géométrie camions


Toute la journée d’hier a été merveilleuse par ce brouillard sec qui gommait le monde dans une blancheur uniforme et mate, continue. Sur l’autoroute, longtemps suivi ce camion, parmi tant d’autres repéré pour ce rapport des couleurs rouge et jaune, et leur géométrie oblique et croisée. Parfois tout le mystère du monde. Une énigme, mais une énigme non effrayante. Je fais de plus en plus de photographies au volant, elles sont rarement intéressantes au retour, mais je sais ce que j’y cherche.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 24 novembre 2011
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Messages

  • il y avait une chanson qui disait "c’est la femme aux bijoux, celle qui rend fou c’est une enjôleuse, tous ceux qui l’ont aimée/ont souffert ont pleuré/ elle n’aime que l’argent, se rit des serments, prends garde à la gueuse/ le coeur n’est qu’un joujou/pour la femme aux bijoux" : croisée dans le métro, elle n’avait l’air de pas grand chose, blonde probablement slave, la croix appartient au sac (c’est du joli) la montre, la bague (ah la bague, la chanson "la bague à jules" quelle merveille...!)

  • c’est le frangin qui tape soixante deux, c’est le froid qui vient, demain on s’en va, on revient samedi soir, la belle vie (moi j’adore partir, c’est pour mieux revenir je suppose, je suis d’un casanier des fois), j’ai fini mon article travailler- ça me fait plaisir- un autre s’annonce je suppose répondre avant le vingt décembre, on va réfléchir, en séminaire "le goût des autres", mon voisin était un vieil homme qui a eu travaillé avec Sacha Guitry (j’adore ça, on se sert la main, on rit des mêmes choses mais 78 aux pelottes, "vingt ans, me dit-il c’est toute la différence"...) (mais non, c’était hier avec ce ciel bleu, aujourd’hui temps de chiottes)

    • pendant ce temps-là sur le boulevard ça bosse ça commence ça va avancer (va falloir tenir la cadence, c’est loin de chez moi et je n’y passe pas (enfin loin, faut s’entendre, une station de métro c’est pas le bout du monde) (non, mais presque) (et je ne vais pas prendre de photos, en réalité, j’en prends quand je passe-et là je ne passe que rarement) (au premier plan, les caisses des travailleurs)

    • et pendant ce temps-là, on pose sur les murs des tissus translucides (sont même pas tissés) des bâches (peut-être pas vraiment pour protéger les graffs, pas sûr) j’ai toute ma saisie à faire ; je dois bosser et trouver du boulot ; j’en ai plein le dos (m’en fouts, demain je me tire : c’est déjà demain, je me tire)

  • Je vais devoir m’arrêter car le feu passe au rouge.

    A Paris, le 22 novembre dernier, boulevard Beaumarchais, je prends une première photo, elle pourra toujours servir sur mon blog
    (l’idée vient souvent de l’image/magie).

    Une seconde plus tard, le bus qui arrive coupe la circulation, il se dirige vers le Marais, j’appuie à nouveau sur le déclencheur.

    Sur autoroute, la noria des camions est plus variée (mais attention aux repérages gendarmesques sur le Net).

    Je me souviens d’un camion qui affichait la marque Melmoth (il faudrait rechercher dans Le Chasse-clou), j’avais ralenti pour le suivre et le photographier dans son apparition soudain fantastique.

    Il m’est arrivé de capter aussi des vidéos depuis ma voiture, comme tout un chacun. Mais ils n’ont pas encore interdit tout ça ?

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche