majesté du livre en ruine

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On ne jette pas, ni ne donne (on en a donné pourtant beaucoup) les livres qui pour les enfants ont représenté une étape, un passage. Ils ne sont plus sollicités, mais que vous les cherchiez dans les quatre ou cinq zones de dépôt de la maison, eux viendront aussitôt à votre aide. Une des différences entre le livre papier et le livre numérique, c’est que sa dégradation fait partie de son histoire même, et signe l’importance de la lecture. Il doit la supporter. Autre réflexion : oui, alors que les enfants s’approprient les supports numériques avant même l’âge de la lecture autonome (la lecture parce que l’adulte vous lit, c’est dès la naissance et même probablement avant), à nous la responsabilité que les contenus soient à la hauteur, et pas seulement le consensus marchand. Mais l’appropriation de la lecture, pour l’enfant, est physique : le livre, on s’assoit dessus, on doit pouvoir. Comme la peinture, il ne se résout pas en image – et donc non plus en fichier numérique de ses images et textes. Ici : La petite souris, Olga Lecaye. Avec de la peur, de la légende et du rat.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 avril 2011
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Messages

  • il y avait trop de monde dans le métro, comme à chaque fois que je vais bosser le samedi, vers une heure et demie deux heures moins vingt, on monte quand même on se serre : on se sert aussi, puisque ce type est juste à côté de mois (j’ai aimé tout de suite les bracelets de couleurs, pas vu immédiatement les bagues, ni la montre - un "K" en marque, je ne sais pas bien, pas si belle, un bracelet juste original ?- je m’intéresse aux marques de voiture et de montres c’est comme ça- mon grand-père aimait les montres et mon père travaillait dans un garage...)

    • j’étais trop près, je ne le savais pas exactement mais tant pis, je voulais lui tirer le portrait de profil parce que ses lunettes avaient quelque chose aussi (je ne m’intéresse pas aux marques des montures de lunettes, mais je pourrais - à col fab, même en queue, ça monte) : tant pis le voilà flou -on dirait qu’il porte une moustache mais non ; c’est un type habillé sport - son polo t-shirt en attestera tout à l’heure

    • avant Jaurès, le métro sort, ça chahute un peu, il s’appuie à la porte, je règle l’appareil (les bagues, celle de l’annulaire représente-je ne sais pas bien si on voit- une tête de cheval à l’intérieur d’un fer à cheval orné de pierres et de brillants) (il serait turfiste que ça ne m’étonnerait qu’au quart) (le métro est dehors, le soleil donne, et j’adore la lumière)

    • (la précédente est à l’envers pour qu’on voit la tête au bourrin) (les sports équestres, moi, pas trop, non merci) comme je ne le voulais pas de face, j’ai vaguement pris son t shirt qu’il a dû payer la peau des rotules (chacun fait comme il veut avec son pèze en même temps) (il y a quelque chose de l’argot qu’il doit employer qui rejaillit ici, mais je ne suis pas sûr que ce soit un autochtone, ou un indigène) (je le verrais plutôt argentin-la pampa ?) (bon, faut que je change, je vais bosser)(il a un petit peu de bide, pas vrai)

  • Retour à Paris après une semaine au vert, retour à la nage, aussi, avec ados crawlant dans tous les sens, familles aux jets sous-marins. C’est midi. Ensuite, lecture pour le boulot d’un texte insupportable. L’action se déroule au parloir : pas question de laisser passer quoi que ce soit.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • on va travailler quand même ce serait un dimanche (il y a bien longtemps, depuis que je me connais, que je travaille certains dimanches), un jour qui ressemble à un quinze août (je ne sais pas bien, avec le quinze août, quelque chose de la malédiction) (j’aime bien les dates marquantes comme ça) (les jours fériés aussi) l’arbre qui domine le buisson bleu, au coin de la rue de l’Orillon, et la blonde à lunettes qui se précipite pour être sur le cliché (ce que c’est que l’orgueil) en même temps c’est l’été, c’est joli, on y va, le monde, la chaleur

  • Pas la première fois que je croise dans le métro, des affiches qui soudain me semblent d’un autre âge, sauf que les concerts sont pour maintenant. Partagée entre le plaisir quand par exemple on les appréciait, qu’ils soient toujours vivants et musiciens actifs, et l’impression désagréable d’une époque qui fait du sur-place, on connaît personnellement tant de jeunes talents qui piétinent, salles frileuses aux nouveautés, ou qui se font couper les ailes - on parvient à passer, oui, mais standardisés -.

    L’écriture qui n’a pas immédiatement besoin de lieux et peut se contenter d’intimité, celle par exemple si étrange de l’internet, cet entre-soi du monde entier, est pour ça privilégiée.

    Voir en ligne : traces et trajets

  • Réalisé par une femme (Feo Aladag), qui en est aussi productrice et scénariste, "L’Etrangère" est un film allemand, qui raconte l’histoire d’une femme de 25 ans, Umay, qui se sépare d’un mari qui la bat, et tente de renouer avec sa famille (son père, sa mère, ses frères, sa soeur : une famille turque, installée en Allemagne, probablement à Berlin -dit le synopsis- elle est l’aînée). Je mets cette note ici pour ne pas l’oublier, et ne pas oublier la fin, le meurtre par son oncle de ce petit garçon au premier plan (prénommé Cem), tous deux victimes d’une loi familiale inique, absurde et ignoble. Des acteurs formidables, une mise en scène transparente et un scénario tranchant comme l’acier (une mention particulière à la spectatrice assise à quatre fauteuils de moi si indisposée par la lumière de mon téléphone portable : je ne dis rien, je le ferme)