pépinières


Que chaque ville puisse se doter de sa Silicon Valley, pourvu qu’on ait un terrain derrière les supermarchés ? Luxueuse installation montbéliardaise, si beau matériel, salle si parfaite, et le parking avec badges et barrières pour ces pépinières de petites entreprises informatiques qui, durant 2 semaines, auront levé de temps en temps un oeil un peu ahuri – même bonjour c’était trop – a ces gens bizarres qui venaient là pour de la musique et des mots. Les budgets de l’Europe pour compenser la déconfiture automobile, certes légitime sans doute. On en a profité vraiment, belles choses, beaux moments, belles recherches – moyens d’aller vers soi dont on ne disposerait pas sinon, et merci à Didier Levallet et la Scène nationale de Montbéliard de nous y avoir accueillis. Reste l’impression de danser sur des ruines – et les ruines du béton moderne, près des usines quasi vides, pas rassurante.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 décembre 2010
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Messages

  • je revenais de clichy, où mon frère me parlait d’ennuis, de difficultés, d’essors et de recommencements, "un vieux mec, 61 ans, pfff..." et il toussait, puis j’ai repris le métro, lui entrait dans la librairie de Paris, je me souvenais de lui, on arrivait Barbès, j’ai remarqué des bottes rouges brillantes (droite milieu bas du cadre) mais ce jeune type s’est installé devant moi, il avait aux oreilles un casque et jouait avec son cube, le tournant dans tous les sens

    • on la laissée hier soir , sourire timide , après - midi pédiatre , coiffeur pour elle , et nous garde berceuse pour son bébé , et ce matin coup de fil , a pris des médicaments - SAMU , est rentrée chez elle l’après - midi . La tristesse est un poison qui coule dans nos veines ; que lui dire ?

  • le métro est parti, il a tourné quelques fois le cube, ici, là, il y avait pas mal de monde, des gens riaient parce que un clochard avait ramassé quelque chose sur le quai (la condescendance des dominés pour plus faibles qu’eux, c’est une horreur), le jeune type, asiatique, tournait son bazar, une grande habileté, j’ai compris qu’il me fallait continuer

  • on descendit à la Chapelle, on se poussa, on se mit plus loin, lui continuait son manège déjà bien avancé

  • j’ai bien aimé voir ses mitaines (elles m’ont fait penser aux tiennes), son calme apparent, rien dans le regard, derrière ses lunettes, le truc terminé, voilà, toutes les couleurs rangées : avant d’arriver à Stalingrad, il a recommencé à triturer son cube dans tous les sens... dehors la neige tombait

  • Il commençait à peine à neiger quand je suis entrée, suis ressortie blanche. Entre les deux, peu de monde dans les lignes d’eau, un maître nageur clop au bec et bonnet de Noël, l’eau trouble.

    Voir en ligne : Fenêtres Open space

  • Encore un sale coup affectif encaissé, pourtant il faut tenir. La tristesse est un poison, vous avez raison.
    Je me surprends à aimer désormais certains lieux artificiels, bâtiments bétonnés, La Défense et son parvis sans voitures, l’au-delà de l’Arche qui me plaît, la BNF où je me sens protégée (par tant de place, tant d’ordis, de bouquins, le fait de n’y être pas seule, aussi à travailler - comme quoi les "open space(s ?) " ne sont néfastes que par l’usage entrepreneurial qu’on en fait -), le Montparnasse Monde qu’on m’a fait aimer.
    La clef est là : tout dépend vraiment de ce qu’on y fait, de qui nous y reçoit, de comment on y est traités.

    Voir en ligne : traces et trajets