bidonville, presque rien vu

sommaire & derniers billets, ou
une autre page du journal au hasard  :
2019.08.30 | après la fête

Depuis la fin officielle des bidonvilles de Nanterre, il est de bon ton de les considérer comme une espèce disparue. Pourtant, quand on tourne à Massy-Palaiseau pour rejoindre l’A6 vers le périphérique, sous les tabliers de béton il est là, le bidonville, énorme et pauvre, sale. Quelques secondes, les camions qui vous doublent, l’insertion sur l’autoroute, c’est fini, on l’a passé. Il doit y en avoir bien d’autres, sous les bétons, tout autour de Paris. Contraint à un aller-retour en voiture hier à cause de l’absence (justifiée, ô combien) de tous trains, je tente quatre photographies du bout du bras. Evidemment, elles sont floues, ou bien on ne voit rien. Rien de ce qui vous saute à la figure : la misère dans laquelle votre société peut rejeter ceux qui en sont au bord. Des quatre photographies, une seule où on voit quelque chose. Mais on voit quoi, alors ? Ça pourrait être un terrain de camping au bord de la Charente ou à la Membrolle-sur-Choisille. L’image me désarçonne. Dans Cendrars, un grand du paysage banlieue, il y a de façon récurrente le thème et l’exploration du bidon-ville. L’image ne prouve rien, elle serait même inutile. C’est pourtant une image qui atteste de l’immense et misérable bidonville sous les autoroutes, à Massey-Palaiseau.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 8 octobre 2011
merci aux 1031 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • sur la fresque des enfants, un terrain vague, une terre dévastée, un territoire d’abandon.

    • Bonjour,
      quelques mois depuis mon dernier passage vers Paris, il a grandi, c’est inquiétant et j’y pense souvent. Que faire ? Acheter une pleine page dans le monde pour y mettre une photo et crier au secours ? Trop cher. Sur Face Book, je n’y suis pas et je doute de l’efficacité. Et des bidonvilles comme celui là, il y en a d’autres...

      Bénédicte

  • la photo c’est compliqué (ces temps-ci, je suis fatigué, c’est bizarre le truc, c’est peut-être cette entrée d’automne, ces jours qui s’amenuisent-dlamerde-, autre chose ?) en tout cas, j’essaye de prendre des photos à l’aveugle -ce nouvel appareil à déclenchement tactile est d’un chiant mais n’importe (ici un femme dans le métro qui lit ce livre au titre magnifique "comment je suis sortie de mon corps" mais on ne lit pas bien) (en même temps on n’a pas envie de le lire, je sais bien)

    • d’un autre côté quand on ne se cache pas, le public se sent fondé à tourner son regard (?) face caméra et ça fait un peu téléphoné (le jeune garçon qui accompagne le type fixe mange un maïs, on en vend au faubourg, les flics passent et volent la marchandise, la détruisent, embarquent le contrevenant, c’est à ça qu’on les paye - ils aiment leur travail, ça se voit- et que servent les impôts-entre autres)

    • il y a de plus en plus de ces signes extérieurs d’appartenance, ça s’exacerbe, ça n’existait guère que chez les mendiants, maintenant femmes et hommes imaginent se trouver à la mode, up to date et élégants en arborant ces oripaux de la morale religieuse (on voit par là que le ridicule ne tue pas) (il y a là quelque chose de moderne et d’actuel qui fait sans doute pièce à l’effroyable individualisme et à la concurrence exacerbée à laquelle se livrent traders et autres financiers de tout poil) (envie de gerber tout à coup) (à l’aveugle mais on voit quand même ma veste en tweed à 20 euros chez ding fring-je l’aime bien à cause des fins traits bleus qui l’embellisent)

    • c’est la dernière nuit près du jardin sauvage alors ouvrir la fenêtre regarder les étoiles deviner les croisées de tiges sombres les roses effacées, c’est la dernière nuit

    • les cartons terminés fermés, qu’est ce que j’emporte là-bas dans le/ mon nouvel appartement, et les mots les plus touchants venus de ma mère " et ce que tu écris tu le mets où ? ", oui continuer à écrire là-bas près d’un nouveau jardin sauvage

    • première nuit dans l’autre appartement au jardin sauvage, beaucoup de rêves et un sommeil plus long, ici état des lieux à 17 heures, et mon colocataire qui vadrouille une dernière fois dans son territoire

    • ben non pas d’état des lieux car dans l’appartement le/mon bureau pas encore déménagé interdit monsieur le propriétaire de faire l’état des lieux, je ne dis rien elle elle parle d’une voix ferme, mais moi je ne dis rien je n’ai rien à lui dire, pas facile de déménager sans voiture, porter le bureau sur son dos ?

  • on les distingue à peine (le zoom est un peu léger) mais elles se sont posées sur la grue en face, en attendant (le gris du ciel est perceptible) (ce qu’il y a de bien avec les primaires, c’est qu’on est sûr qu’une socialiste -ou un- sera élue) (pour une fois, je veux dire) (encore que si c’est l’ex à ségo, ce soit pas tellement avéré) (qu’il soit socialiste je veux dire) (enfin je me comprends)

  • Nagé trois fois cette semaine, même rythme que lorsque j’ai commencé, il y a quatre ans. Aujourd’hui, j’y vais dans le souvenir des lis et des roses offerts hier après une lecture. Le bouquet embaume pendant que j’écris.

    Voir en ligne : Fenêtres open space