chiens, rois, tracteurs


Les festivités marchandes sont finies, au supermarché. On brade tout, les pauvres chapons tués pour rien, les kilos de foie gras inaccessibles, et les livres qui restent. Piles en promotion. Mais les livres d’utilité, les livres qu’on offre parce qu’on sait que la personne s’intéresse à. C’est là que moi je revendique. J’ai photographié beaucoup les tracteurs, beaucoup les chiens, et pas beaucoup les rois (j’ai pas eu trop d’occasion). Mais moi, c’est mon rêve, d’écrire ces livres-là. Des livres qui vous font pas mal dedans. On se lève le matin, on se met à son livre sur les tracteurs, les rois, les chiens et on fait ses 4000 mots. Ça n’empêche même pas d’écrire à côté pour soi. Mais sait-on qui les fait, ces livres ? Moi je dis, moi je revendique : ils devraient être réservés aux auteurs ayant fait leur preuve – vous voyez un peu comme les auteurs éligibles dans Wikipedia, artistes de l’écrit juste avant les artistes de la pornographie, et les animaux sportifs (éligibles au même titre que les autres sportifs). Les livres utiles, c’est à nous qu’ils devraient être confiés, un pour gagner notre pain, deux parce qu’on saurait les faire bien. D’aucuns feraient les rois, d’aucuns les chiens chats poules lapins (et même les hérissons), moi je ferais les tracteurs. Par pitié, aidez-nous, confiez-nous le livre utile, le livre des supermarchés au lendemain de Noël.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 9 janvier 2012
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Messages

  • Puis, un jour, on se retrouve soi-même en solde dans un Canadian Tire de la couronne nord de Montréal et on se demande si ce n’est pas une bonne façon de rejoindre son public.

    Voir en ligne : http://oreilletendue.com

  • J’allais écrire mon journal de la nage mais, suite au billet de François (avec lequel je suis tout à fait d’accord), ne peux m’empêcher, moi aussi, d’offrir mes services.

    Je déclare donc ici très solennellement que peux écrire sur : les piscines du nord est parisien ; les tubes des années 80, catégorie chanson française (imbattable depuis mon séjour prolongé à l’atelier de la bibliothèque de Montreuil) ; les façons inavouables de gagner de l’argent (actualité brûlante) ; Marlon Brando et Richard Widmark (évidemment) ; Les Demoiselles de Rochefort ; les gares parisiennes ; le wifi à Montreuil (une seule page) ; les marchés aux puces ; les centres de thalassothérapie (si on m’offre de les tester tous, guide exhaustif, bien entendu) ; les hôtels de luxe (idem) ; les terrains vagues ; les fenêtres ; l’éclairage public ; le mobilier urbain ; le design des salles de bain (déjà fait, en plus !) ; les trésors cachés du Louvre (idem, ou presque) ; les séries télés américaines (ah non, ça, déjà fait aussi, et je ne veux plus en entendre parler...)

    Sans rire, figurez-vous : la question est tout à fait d’actualité - voir dans quelques instants le journal de la nage.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • Retrouver un rythme plus soutenu de nage, je sens qu’il va falloir. La #viedelectrice fatigue, et voici qu’apparaît la #viederelectrice : ou comment relire (voire réécrire) les mémoires d’un vieil homme charmant, mais dont les opinions politiques... bon, je n’insiste pas, ça vaut mieux.

    Voir en ligne : Fenêtres open space

  • nous échappent : voilà un meuble neuf abandonné en pleine rue... c’est quand même triste et ça prouve que Noël est passé (ça n’a pas l’air mélancolique, comme ça, esseulé là ?) (le plan de monsieur très gentil et tout ça de la nageuse est lourd de fiction il me semble... on attend la suite)

  • (le #212 est en fait le #214) (on peut se planter) (ces deux-là croisé en allant des halles au BHV pour chercher du crin) c’est calme, mais je dois faire les comptes et ça me fait un petit peu (je dois chercher du boulot surtout) (je suis fatigué) (rue des juges consuls)