vous invite à son barbaquiou


J’avais remarqué ça au Québec : même lorsqu’il s’agit d’un habitat collectif, il y a le BBQ (ils disent comme ça) ultra-moderne installé sur le balcon, et quand on traverse les alignements de maisons individuelles ils sont bien alignés aussi. Mais c’est très bon quand on est accueilli chez des amis, donc je ne critique pas : juste, je m’imaginais une sorte de fidélité urbaine à un rapport que nous autres aurions perdu, où la nature a un rôle différent. Mais là, samedi, dans cette incursion utilitaire vers une des grandes jardineries de la zone (avec son rayon jouets, son rayon livres, son animalerie remplie de poissons chiens rats lapins), surpris de voir qu’ils étaient arrivés d’Amérique, grand troupeau sur roulettes, presque aussi gros et chers qu’une voiture – donc encore plus amérincains que chez les copains amérincains –, par paquet de quarante, tous prix toutes dimensions, la modernité en évidence, manquait juste la viande en plastique pour faire semblant mais les sarments de vigne artificiels et ainsi de suite, tout était livré – ajoutez le parasol planté dans l’intérieur du bâtiment pour vous faire comprendre que vous voyez quelque chose qui est à l’extérieur (comme le tapis fausse pelouse) : l’invasion est prête ! Avant on avait un voisin comme ça, heureusement ils déjeunaient tardivement, alerte aux fenêtres, chaque dimanche ça empuait tout le quartier. La France s’est mise au BBQ, vive la saucisse, le pernod et la vie sauvage au grand air.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 avril 2012
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