l’écrit crocodile


Depuis l’arrivée maintenant lointaine du Futuroscope à son tour vieillissant, il semble qu’il n’y ait pas d’autre chemin pour nos campagnes que les parcs à thèmes, la vieille terre poitevine se fait exotique. L’un a commencé par La vallée des singes (tout près de Civray qui était ma ville), l’autre a continué par les crocodiles, un autre a pris les serpents, un quatrième a rajouté les cerfs, sais pas si ça marche aussi bien et s’ils font tarif groupé. Bizarrerie, sur le chemin de la fac de Poitiers, au rituel arrêt autoroute, que ces cartes qui en font ce drôle de jeu de l’oie où surnage la Cité de l’écrit (ça devient quoi, aux temps numériques, les bouquinistes de Montmorillon ?). Quand même un peu dubitatif sur tout ça, qui était mon pays, du temps qu’on y voyait autre chose.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 novembre 2010
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Messages

  • fort à craindre que l’écrit croque cru sous les crocs des crocos

    • Je vous invite à faire un tour au Futuroscope. Votre vision me semble quelque peu dépassée... Près de 2 millions de visiteurs découvrent chaque année les nouveautés et plébiscitent le Parc. La complémentarité entre le patrimoine d’art roman et les parcs de loisirs permettent à la Vienne d’être un département touristique à part entière, et l’arrivée de Center parcs est en ce sens une bonne nouvelle. A bon entendeur...

    • Inviter, inviter, la belle affaire... Vous avez là un chiffre merveilleux : ce n’est pas parce qu’ils sont deux millions à avoir tort qu’ils ont raison, voyez (je cite Michel Colucci dit Coluche - j’aime les pseudonymes, moi)(gardez votre "élitisme" ou votre "populaire" écoeurant)...
      Voilà la jolie culture actuelle (et la boutique de souvenirs à la fin du parcours) : grégaire, parquée, intitulée "loisir"...
      Ca me rappelle quelque chose :
      http://www.pendantleweekend.net/2010/11/en-revenant-de-lexpo/

    • arrivée de Center parcs : mais précisément c’est ce qui était craint, Tous parqués dans des parcs, les crocodiles comme les humains !

      (lequel a dit au fond y a pas grande différence ?)

      Voir en ligne : traces et trajets

    • Entièrement d’accord avec vous.
      Et en désaccord avec Jérôme.

      Ce département me déprime, les seuls endroits authentiques sont Montmorillon et St Savin.

    • Certaines bourgades ont du charme.. six mois de l’année, La Trimouille et ses bords de Benaize, par exemple, mais ceux qui y tenaient les petits commerces(une partie de ma belle-famille) n’ont pour la plupart plus mal aux dents ; on ne peut que plaindre ceux qui , ne sachant comment s’occuper se font parquer dans des "centers parks", une horreur parmi tant d’autres.

      Le futuroscope, une fois pourquoi pas, c’est bien fait.

    • Vous avez bien raison. D’ailleurs vivement l’ouverture prochaine du

      Center des Patrimoniales Âneries Complémentaires avec l’Art

      Je propose aussi qu’on décide de la qualité de notre patrimoine à son taux de fréquentation par les touristes, de la qualité des loisirs à leur taux de rentabilité

  • toute la journée à la table, comme toute la soirée d’hier, trouver dans la boite aux lettres l’appel de cotisations 2010 de l’urssaf qui creuse encore plus le carmin du compte en banque (c’est anne soleyne qui va être contente)(c’est ma banquière, les agios elle adore)(elle me fait confiance)on fait des fiches de paye, on calcule, on continue et on s’intéresse (la vie c’est pas simple)(et c’est pas facile !-en vrai ça fait ch... et des fois, copieusement) (l’immeuble du presque coin flandre stal, feu vert)(ce truc me fait penser à ces bureaux qu’il ne faut pas investir, si le collègue voit une photo de votre famille, il vous humilie) (c’est beau, le boulot)

    • (le même feu rouge) je m’en fous, je continue, j’aime le cinéma je vais aller voir le Tavernier (tu viens avec moi, hein)(Tatave a été le seul réalisateur à répondre à ma demande d’entretien quand je faisais mon dea, ce qui fait que je l’aime bien)(contrairement à rivette, ils étaient deux à avoir eu droit à une lettre de ma pomme)(pourquoi ces deux-là, vous en demandez trop) (c’est mieux avec le vert non ?) (seulement là, droite cadre, il y a la petite fenêtre que je cherchais)

    • j’ai trouvé ça dans la rue, c’est beau juste - j’en sais rien de ce que peut vouloir dire, si ça veut dire quelque chose- il y a une mode pochoir ces temps-ci (on a vu avec I love belleville avec le petit coeur, en mai, ou le gros coeur je ne sais plus) (c’est rue Jules Verne) (c’est la même chose que des tatouages à même la peau de la ville)(ça s’efface avec l’eau et le passage) (il fait beau sinon)(pfff)

    • pas pris de plan ah quoi bon , demande trois fois rue Du Gué , entre dans une pharmacie , ah oui c’est la zone , c’est la zone rue du Gué , marcher tout droit passer le canal tourner à droite et là , un centre d’accueil de demandeurs d’asile .

  • j’aime écouter Sting et Aznavour chanter "l’amour c’est comme un jour..."
    j’ai des souvenirs de ces étés, 62 ou 63, 64 peut-être, les bords du lac Léman, la plage faite d’herbe (c’est quoi ce bazar ???), l’eau froide, le soleil à peine chaud, la décapotable de L. ; les deux chiens, mon grand père sur le balcon (comme je l’aime, lui) le supermarché Migros, la propreté des rues, Genève... Quelques kilomètres, Thonon, Evian...

    • c’est que les étés d’alors, parfois, nous allions chez L., il y avait là sa femme D. que j’aimais, je me souviens d’une jeune fille rousse (comme toi, tu vois) cousine, je ne sais plus, Cécile - voilà plus de quarante cinq ans- le temps passe- vous le savez aussi- et mon grand père que j’aime toujours, peut-être plus que toute ma famille réunie (V. excuse moi mais c’est vrai, il avait comme toi ce même prénom que celui de l’autre, tu sais) et l’été, et le souffle doux du vent sur le lac, les coccinelles - des montres- pour mes soeurs, ma Cortébert (comme je la regrette parfois) carrée, les quarts d’heures marqués de traits d’or verticaux (3 et 9) horizontaux (6) et lorsque, parfois, me reviennent des bribes de l’assassinat de ce banquier Stern (étoile) en cette ville, une image, un film même glisse sur ma mémoire (souvent, ces mois-ci j’en veux à mes soeurs de ficher ces réminiscences dans une sorte de boue où les bottes s’enfoncent sans s’en sortir sinon avec un bruit ignoble, déplacé pour ces souvenirs dorés) (je les garde avec moi) (une baguette rouge capturée cet après midi, dans le ruisseau de la rue de Palestine)

  • Pas même pris le temps d’une dernière photo, je vois à des détails comme ça combien l’Olympus me manque, quitter Arras, quitter le cinéma, vite, prendre un petit-déjeuner, une douche, préparer les sacs, envoyer une carte postale, attraper le train, retrouver le travail.

    À cause de l’un j’ai rêvé de l’autre (c’est malin) et ça m’a tenue toute la journée, en plus (+) inquiète et triste malgré la sensualité du songe. Ou peut-être à cause de : tant de regrets, d’impuissance (1) et de peine et de rien.

    (1) de ma part à changer quoi ce que soit

    Voir en ligne : traces et trajets