il faudrait que je sache l’adresse de son blog


C’est vers chez Cabrel, celui qui chantait Quelque part sur la terre. Le couple d’agriculteurs, elle en tablier, lui avec sa casquette. Ils sont venus avec la brouette. La tâche qui les amène est précise, mais je ne suis pas assez savant pour la reconstituer. C’est peut-être lié à ce filet déroulé qui crée une trace étrange. L’autre couple, des retraités. On est sorti marcher, plutôt que rester enfermé. On n’a pas tant de but de sortie, dans le village. Au fond, l’entrepôt Suzuki, probablement pour toutes ces petites machines agricoles. Les maisons années 70 sont bâties sur le même modèle. Ils sont venus jusque dans ce bout de champ pour parler un instant. Elle a un anorak bleu et un bonnet parce que c’est l’hiver. Alors, la dame en tablier nous désigne, nous, dans le train. Qu’est-ce qu’elle a vu qui me concerne, puisque j’y suis, dans le train ? Moi qui la photographie ? Peu probable. Agatha Christie a joué de ces instants-là (Le train de 5h25). Ou bien, si alors je m’étais levé et que j’étais allé voir dans le compartiment d’à-côté, j’aurais vu ce qu’elle montrait ? Il faudrait que je sache l’adresse de son blog, à la dame, et le nom du village.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 28 janvier 2012
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Messages

  • D’ici, la dame en bleu et rose, on dirait ma tante, celle qui ne sait plus qui je suis ou qui pense, c’est selon, que je suis quelqu’un d’autre que je ne suis pas mais elle elle croit que si et ça semble la rendre contente alors ok, je suis celui qu’elle veut, on dirait ma tante donc et ça pourrait parfaitement être elle et les gens autour d’autres que je connais et la brouette même, celle que j’ai vu derrière la grange la dernière fois et le champ, un de ceux que je connais.
    Ce qui change c’est le hangar Machin-bidule là que des comme ça on en a pas dans mon pays à moi parce que ceux dont j’ai image ou souvenir sont des trucs à moitié pourris qui s’effondrent presque et dont le toit souvent fait de bandes de goudrons est tout mité, oui, vraiment, le seul truc qui change, c’est ça et puis peut-être ce filet que des comme ça encore, pareil, chez moi, on en a pas parce qu’il n’y a rien à attraper.

  • Près de la gare de l’Est (complément indispensable d’un train : le butoir final), il y a toujours la petite boutique de cosmétiques.

    Je me dis que ces paysans rassemblés comme dans le tableau de Millet - l’angélus sonne-t-il encore dans cette campagne ? - sont captés comme dans un panoramique qui les survole, identique à celui qui nous emporte quand le métro "aérien" frôle certains appartements et que l’on peut apercevoir leur intérieur, par exemple en allant vers Pigalle.

    Le métro ressemble à un train en réduction... mais il n’existe plus beaucoup de paysans de Paris.

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche

  • je suis allé voir "la Folie Almayer" de Chantal Akerman (je l’aime beaucoup) (elle et son derneir film), c’est une merveille (lente, certes, mais comme le fleuve) (les deux derniers plans sont simplement sublimes) (le plan où on sent passer de vie à trépas Lingard est tout bonnement génial) : pendant la séance au début de laquelle nous étions une trentaine, la moitié de la salle est sortie, ce qui prouve, s’il en était besoin, que le monde est aussi peuplé d’imbéciles (on le savait quand on voit l’objet qui se prélasse au palais du faubourg saint-honoré)(dans cent jours, on n’en parlera plus que comme d’une mauvaise maladie) (en photo la réalisatrice en juin dernier à Beaubourg)

  • il est écrit sur le muret à gauche du chantier boulevard : "ce n’est pas toujours l’exploitation de l’homme par l’homme parfois c’est l’inverse. Zoo Project janv. 2012" (le même sur le chantier faubourg "Gare aux Gorilles" barré les "gorilles" écrire "hommes" en dessous) (c’est le TàG qui a mis sur son billet pour la todoliste une musique magnifique : http://doha75.wordpress.com/2012/01/29/christine-jeanney-en-tete-de-liste/#comment-4316)

    • (recadré pour y voir l’écusson des deux chevrons pour l’hôte de ce petit journal) je suis allé voir California Split de Altman (1974, Elliott Gould et George Segal entre autres) à la cinémathèque et je ne sais pas, mais ce lieu a quelque chose d’indéfinissable entre l’ignominie et la vraie espérance (j’aime particulièrement jean-claude-est-ce jean claude- qui s’installe au premier rang avec quelque pochon et probablement mange en regardant le film, les pieds nus dans ses chaussures made in China à deux euros) (je déteste particulièrement les hierarchisés qui se permettent de demander leurs papiers d’identité aux futurs spectateurs qui ont acheté leur place par internet : c’est juste à vomir, et ça fait exactement penser aux moeurs qui régissent le "milieu" du cinéma - du type il n’y a que ceux qui travaillent qui travaillent- ou les vacances aux Seychelles avec les indemnités chômage car toute journée commencée est due- ou encore la journée de travail à deux mille euros pour réaliser ce qu’ils appelaient des "réality shows")

  • J’ai l’impression que la clôture entre les deux champs est toute récente (pas de mauvaises herbes au pied, tout est nickel) et donc le filet, je me demande si ce n’est pas plutôt une sorte de grillage pour finir la clôture ou alors effectivement un filet pour faire obstacle à certains nuisibles (à poser à la base de la clôture, voire en l’enterrant un peu). Par contre, c’est vrai que c’est bizarre que le filet déroulé soit aussi loin du bord. Mais le vent a pu l’emporter.

  • je cherche du boulot, c’est mon travail, et ça me fatigue (j’ai rencontré le frère d’un auteur, j’ai échangé avec lui le livre de son frère et celui du mien, on a parlé de Venise, des vieilles gens qu’on côtoie et qui vont partir évidemment, il n’y a qu’une chose dont on soit sûr, on va lire le bouquin, dans la même collection que celle où P. Bergounioux, ou P. Michon relatait qui Rimbaiud, qui Faulkner, j’écoute Dexter Gordon chez KMS ou Duke ou Count chez le TàG, il fait un froid de gueux, ça a quelque chose de vivifiant mais aussi quelque chose de terriblement blessant, je pense aux types qui dorment dans la rue, je suis fatigué là) (il est tard) (j’ai sommeil) (photo due à l’Employée au Palais Royal, "Jules Tournier et Fils" pour un magasin de fils, ça se pose là) (merci MS)