tellement c’est triste sur la fin du film

Aujourd’hui pas de "petit journal", mais cette magnifique photo qui apparaît sur le site frère desordre.net.
© François Bon _ 1ère mise en ligne et dernière modification le 18 février 2012.
Merci aux 428 visiteurs qui ont consacré 2 petites minutes au moins à cette page.
Merci aux 428 visiteurs qui ont consacré 2 petites minutes au moins à cette page.

Messages
1. tellement c’est triste sur la fin du film, 18 février 2012, 12:08
ce sont les chiens qui ont le pouvoir, il en est ainsi mais ça ne nous empêchera pas de nous battre. Avec toi. Et merdocons.
2. réseau, 19 février 2012, 00:10
depuis quelques temps, le boulot c’est pas ça (mais je ne désespère pas et je bosse comme un malade) (ça m’arrive, le truc à faire en quinze jours, j’établis je constitue je rends compte) (ça me fatigue mais c’est comme ça) je regarde le monde qui passe, j’ai appelé C. au téléphone, elle est à l’hospice (on ne dit plus comme ça, on dit maison de retraite) (c’est mieux dit mais c’est la même chose putain), j’aurais mieux fait de ne pas (m’a à peine reconnu, glaçante et glacée brrr) c’est que ces choses-là, quand elles vous frôlent, il faut y faire attention elles laissent toujours quelque chose et pour s’en défaire, il faut faire, faire et encore faire (alors je bosse, je bosse)
3. journal de la nage #51, 19 février 2012, 14:59, par Anne Savelli
Que la surface de l’eau, que la peau, les muscles, le front, que tout cela contienne ce qui me déborde, m’échappe. Privée de perspectives, d’énergie, me sens privée de réel. Le voilà tout simplement a-to-mi-sé.
4. je me souviens #58 (la poésie, c’est pas connu... du tout...), 19 février 2012, 17:38
des fois, il le faut, alors voilà (et merci à Ruelles pour son siège rond qui m’a fait souvenir de ça) : un poème,les assis, dans domaine public ou bien ? (je me souviens, la bibliothèque de la rue de la préfecture, juste en face de cette ignominie de nos jours, à côté du musée, les choses sont comme elles sont, de temps en temps la terre tremble...). Pour Rimbaud), alors
Les assis
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;
Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S’entrelacent pour les matins et pour les soirs !
Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud.
Et les Sièges leur ont des bontés : culottée
De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ;
L’âme des vieux soleils s’allume, emmaillotée
Dans ces tresses d’épis où fermentaient les grains.
Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes,
Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour,
S’écoutent clapoter des barcarolles tristes,
Et leurs caboches vont dans des roulis d’amour.
Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage...
Ils surgissent, grondant comme des chats giflés,
Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage !
Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés.
Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves,
Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors,
Et leurs boutons d’habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l’oeil du fond des corridors !
Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l’oeil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir.
Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales,
Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever
Et, de l’aurore au soir, des grappes d’amygdales
Sous leurs mentons chétifs s’agitent à crever.
Quand l’austère sommeil a baissé leurs visières,
Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés,
De vrais petits amours de chaises en lisière
Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ;
Des fleurs d’encre crachant des pollens en virgule
Les bercent, le long des calices accroupis
Tels qu’au fil des glaïeuls le vol des libellules -
Et leur membre s’agace à des barbes d’épis.
(en photo le carnaval sur le faubourg, là, on se demande à quoi ça rime mais on s’en fout, ça fait du bruit... j’aime Léo en tout cas)
1. je me souviens #58 (la poésie, c’est pas connu... du tout...), 20 février 2012, 22:36, par Anne Savelli
Tiens, le carnaval, on a dû se croiser une fois de plus, j’en étais sûre (mais ai vite bifurqué).
Voir en ligne : Fenêtres open space
5. immeuble fbg/bvd 130212, 20 février 2012, 15:32
ce matin, vers 5 heures et demi, je me suis réveillé et j’ai pensé à cet homme qu’on réveille, qu’on transporte vers la salle d’opération, on va lui changer une valve, un pace-maker sans doute, un morceau d’aorte, quelque chose de ce genre, une opération lourde, quelques heures, faire circuler le sang, les kilos perdus, pour avancer encore, j’ai pensé à ses enfants j’avais comme un peu froid, tout à coup, il faisait encore nuit, j’ai mis un pull, recommencé à lire la biographie de Visconti (il a quelque chose qui ne me plaît pas ce garçon-là - non pas ses moeurs qui ne sont pas les miennes- mais cette manière de prétention, ses "j’ai besoin d’un bain chaud" jt’en foutrais moi, en pleine guerre enfin, passons) et je me suis rendormi ; à présent il est en salle de réveil, tranquillement probablement, et dehors le soleil brille (on commence à bâtir l’immeuble sur la rue, au fond c’est avancé)