iPad sur l’autoroute


Il y aurait une histoire à faire des instruments de communication sur lieux de transit. Je me souviens de ces fax à clavier en métal et papier thermique qu’on trouvait il y a 15 ans sur les aires d’autoroute, pour les dépannages express. Je me souviens aussi des cabines surchauffées en bouquet par trois, des appels en PCV, et de comment on essayait de les secouer si elles étaient en panne. Quand je m’arrête sur une aire pour un café, parfois je descends l’ordi : on commence à fréquemment trouver de la wi-fi dans les cafétérias, mais pas tant que ça. Par contre j’ai la clé 3G et c’est bien de revenir dans son jardin web une minute, articles de journaux, blogs des copains, c’est ce qui repose le mieux avant de repartir. Donc, en ce cas, pourquoi aller dans la cafet avec leur fond de musique imbécile, je reste à mon volant. Une autre histoire qui serait à faire, celle des supports pour appareils électroniques mis en service public. J’en ai photographiés pas mal sur ce site (resterait à les retrouver, j’aime bien l’idée – de plus en pus – que l’accumulation qui se fait aussi perde ses traces à mesure, et coïncide avec ce que moi non plus je ne sais pas retrouver de ma propre mémoire des petites choses), par exemple fac de Tours ou fac de Poitiers ces bornes pour écran d’ordi indestructible. Là, avant même l’usage qui en est proposé, c’est le support fixe qui enferme et présente à la fois les 2 iPad qui frappe. La 2ème chose qui frappe, c’est les 2 chaises, avec décalage de hauteur. Vous venez faire 5 minutes de web d’accord, c’est un droit (il y a aussi les prises pour recharger les téléphones, maintenant ça se répand dans les gares aussi, alors qu’autrefois quelle galère), mais vous pouvez venir avec vos gosses (ils peuvent faire ça ensemble), ils auront l’iPad position basse tandis que vous prendrez l’autre. Mine de rien, nouvel axiome : les gosses et l’ordi ça respire de source. Mine de rien aussi, la banalisation même de la notion d’interface : vous avez un écran tactile, vous saurez bien trouver le navigateur (pas été voir ce qu’il y avait à disposition), et normalement ça vous suffit, exit la spécificité de la bécane, au profit d’un universel de la connectivité, et de l’usage du web via navigateur. Enfin troisième axiome : merde aux aéroports et chaînes d’hôtel comme Mercure qui s’obstinent au wi-fi payant pour usagers otages, ça ne fait absolument mal à personne de vous laisser faire un peu de web, et retrouver votre tribu ou le grand dehors du monde pour un instant, c’est une fonctionnalité finalement du même type que les toilettes ou les distributeurs de boisson. Et donc le paradoxe : que je n’aie même pas besoin du service ici proposé, alors qu’il m’aurait semblé tellement époustouflant il y a ne serait-ce que 3 ou 4 ans. Ou bien, dans l’image ci-dessus : la surface à se connecter se greffe d’elle-même entre soi et le grand dehors du monde. Finalement, même en voiture ou en ville, c’est un peu toujours ça mon paysage, par la possibilité de se connecter où qu’on soit (vécu l’expérience inverse au mois d’août, quand le petit détecteur du téléphone n’affichait même pas le E de edge).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 août 2012
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Messages

  • ça construit, (cours des Etats Unis, sur le fauvourg, tout est détruit à l’intérieur) (hier, et avant hier ils installaient une grue - travail de mecs, genré à fond la caisse) le type qui vit en tongues, qui a deux magasins (je poserais les noms de ces enseignes) doit être pako ou quelque chose srilankais, j’en sais rien (je ferais une phopto à l’occasion, j’achète mes piles chez lui) "ah on, moi je ne ferme pas le magasin, je ne ferme pas" a installé son étal sous la grue qu’on voit ici du haut de la rue )-ciel bleu, bientôt les parigots tête de veau seront de retour, on sent frémir les voitures, les camions, les bus (on est rentrés, on est bronzés, on est rentrés bronzés)

  • (la version de Cortez the Killer donnée par KMS est magique) ciel gris, ils sont venus ils sont tous là, la grue est montée, ça va bosser, il y a de la viande soûle dans la rue, le soir, des cinglés parce que c’est la ville (il y en avait aussi à la campagne) ce n’est pas que je n’aime pas ce qu’on s’ingénie à nous asséner comme "la rentrée" je m’en tamponne, je ne suis pas sorti, mais il y a un parfum difficile (hier, mon pote & me parle de ses difficultés de trésorerie ; je vois mon compte en banque découvert à 5 chiffres, on ne paye plus ? si, si, ça va venir...) (je ne suis pas tout seul) (lettre recommandée qui réclame des impayés indus, zont que ça à foutre, les assureurs jte jure)

  • vous êtes mignonne mais c’est pas suffisant - elle visage édenté - vous aimez la photo c’est pas beau ça elle montre le chantier - oui j’aime bien la photo du quotidien - venez chez moi j’ai quarante cinq ans de quotidien et les fusibles les fusibles ... les ingénieurs sont intelligents mais c’est pas suffisant - le chantier écriture est loin d’être terminé -

  • combien de mots ou photos d’apeineperdue postés depuis mon volant voiture stoppée aire d’autoroute places en épis station essence devant
    en boutique chercher un café et des biscuits et se rassoir naviguant ici ou ailleurs tentant de rattraper tout ce que je laisse passer faute de temps
    et l’ipad emporté pour les voyages plus longs mais sans connection 3G alors juste lire et écrire avec
    (au café perdu l’ipad en accès libre aux clients on a essayé pendant un an sans succès rien personne ni lecture ni recherche chacun ayant la 3G sûrement)

    Voir en ligne : http://apeineperdue.blogspot.fr/

  • c’est assis, bronzé, ça porte des lunettes biocolore facture pseudo ancienne, montre au bracelet jaune (on en trouve à cinq dinars dans les souks), un polo rose sous un pull pastel dans les bleus gris du pantalon de lin, négligemment jeté sur les épaules (le pull, pas le pantalon) (on peut admirer le revers qui sent le faiseur), des mocassins en peau retournée, ça ne descendra pas rue du Bac, mais ça restera lire son livre... on s’interroge un moment : ça lit quoi, ce type d’autochtone ? On se perd un peu dans certaines conjectures (pas Balzac, peut-être Djian...) et puis voilà ma station, je descends, il me montre la couverture de son livre sans le savoir "michel onfray", j’aurais du m’en douter

  • le voici qui vient directement de Thasos, apap s’y rendait pour minimum la deuxième fois, moi je prépare un voyage pour le mois de mai qui fera athènes salonique istanbul (je m’en fous si c’est loin, et dans l’espace et dans le temps, je m’en fous si j’ai pas la queue d’un euro pour, je m’en fous je prépare) (merci apap, je ne sais s’il passe par ici)

  • un deuxième qui me fait penser à ceux qui gardent l’Arsenal à Venise (c’est la Mostra, tiens même si c’est au Lido, j’aimerais y aller, j’ai autant de plaisir à y penser que lorsque je pense à Cannes) (je suis allé voir "Le Mystérieux docteur Korvo", en anglais "Whirlpool", Otto Preminger, 1949- qui n’est pas si mal même si les acteurs je ne les aime pas, José Ferrer-le gentil psychanalyste- et Richard Conte-le méchant hypnotiseur)(y’a aussi Gene Tierney, faut reconnaître)(merci à apap)

  • c’est pleine lune ces jours-ci il me semble, je me suis payé le Lotus 7 de madame Jeanney (j’aime "Le Prisonnier mais je préfère "Destination Danger" remarque, avec le générique "tous les gouvernements ont leurs services secrets... -etc- oh je me présente, mon nom est Drake, John Drake..." c’est générationnel, j’avais 8 ans quand ça passait dans le poste ; remarque que je le regardais pas avec mon père-l’aimait pas trop la télé celui-ci, enfin si, sauf en hiver jusqu’à ce qu’il fasse installer un chauffage au gaz dans le salon de la maison de la rue lemerchier)