l’île sonnante


Il nous arrive régulièrement de drôles d’histoire avec Internet – si on ne bloguait pas on passerait à côté. Ceux qui ne bloguent, à côté de quoi passent-ils qu’ils ne sauront jamais ? Donc un soir vers 22h, il y a quelques semaines, un mail arrive d’une personne qui s’enquiert timidement, vu mes liens Rabelais, si je pouvais l’aider à identifier à quel passage de Rabelais se relient trois dessins en pièce jointe. Je n’ai pas eu de mérite : c’était évidemment l’île sonnante, et ses oiseaux en cage. Ce que je réponds, trouve même, pour chacun des trois dessins, le passage précis dans le chapitre. Je reçois un message très poli et amical, sans aucun des usages web, mais ceux de la correspondance épistolière. Le grand-père de mon interlocuteur s’en allait, ses proches veillaient le vieux monsieur, et ses dessins illustreraient le livret de messe (je ne savais et ne sais même pas ce qu’est un livret de messe). Je mets cependant en garde mon interlocuteur : l’île sonnante, c’est probablement de toute l’oeuvre le passage où Rabelais est le plus caustique concernant l’église papale. Réponse très intelligente de mon interlocuteur, disant que seuls ceux qui aiment beaucoup critiquent aussi fort. Voilà. Ces jours-ci, j’ai reçu un discret remerciement. Comme demandé, j’ai effacé les dessins en pièce jointe. Photo : halte d’autoroute près Baugé, quand je vais à Angers le jeudi. Aussi inscrit à l’inventaire des photographies récurrentes.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 janvier 2011
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Messages

  • ils n’arrêtent pas de s’envoyer des vannes, il écoute un peu dégoûté, elle le regarde avec un air écoeuré, lui balance des vacheries, il la hait, elle le hait, ils sont ensemble, elle va s’asseoir, il branche sa musique dans son téléphone et le fait tenir dans sa casquette (Orléans Clignancourt, descendront à Châtelet, prendront la 11 comme moi)

    • elle n’a pas cessé d’écouter une musique assez forte, rythmée, elle porte un short en jean sur des collants noirs, autant lui a quelque chose de féminin avec ses habits trop amples, presque une jupe de couleurs, autant elle fait son macho (ils sont tout aussi abruptes l’un que l’autre, tout autant ridicules que les vrais beaufs dans leur rôles) (encore que les beaufs, d’après ce que j’ai compris de la première dame de France- hum- celle qui n’a jamais voté à gauche, si vous voyez- ce seraient plutôt les bobos de nos jours)

    • je me demande souvent ce qui poussent les gens qui ne répondent pas quand on leur parle (ce qui les pousse à se taire, ces abrutis) (plus souvent des hommes, vous remarquerez) : depuis longtemps, (Rivette pendant les années ciné ne daignait pas répondre non plus) (c’est comme ça qu’on perd un spectateur, en même temps - pourtant "Céline et Julie" n’était pas si mal) ce genre d’impolitesse, toujours par des infréquentables cependant, mais obligation tout de même -il faut aussi manger- alors on n’attend plus rien d’eux (ce sont des chiens) et on reste sur ses positions (par exemple, apporter une boite de chocolats au service) (comme ça, en cadeau je suppose) : roulez, on avance, peu importe, on a des trucs à faire...

  • en allant au séminaire le jour revient, j’arrive à peu près à la même heure (je suis un type ponctuel, c’est comme ça) (ça me rappelle mon enfance, entre la rue Delpech et la rue Camille Desmoulin) (c’est à amiens, putain !) et ces immeubles de la rue du 4.9, j’ai noté les numéros de téléphone de Dora Bruder, j’ai lu le répertoire de Didier Blonde, le dernier Brunetti (il y mange des tramezzini au thon et à l’oeuf-uoval’thono), j’ai envoyé un état de mon travail, trois piges, et le monde étant ce qu’il est, il m’est à peu près égal (je fais de la saisie, j’avance le bazar, je regarde les piles sur le bureau, la compta, des mauvaises nouvelles d’Egypte et de l’association - qu’est-ce que ça a à voir ? rien, je mélange, je mêle, je mixe)