2007.07.12 | toits de Fribourg


J’étais venu déjà il y a cinq ans à Fribourg pour deux sessions de trois jours. Drôle de coutume, en Suisse, qui serait bien incongrue en France : en juillet, les enseignants d’école, collège et lycée consacrent quelques jours à la formation, on se retrouve à quelques dizaines d’ateliers dans les locaux de la Haute Ecole Pédagogique, un peu comme nos IUFM, qu’ont quittée les étudiants.

Nous sommes quinze, pour deux jours, dans une salle de musique, avec piano et vibraphones. J’ai apporté Tarkos, Perec, Artaud, Duras, Juliet, Michaux, je cite dans le désordre. Deux jours, c’est bien court. Essayer d’avoir contact avec comment la langue s’assemble, et le travail qu’on doit autoriser en soi dans l’instant où, imprévisible, elle s’assemble.

Je n’aurais pas su reconstruire, à cinq ans de distance, les itinéraires. Quand je marche sous la pluie, hier soir dans la nuit au sortir de la gare, ou ce matin de l’hôtel à l’école, je retrouve non seulement le chemin, mais le souvenir précis de tel arrangement de toits ou de rue, la fontaine de Tinguely ou un brocanteur spécialisé dans les vieux matériels électriques.

Ville étrange d’être de langue symétrique : les deux langues coexistent, se croisent indifféremment, jusque dans les couloirs de l’école. Et cet étagement vertical, avec l’enfoncement sinueux vers la ville basse, donne des envies de relire Hoffmann (en fait, ce soir à l’hôtel, je lis Le roi vient quand il veut, à paraître, de Pierre Michon, et Politique de la littérature, de Jacques Rancière.


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 12 juillet 2007
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