bulle


Toute la semaine dernière, de 14h à 20h, c’était répétition Formes d’une guerre dans la grande bulle noire du Planétarium de Poitiers. L’appareil photo est donc resté dans le sac. Et puis activité trop requérante côté mots. Avant-hier matin, il y avait ce type tombé inanimé devant la boulangerie, drogue ou alcool, c’était bizarre – un être de la nuit égaré dans l’aube. J’aurais eu mon iPhone, tandis qu’on attendait les pompiers, je lui aurais bien photographié au moins les chaussures (je me souviens de ses chaussures), mais je n’avais pas l’iPhone sur moi, ce n’est quand même pas tous les matins qu’il se passe quelque chose comme ça quand je vais chercher le pain. Et hier ? Bloqué là, canapé, ordinateur, même pas entré dans le bureau. Et aujourd’hui, idem. Le paquet d’épreuves à côté, mais toujours ce saut psychologique disproportionné pour y entrer, alors fait autres choses, autres écritures, bricolages site. Interrogations sur soi-même deviennent comme funambule sur une grande chute d’eau. Photo : origine inconnue, un des déploiements de Phil DJ au-dessus de nos têtes dans Formes d’une guerre.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 5 juin 2011
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Messages

  • je suis allé au ciné (à la cinémathèque) voir "soldat de papier" (un film russe qui doit avoir trois ans d’âge) réalisé par un type qui se fait nommer "jr" -probablement junior (on s’en fout, le film est assez beau, sans doute assez bien aussi, on y voit la mère et le père, morts tout deux, du héros-un médecin qui s’occupe -pas trop bien- de Gagarine début 61, avant que celui-ci ne devienne le premier homme dans l’espace de tout l’univers ), il y avait là ce type que j’ai pris en photo à l’aveugle, (recadré hein, la chemise du paparazzo retient pratiquement tout le cadre) qui parlait avec sa grosse voix (pourquoi pas) ;comme on sait je prends des photos, à la fin je prends une photo du projecteur (je la pose ensuite) et je m’en vais, manque la marche, tombe et j’entends la voix identifiée plus haut dire : "bien fait !"

    • je me retourne tout en me relevant, je le vois debout dans l’allée, quelques marches plus bas, qui tourne la tête : dans ces cas-là (ça arrive de temps à autre, avec les chiens), j’ai tendance à aller trouver ce genre de type, pour lui demander ce qui motive une telle parole (la photo est manquée, tant pis : à la sortie, la salle de projection était ouverte, mais je n’ai pas pris de photo) mais aujourd’hui, non : couardise contagieuse ? j’ai pensé à zizou et à son coup de tête, je me suis éloigné et l’ai oublié immédiatement - revoir la photo m’y a fait repenser (c’est que je n’aime pas rire d’un être qui tombe) (j’ai parfois le fantasme récurrent de m’acharner à tuer à coups de poings un type qui m’aurait nui)

  • (4 aujourd’hui, ça fait beaucoup) (je devrais devenir bloggueur) je préfère encore me promener dans les jardins, voir le monde de haut peut-être, et cesser de penser ces coups bas comme des attitudes normales de mes contemporains (je pense à l’ex-ministre de l’éducation soi-disant philosophe, ou à la ministre de la formation professionnelle qui fait virer une femme qui se moque de son garde du corps : des trucs qui donnent envie de vomir) (j’ai entendu l’hôte de ce tiers-ci dans le poste tout à l’heure - dimanche dernier c’était andré : à quand ton tour, apap ? :°))

    • face à elles deux qui conduisent l’entretien ( sur petite estrade visages fermés aucun sourire), m’annoncent que l’option culture de la formation ne sera pas retenue ( manque de candidats ), me demande si je maintiens ma candidature pour l’option insertion professionnelle ( ai 15 ans d’expérience professionnelle dans ce domaine + niveau Bac + 5 ) en contrat de professionnalisation payé 1000 euros par mois avec au bout d’un an de formation retour à la case départ, c’est à dire être de nouveau demandeuse d’emploi, pourquoi je ne ne pleure pas, j’ai en sortant simplement envie d’hurler hurler devant leur incohérence ( préférable de me dire tout de suite que cette formation ne m’apportera rien : c’est une évidence ), pas un mot sur mon parcours deux regards vides), pourquoi je ne pleure pas

    • Bien raison de ne pas pleurer (c’est n’importe quoi, et l’accueil des deux estradées assises et fermées comme des choses ne vaut pas un crachat) ... Continuer, voilà.... Bon courage

  • J’avais oublié, parmi les chambres closes, celle-ci : le box fermé des vestiaires, à la piscine. Une bulle, en effet, même lorsque les mauvaises nouvelles se succèdent. Penser à s’acheter des palmes.

    Voir en ligne : Fenêtres Open space

  • mais je ne le fais pas (entendu le feuilleton de france culture : formidable Hanif Kureishi), je descends la rue (un bocal dans l’épicerie)(des fruits secs, mais ce que c’est joli) (je mûris quelque chose probablement), je marche pas mal, j’avance, j’ai bossé je bosse et je vais bosser (mais est-ce que ça suffirait pour trouver ce monde et cette vie acceptable ? certainement pas...)

    • bien sûr à présent je n’aurais plus le temps d’écrire vu qu’il faut travailler mais n’importe voilà le haut du bocal (je ne sais pas bien si c’est lisible, des fruits secs) (longue explication avec ma fille qui a réussi sa litté mais pas sa filo) (elle s’est baladé en scooter avec P., qu’est-ce qu’on dit de ça ? c’est beau la vie quand on a 18 ans)

  • De la mauvaise nouvelle du matin, penser peu de choses au fond, car voilà elles sont terriblement devenues habituelles, pour un peu on demanderait Tu commences quand ? (1) comme on le ferait pour un nouveau travail. Et il est sympa ton nouveau patron ? Il ne te fait pas trop souffrir ?
    (lequel ressemble le plus à l’autre du travail pour gagner sa vie à la maladie qui risque de nous la faire perdre ?).

    De l’amour encore et toujours le lancinant chagrin, et pourtant, fors la mauvaise nouvelle (voir ci-dessus), le week-end délicieux, n’être pas (tout à fait) seule, par moment (presque) à deux.

    On s’arrête pour "faire" de l’essence. Je crois regarder le paysage. J’en prends photo. Et the inner voice, qui tente toujours d’apprivoiser le "tu" de soi-même dont je suis dépourvue, parce qu’il faudrait pour me sauver que j’en sois enfin équipée : - Fais pas semblant, "tu" penses à lui.
    Alors j’avoue, Ben oui.

    (1) d’une maladie grave le traitement

    Voir en ligne : traces et trajets