fossiles de nous

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2017.11.28 | coincé dans les années 2000 (une réponse)

Pas osé sortir l’appareil photo hier dans ces pièces où Paul Coulet accumule près de 50 ans d’arpentage des montagnes d’ici, fossiles dont certaines variétés portent désormais son nom, la façon dont il raconte que la libellule n’a pas évolué depuis le primaire et le prouve par une pierre, ou de la différenciation sexuelle dans les ammonites dites déroulées. Ce qui est passionnant dans ces pièces, et le plaisir à y revenir, c’est comment toutes ses différentes collections s’imbriquent dans la même passion de savoir, celle que les instituteurs par exemples constituaient et transmettaient. Les séries ici s’entremêlent, les inventaires se chevauchent dans les mêmes caisses, sur les mêmes tables étroites – cabinet de curiosité de l’amateur, mais avec le même ancrage du regard qui scrute, ou bien de l’histoire à raconter, et des personnages qu’on y associe, dont chaque objet est la trace et l’accès. C’est le film, qu’il faudrait. On retient la voix, le regard, la beauté levée sous la lampe, autant que l’histoire terrestre devenue soudain verticale, presque monstrueuse, qui vous happerait vif à ces dizaines de milliers d’années de distance. Dans le couloir, entassés, les dernières acquisitions, par échange ou brocante (les amateurs de fossiles sont une sorte de confrérie internationale, s’expédiant leurs échantillons d’Australie à la Sibérie). Je me saisis d’outils agricoles étranges. Je n’y reconnais pas, tout d’abord, le repli perpendiculaire qui signe la provenance : lames de faux reconverties, en hachoirs, en planes, en simples couteaux. Paul Coulet le confirme : ce qui l’a intéressé, dans cette série (parmi dizaines d’autres séries montant au plafond dans les trois pièces), c’est comment on se réapproprie l’outil inutilisable, la lame de faux brisée ou trop usée. On les regarde longtemps – et ce qu’il faut d’artisanat domestique pour cette reconversion. Ce n’est pas le problème de Paul, mais sur la route du retour longtemps pensé à ce qu’on pourra reconvertir de nos outils, ceux-ci, ceux du numérique.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 juillet 2011
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Messages

  • Reconvertir nos outils informatiques ? Relire nos structures de données, émuler une fonction : interpréter ?

  • Hanche gauche un peu fossilisée, en effet, blocage qui gêne dans le sommeil et la montée des escaliers, alors piscine, qui nettoie aussi des images de la ville d’enfance et de la tension qui commence à monter : demain, premier de douze jours à ne faire, strictement, qu’écrire, en espérant qu’au 15 août le livre aura suffisamment avancé. Seul accompagnement prévu : les "vraies" cartes postales que j’ai demandé, sur Twitter, à recevoir. Si tout va bien, l’équivalent d’une par jour.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • il refait beau sur Paris (c’est pas dommage) on ressort les chapeaux (à la cité de la musique de la Villette l’expo sur Brassens pourrait être mieux, on y voit Patachou -dite aussi Henriette Ragon- c’est un autre style- qui lui coupe la cravate ce qui n’est pas très original mais on les aime tous les deux avec "maman papa" ou "le bricoleur")(la cinémathèque qui ferme pour 3 semaines, c’est à ne pas croire- assisté à une séance d’un "étranger dans la ville" avec Jospeh Cotten, Alida Valli-dans un fauteuil roulant- mise en scène Robert Stevenson, 1951 : aucun intérêt, mais dernière séance avant réouverture)

    • trois appartements à visiter, celui rue Verlaine demain après-midi aimerais bien habiter rue Verlaine aimerais bien enfin trouver devient pesant tout ça tout ce désordre dans ma vie logement travail

    • nous attendons devant le 10 de la rue Verlaine et le propriétaire ne vient pas ne viendra pas, en rentrant chez moi je relis et c’est 31 et non pas 10 , c’est pas grave 40 m2 c’est trop petit, demain j’irai en visiter un autre c’est tout près d’ici à côté de la boulangerie

    • un appartement du début du siècle dernier, voilà ce que nous visitons derière des volets fermés, ai du mal à croire qu’il était encore habité, le propriétaire me dit que je suis pointilleuse, et moi je pense que l’agencement particulier des pièces le jardin minuscule les grandes glaces ont un charme particulier, mais tellement de rénovations à faire, nous partons

    • il me suffit de traverser la place de la Croix de Bourgogne et voilà j’y suis à cinq minutes d’ici au-dessus d’une banque belle entrée, l’ appartement est encore habité il me semble agréable mais suis curieuse de le voir vide , ses hautes fenêtres doivent certainement rester fermées, beaucoup de circulation ici

    • ai rendez-vous à 16 heures arrive avec un peu d’avance, attends sous la pluie devant une porte avec un avertissement aux tagueurs, je pars vingt minutes après ne verrai jamais l’appartement sous protection avec " des caméras infrarouge pour diffusion à la police"

    • pensais visiter un appartement au rez-de chaussée mais non c’est au quatrième étage, une femme âgée me laisse regarder le pourpre des portes la salle de bain verte, par les fenêtres on voit le ciel, oui pourquoi pas le ciel, mais l’appartement ne me plaît pas même si vue aussi sur des jardins

    • visité deux appartements, le premier vraiment trop petit et le second rue de mon cinéma c’est à dire à deux minutes, l’appartement encore habité me semble bien mais bon voudrais bien le voir vide, vais réfléchir