de lobules adipocytaires sans atypie, bien limités, entre lesquels s’insinuent de fines travées conjonctives parsemées de capillaires dilatés et d’un minime infiltrat lymphocytaire. La prolofération atteint les bors périphériques de la pièce.
    CONCLUSION
    L’examen histologique confirme l’hypothèse clinique d’un lipome.
    Il n’y a pas de signe suspect de malignité.
    Signé DR S. F-S

    (c’est beau comme du Verlaine) (j’anonymise) (on comprend, hein : la syntaxe ; on -enfin moi- se demande comment des bords peuvent se trouver autrement que "périphériques") (appeler "ça" une pièce, quand même, un minimum de respect...!) (en même temps, je ne sais si, "un signe suspect de malignité" présent, je poserai ceci ici...)(on ne cesse de s’entregloser disait l’autre)

  • Longtemps que je n’étais pas allée au cours de danse dans le quartier ni n’importe quoi d’autre au métro Le Pelletier. À quoi ça tient les choses, je suis pourtant si souvent tout près de Poissonière qui se situe entre pas loin et tout près. Voilà que le marchand de journaux où je m’approvisionnais volontiers avant ou après l’effort du corps a été sans que je n’ai rien vu venir, pas assisté à la moindre fermeture, pas perçu ses prémices, pas vu ni entrevu les travaux, par une boutique Fitness Prot, qui à ce que j’en comprends vend des suppléments protéinés pour faire de la gonflette.

    Qu’il est parfois déprimant, l’air du temps.

    Voir en ligne : traces et trajets