souterrains dedans


A 3 jours du retour de la Défense, nuits obsédées par tours en très lente translation sur le terrain même du rêve. Il y a aussi des espaces souterrains vides très vastes et très clairs, espaces de bureaux déménagés. Je dois écrire à partir d’un de ces espaces vides. Ça se mêle à l’histoire de ceux qui ont vécu là, et pourtant ce n’était pas un lieu pour y vivre. Les chemins narratifs alors bifurquent, mais le premier enclenchement, et cet espace, c’est récurrent.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 mai 2011
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Messages

  • (il y a une théorie sociologique du champ) (chauffe Marcel) c’est le boulot, dire "vous voulez répondre ?" avec une sorte d’interrogation dans le ton, un sourire si possible (je l’oublie très souvent) (je suis neutre) (en fait s’ils veulent, c’est très bien, s’ils refusent, c’est très bien), proposer des questions, recueillir les réponses mais je préfère et de loin lorsqu’on parle ensemble de quelque chose qui les intéresse (on parle toujours à peu près de la même chose c’est-à-dire nos -plutôt leurs-réactions devant des faits sociaux) (totaux si possible)(le canal direction Pantin, j’aime le personnage blanc)(taleur ce sera un cycliste)

    • (canal direction Paris, au bout, le port de la Bastille, puis la Seine, vers le quai de la Rapée) (et la morgue-mais c’est un épiphénomène) j(e t)’attendais là un moment quand j’ai vu qu’ils (ou moins probablement "elles") étaient en train de faire quelques travaux à la cheminée de la centrale (d’ici qu’ils la virent, y’a pas des kilomètres, m’as-tu dit) (dommage je l’aimais bien) (sur le canal, un pont passerelle tournant, manoeuvré par des pompiers en canot pneu comme en avait Alain Bombard- mais je ne me souviens plus de cette marque) (éphémère ministre de la mer gouvernement Mauroy je crois qu’il me semble)

    • http://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_Pierre_Mauroy_%281%29

      21 mai-22 juin, secrétaire d’état un mois et un jour (va donc pour éphémère, manque un "épimène" ?)

      Zodiac, sans doute ?

    • très bon signe, Zodiac...! (c’est ça) (on vient peut-être demain soir mais c’est pas sûr...) (je vois que l’épimène en son île s’endort dix lustres-faut quand même le faire...)

  • souvent, ils parlent et parlent et parlent, et alors ils oublient à qui (je vous le dis, vous aurez peut-être l’occasion de vous y voir) et (puisqu’on parle plus facilement à quelqu’un qu’on ne connaît pas de choses intimes qu’à quelqu’un qu’on connaît, justement parce que c’est intime), ils peuvent alors dire ce qu’ils sont, ce qu’ils attendent, ce qu’ils espèrent et ce qu’ils désirent (je mets des "ils", c’est aussi des "elles", mais comme je suis un garçon, voyez)(parle-t-on plus facilement si on est un homme à un homme ou à une femme ? c’est une question) (le vélo à la même place que la personne en blanc)

    • (on peut parler de n’importe quel sujet-on dit objet en réalité- du coup se trouvent fourrés là-dedans de l’objectif et du subjectif- distinction qui n’existe pas car tout-oui tout- est subjectif- donc tout est objectif, en même temps) on peut parler de tout sauf directement de ses moeurs, de ses revenus ou de sa religion (c’est sans doute qu’on se trouve en France) alors on parlera plus volontiers de ses loisirs, de sa famille et son territoire (au sens large, ses plaisirs-la sexualité non sauf si- et ses désirs, ses pratiques professionnelles -pas religieuses sauf si, ni sexuelles enfin bon) j’arrête, je regarde, je relance, j’écoute et j’entends (je ne relance jamais où ça fait mal) (ils me le disent tout de suite, il me faut l’entendre et c’est ce que j’écoute toujours d’abord, mais ils le disent tout de suite) (il faut faire attention, surtout au début, mais toujours et tout le temps car une intonation, un arrêt au milieu d’une phrase, un mot pour un autre-rarement, ils savent se tenir-c’est exactement ça, se tenir- peut en dire -et en dit- très souvent très long) attendre et écouter, voir venir, à la fin, on se serre la main-on ne se reverra plus jamais, ou presque...

    • et je vois les mains de BHL, BHL penché sur la table d’un élève ( nous sommes dans une salle de cours) et je vois ses ongles sales noirs

  • (en ceinture d’un drôle de mec -cheveux long très sel et poivre, bottes pointues, recadrée mais je n’ai pas sa tête, difficile à capturer, non loin des folies, ce midi) j’attends de voir, là, des idées viennent, on parle, on discute, on s’ingénie à trouver des développements, moi je suis fatigué et je n’en ai pas tellement envie mais il faut bien (j’ai croisé dans la rue le proviseur du collège des filles :"ah mais ça m’a fait plaisir d’avoir des nouvelles..." m’a-t-il dit en s’en allant, drôle de mec je ne le connaissais que d’une ou deux réunions, même pas sûr d’ailleurs, mais le croisant devant les guetteurs de vent, je lui ai posé la main sur le bras lui disant "vous, je vous connais, vous..." en souriant, il n’a pas semblé surpris "rappelez moi le nom de votre enfant..." oui, voilà...)

  • mon amie éditrice va mieux semble-t-il ; on a des problèmes, mais nous allons bien... mes filles se chamaillent (c’en est trop énervant, je sors, je pose deux cierges, je fais des courses), j(e rentre : elles sont toujours vivantes, mais pleurent : la vie, parfois, pour tous, est d’un tel poids...), je suis allé voir ma tante, des pivoines blanches, l’ai serrée dans mes bras, le fleuve en bas coulait, il faisait beau et je dois travailler) (je te rejoins)

  • Trente minutes de longueurs ce soir suffiront-elles à faire réapparaître l’article de Fenêtres disparu durant le bug blogger de la journée ? Non. A l’oublier (il était important à mes yeux, concernait le 17 septembre) ? Momentanément, oui. Il fait doux en sortant. Mais à peine la porte ouverte, le sac de piscine posé, la question se pose à nouveau. Ma page tournée est-elle lisible quelque part ?

  • Laurent De Wilde, Glenn Ferris, Bruno Rousselet au Sunside se préparent pour le 3e set, cependant que Blogger récupère lentement les 807 égarés…

  • oui, soirée magnifique... bien contents d’avoir pu entendre ces musiciens qui s’amusent à jouer formidablement (merci ap)

  • (il fait un froid de gueux, j’ai raccompagné ma fille à saint laz, je suis revenu, je suis un peu fatigué) (dehors, il y a Cannes et dsk en prison) c’est peut-être les casquettes, mais plus sûrement la couleur de la blouse de la fille, je vois là des américains étazuniens, non, c’est les deux, qui se tiennent la main (la chanson du père de M qui s’appelle "toujours" et qui fait "toujours, toujours jt’aimerai toujours... qu’est-ce qu’on sera beau quand on sera vieux, main dans la main toujours amoureux, ah ce qu’on est bien ensemble, ensemble..." blablabla ? oui, mais quand même) et je regarde les fonds de pension qui demandent des rendements de 15% ou 20% pour investir l’argent de ces retraites, je me dis que le monde a quelque chose de bien pourri quand même (les jeunes haïssent les vieux, les vieux se repaissent dans leurs 180 trimestres, et par dessus tout ça, un conard qui la ramène sur le "revenu de solidarité active"...) (ça va changer, certes, mais pour qui ? et pour quoi faire ?)

    • ce matin, ils jouaient aux cartes, il est midi, sur le sweat rouge, en haut, est marqué "belleville" au dessus du 75, ils sont là à glander, c’est dimanche, écoutent de la musique, assis tranquillement tant que ça dure, ils mettent parfois là un banc sur lequel ils s’allongent et soulèvent de la fonte, et hurlent et crient (de préférence vers minuit : on fait quoi ? on crie (deux ou trois fois, oui, ils se sont un peu calmés sans s’arrêter) ? on leur balance un seau d’eau (jamais essayé mais c’est une idée) ? on appelle les flics (pour en arriver à des extrémités pareilles, il faudrait un meurtre) ?) (vous direz ce que vous voudrez, mais ces deux photos sont réussies) (enfin c’est ce que j’en pense) (surtout la 2, mais la 1 est bien aussi)

  • c’est en passant qu’on prend, parfois, des photos : ici au coin des rues de l’Orillon et Saint Maur, en train de regarder le match de foot diffusé dans un bar (dix heures moins vingt, hier soir, il fait clair c’est l’été bientôt, on aime cette lumière), c’est un type qui reste au Quick devant un café et observe la rue (le coin des 4 arrondissements : comme on voit, il bouge encore...), il fait partie, comme celui qui plastifie les papiers et les documents, du paysage de ce coin (déjà paparazzé : http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1093#forum8872)

  • capturé en passant, en allant chercher le journal (les unes du jour dans un autre billet) (c’était l’épreuve de musique du bac pour le piano : pas de nouvelles...) : un type assis sur une chaise du café, l’autre est un des serveurs je crois bien ; la machine sur une petite table de camping, dessous une batterie comme celles qu’on trouve sur les scooters

    • (les unes de ce matin) en continuant, on traverse le boulevard et c’est la rue de Belleville qui commence, là un kiosque à journaux qui vient de changer de main (le journal à un euro cinquante quelle inflation)(j’ai commencé à lire le quotidien de référence paraissant l’aprés-midi à l’occasion de la mort du photographe dans le Rainbow Warrior, coup tordu comme d’habitude en politique) (nauséabond tout ça)

    • Pendant ce temps, on fait toujours la manche dans les rues (ici, un professionnel, certes, mais qu’importe ?), on meurt aussi bien (il ne fait plus froid, c’est vrai mais les files d’attente à Stal ou Jaurès en disent fort long sur l’état de ce monde), on s’entasse dans les prisons, les profs sont foutus dehors (paraîtrait qu’il y’en aurait trop) et le poste d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite est laissé vacant (pour qui ? pour la jeunesse ?) : absurdité d’un monde qui fonce à sa perte

  • (t’es où François ?) hier je suis allé réserver des places pour la séance de neuf heures au studio 28 : on y donnait "L’arbre de vie" de Terrence Malick ; la salle était presque comble, et le film presque nul (ça fait de la peine, à ce niveau-là) (les six bobines de la copie qui attendent dans le couloir, vers quatre heures et demi, hier) (j’aime les bons films, la vache celui-là, quel catastrophe, on y voit des dinosaures avant la catastrophe qui, paraît-il, les aurait éradiqués, des images de l’océan et des requins marteaux, des bactéries dans la soupe primitive, on se croirait dans microcosmos : la suite du film, avec trois mômes d’un père con comme un balai et d’une mère ethérée on s’en fout juste) (peut-être d’ailleurs tout comme ce que je me permets de dire ici) (François, t’es où ?)

  • ça a commencé à sentir assez fortement vers 15h30 cet après midi, je me demandai, j’ai ouvert la fenêtre vers la rue, rien, puis, un quart d’heure plus tard, les sirènes, la fumée dans le ciel, et l’odeur, je n’ai aps eu spécialement peur (à deux cents mètres, peut-être le sinistre) je suis descendu, j’ai fait le badeau

    • il y avait tout le kit (pc, les gradés assis, les hommes de troupe qui montent à l’échelle), les masques, les bonbonnes, les extincteurs, les échelles, les cris des gens "il paraît qu’il y en a qui se sont jetés par la fenêtre", ou "il y a des gens qui sont morts brûlés, ou non ? ", les flics qui demandent de dégager, les voitures de pompiers qui arrivent, les ambulances, sous le soleil les flammes

    • trois étages en flamme, ça fout les jetons (repensé à celui de l’immeuble d’à côté, quand je me suis enfui prenant le livre Franck, je me souviens) tout ce monde, toute cette agitation, la proie des flammes, la fumée, la toux, les yeux qui pleurent et la mort qui passe (les pompiers, des jeunes types tendus, prêts, simples et harnachés : quel boulot...) (dans tous ces premiers plans : la foule de belleville, bigarrée, les gens qui passent "pardon" les explications qu’on donne aux enfants, les poussettes

  • ... il y avait du soleil mais ça puait vraiment, les flammes et les échelles, ça m’a suffit, je suis rentré, l’odeur était là encore, je suis ressorti, c’était l’heure du journal( je le lis papier parfois) (comme c’est cannes, ça me plaît aussi de lire des critiques tous les jours et j’imagine ceux qui doivent pisser leur copie, je regarde les tics, il y a aussi des photos) (que celui qui n’a jamais manqué une photo me jette la première pierre : il s’agit du métro, la 2 comme un pont entre Jaurès et Stal, dans le blanc il y a la choucroute-alias le sacré coeur merdathiers-, je la pose elle a quelque chose) (en attendant on peut entendre le feuilleton de france cul, à 20h30, "pousser les bords du monde")