à la tonte tout le monde


Dans ce raid samedi à la jardinerie de la zone sud (je ne jardine pas, mais y avait quand même des trucs à acheter), déclenché aussi l’iPhone sur cette tondeuse rechargeable qui marche toute seule dans votre jardin (pour vérifier que ça marche, passer la souris sur l’image). J’avais déjà vu ça pour des aspirateurs. Les agriculteurs de la Beauce devraient s’en munir pour leurs céréales. Enfin là, sur un faux gazon de plastique, ça marche très bien, effectivement, et le mec derrière ben il peut lire son livre avec son Kindle derrière la tête, comme Jimi avec sa guitare. Je sais pas s’ils en vendent beaucoup – on trouve toujours ça un peu louche, le vrai travail qui se fait tout seul. N’empêche, j’en achèterais bien une, ou deux, ou dix : mon portail est toujours ouvert, elles partiraient le matin, elles nettoieraient la ville. Crottes de chien, impolitesses, trucs qui font trop de bruit, titres de journaux qui plaisent pas, tout. À la tonte. À la tonte la ville. Elles reviendraient le soir, bien sagement, on leur viderait le ventre dans la poubelle du mercredi, la poubelle aux déchets végétaux dont je ne me sers jamais, ne jardinant pas.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 25 avril 2012
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Messages

  • La vie de la ville nous offre parfois de l’art tout cru qu’un artiste même doté d’un excellent talent aurait du mal à concevoir.

    Je bondis sur la franche proposition de dernière minute d’un ami pour après le travail tenter d’avoir une vie : ciné, boire des bières, refaire un peu du monde, tenter de croire en un avenir potable. Je crève d’un certain manque de l’amour, mais y a pas, les potes, c’est bien. Et c’est parfois en jouant les remplaçants qu’on marque les plus beaux buts.

    [photo : mercredi 25 avril 2012, vers 19h20, rue de Ponthieu, Paris VIIIème]

    Voir en ligne : traces et trajets

  • (en droite ligne via apap : merci) de retour, ce sont les impôts les impayés et les ennuis financiers (toujours pas payé, c’est du propre) (il a plu) (météodemerde : la faute au sortant) (c’est petit mais c’est comme lui) une sorte de fatigue ; mais un livre sur le fado (éditions Chandeigne, 25 euros, avec un disk qui tourne en même temps) (en bas, image suivante, on tourne)

    • ça ne fait rien, l’as a appelé, j’ai rappelé elle sera là le 2, il y a des cavalier à la cinématèk, en bas le type qu’on voit monté sur la petite valise noir fait comme s’il téléphonait, crie "pauv con reviens !!" dans la rue, les petits qui jouent au ballon regardent de loin, je travaille quand même mais c’est plombé, je suis fatigué, une longue fatigue qui vient de loin (remember, ça me fait souvenir de cette chanson, higelin, areski, ou maurice fanon ? je ne sais plus, mais cette ambiance-là ; ce n’est pas le temps qui passe, c’est celui qui ne passe pas)

  • En réponse à l’ami Chasse-Cllou, cette image capturée il y a quelques jours dans le métro, changement et voile de Caravelle, les couleurs qu’on aime à opposer aux esprits exigus de nos contemporains qui ont peur de leur petite et mesquine ombre toute rabougrie des propos de la fille de qui on déteste de savoir l’existence

    • @ cher anonyme (et PdB reconnu) : merci pour le salut en passant (cet après-midi j’étais au cinéma Grand Action pour revoir "Le Solitaire" de Michael Mann), oui, ces couleurs leur crachent à la gueule, à ces racistes aux petits pieds, à la petite semaine, et au "procès stalinien" - dernière invention livrée depuis la capitale de la moutarde - dont ils se gargarisent avant d’avaler enfin de travers, et de s’en étouffer, le 6 mai prochain.

      Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche

  • @ f. bon : comme la guitare de Woody Guthrie, une machine automatique à "killer" (ou raser) les fachos, et apprentis de dernière "minute", serait la bienvenue : je pense que l’entreprise Kärcher® ferait bien de prendre rapidement le vent de l’Histoire qui s’est levé en France et d’en mettre un prototype coupant sur le marché destiné au grand public.

    (Photo prise le 24 avril à Paris.)

    Voir en ligne : Le Tourne-à-gauche