2006.05.26 | hommes parqués avec écrans, suite


Sur quoi faut-il s’interroger : de comment se répandent ces dispositifs vitrés avec écran seul (halls d’accueil, parkings souterrains, recoins de gare et d’usine), ou de la pulsion d’en faire image, pour reconnaître son propre statut devant écran ?



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 26 mai 2006
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Messages

  • C’est un bon exercice :

    tentative de visualisation, depuis les petites lentilles des caméras sur lesquelles notre silhouette glisse. En frontal, souvent en haut d’un escalator : on n’y échappe pas, on y glisse, assez vite.

    On s’arrête sur un quai de métro, juste dessous une autre, on se dit qu’on n’est pas dans ce cadre-là mais une tache sur celle du fond, là-bas. Qui a fait les cadrages ? Est-ce que ça bouge, ça zoome, ou plan fixe ?

    Total de temps quotidien d’apparition anonyme sur ces écrans. Temps d’image pendant lequel je suis identifiable ?
    Peu importe : ces dispersions de gestes et de trajets restent heureusement moins lisibles que les divers numéros qui nous sont attribués. Les cartes nous suivent.

    Mais si c’était moi, dans la cage de verre ? Peut-être serai-je capable d’y voir ce qui de mes gestes ressort, comme la relecture beaucoup plus tard, dans un autre état d’esprit, d’un texte du tiroir du bas. Quelquechose de l’allure, la poignée de main décisive, les pas légers ou longs selon qui et où. Mais cela ne manquerait-il pas de recul ?

    Confier cela à un professionnel qui m’aide à décrypter les faux pas, optimiser les trajectoires, respirer dans les vestibules, ne pas paraître suspect, connaître mes ennemis, ne cogner personne quand les foules se croisent, n’être pas suivi dans les lieux désert. Un professionnel parqué pour veiller.

    Ou ne pas se soucier trop des traces éphémères, silhouettes de couloirs ; un sourire s’éteint, offert à l’évadé de la cage de verre.