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j’ai envoyé mon CV

En ce moment que la saltimbanquerie est bien opaque, ne peux pas m’empêcher de guetter les boulots, ceux qui me donneraient ce bout d’indépendance nécessaire, et d’assumer la responsabilité de père de famille, mais me débarrasseraient de l’intendance pour ce qui est de la littérature, du site, de l’édition numérique au culot. Mais je sais faire quoi ? Ou du moins : quoi faire où on voudrait de moi ? Même les copains qu’étaient si meilleurs que moi à l’école d’ingénieur, qui ont eu le diplôme (eux), qui ont fait carrière (eux), les voilà en masse au rancard après les 55 ans, et y a pas grand pitié dans le monde des sociétés. Au moins, la saltimbanquerie, on peut faire ça aussi longtemps qu’on veut (vaut mieux, d’ailleurs, vu le papier reçu il y a quelques mois m’annonçant que j’aurais droit à retraite de 972,80 euros... par an). Donc là je crois que je l’ai trouvé, le métier. J’ai bien regardé tous les boutons, dans la voiture, tous les appareils, et même le petit modem Ethernet posé sur la plage arrière : je saurais tout faire. Et croyez moi, Google Earth, Google Street View, je connais – je vous le ferai à l’artistique, je ne louperai pas la moindre impasse. Je vous trouverais des zooms, des beautés surprise. Suis resté longtemps à tourner autour, de la Google Car, des fois que quelqu’un de Google viendrait me proposer, là tout de suite, de partager le boulot. Je l’ai vu, le monsieur : me demande même s’il n’habite pas dans cet immeuble, où la voiture était garée. On s’entendrait bien : y a de la place pour deux Google Car, en Indre-et-Loire ?


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 27 mai 2011
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