du Poitou comme Amérique


Venir une fois par semaine à Poitiers est forcément une anabase : remonter le temps vers soi-même. Les paysages s’affirment d’emblée comme familiers. Je fais halte comme chaque fois photographier l’aire d’autoroute de Jaunay-Clan, sur l’A10 sens descendant. Je refais avec l’iPhone la même série fixe de 8 ou 10 images, depuis le même endroit, je n’y pense même pas mais ça s’est cristallisé comme ça, plus en général 2 ou 3 d’objets ou angles que je n’avais pas saisis précédemment. Ce matin, c’est à l’heure précise du lever de soleil. Alors il n’y a plus de Poitou, mais juste une Amérique. Je ne sais pas à quoi tient qu’on puisse transformer le Poitou en Amérique : à la bande de ciment au premier plan de l’image ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 février 2011
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Messages

  • les voilà les deux sur la même image, presque, les deux, l’un prix nobel de la paix, meurt dix minutes après ce cliché, l’autre tient trente ans, milliardaire (éhontément enrichi sur le dos des torturés, des emprisonnés, musulmans ou pas, les milliards US pour la guerre, parce que la guerre, pour la paix, parce que Israël, la bande Gaza, le Liban, tout ça pour ces milliards-là ?) (et la Libye ?) (et ben ali le même dans un pays huit fois moins peuplé ?) s’en va, vieux, usé, malade : emportera-t-il ses dollars là où il va, vite comme son ignoble ami tunisien, mourir ? Les jeunes, dans les rues, scandent leur joie, des feux d’artifice de carnaval... changer, oui, mais pour mieux (je me souviens de Nasser et ses temps grisonnantes, de Bourguiba descendant de son hélicoptère au palais de Carthage, Jacqueline 2)

  • De retour de chez Simone je passe par Austerlitz, il fait si doux, marcher sera bon, en cet instant je me demande encore, pour l’Égypte, si finalement oui ou non, le pigeon lui gueuletonne, malin qu’il est, faufilé dans ce mange-vite de gare, et sans doute habitué : d’une patte il soulève l’assiette cartonnée et picore les miettes en ayant moins à se pencher.
    J’oublie l’absence des hommes pour admirer l’oiseau.

    En remontant vers la Grande Bibli, j’entendrai des cris de joie, et réinstallée, je saurai qu’une révolution a bien eu lieu, la seconde de l’année. J’aimerais tant, même si sans trop d’illusions, que ça puisse continuer. La solitude a pris ce vendredi soir la forme de n’avoir personne avec qui m’en aller le fêter.

    Le souvenir d’une photo de Californie prise en novembre 1989 où San José avait un air d’Afrique. Hélas chez moi c’est trop désordonné pour ce soir la retrouver. L’Afrique venait d’un arbre, d’un ciel trop bleu et de tôle ondulée.

    Voir en ligne : traces et trajets