division des questions


Je n’ai jamais trop compris à quoi servait le Sénat. Quand Jospin avait proposé de le supprimer, j’avais trouvé ça bien logique : ça coûte cher, ce truc-là, par rapport à ce qu’on en tire. Las, c’est Jospin qui s’y est cassé. Pour entrer c’est pas facile, laisser-passer, contrôle comme dans les aéroports, mais une fois sorti de l’émission télé, au 3ème étage, dans la bibliothèque, tout le monde se moque bien de quelqu’un qui a l’air de sortir. Donc je me suis bien perdu, mais un peu exprès, vous voyez, on ferait des films fascinants là-dedans. En fait, le Sénat, c’est bien de le laisser là, tous ces gens âgés, parce qu’on ferait quoi d’un bâtiment pareil, on ne peut pas mettre des musées partout. Et puis là, dans un couloir, cette fabuleuse inscription. A plusieurs sens (au moins deux, à suivre les flèches). Par exemple, en ceci que les lois et les questions sont dans deux sens strictement opposés. Ceux qui suivent les lois ne se posent pas de questions, et réciproquement. Mais l’appellation même : ici, un service avec chef, sous-chef, assistants et tout le toutim, a pour vocation à échelle nationale de recueillir les questions. Peut-être tenir un grand livre de toutes les questions, à tous les âges. Les questions d’importance, comme dirait Ponti Claude. Ou alors je n’ai rien compris, et c’est le contraire : vous suivez le couloir, vous donnez votre question, et on vous la divise. Quand on a bien coupé toutes les questions en quatre, eh bien la vie est moins difficile. Je n’ai pas eu de réponse : il était 13h30, un vrai moulin à cette heure-là, cette grande bâtisse, on rentre dans tous les bureaux qu’on veut. Mais cette plaque, je la voudrais au-dessus de mon bureau (je n’avais pas de tournevis, on devrait toujours avoir un tournevis avec soi), rien que pour filer droit.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 septembre 2012
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Messages

  • Mon grand-père par alliance, aujourd’hui fringant centenaire, a fait carrière là-bas. Un de ses collègues était affecté aux service reprographie, et relisait consciencieusement toutes les feuilles qui sortaient de la photocopieuse, pour vérifier que la machine n’avait pas fait de fautes d’orthographe.
    On lui expliqua cent fois qu’il s’agissait d’un procédé optique, donc que la possibilité de fautes d’orthographes était exclue, ce à quoi il répondait imperturbablement "j’entends bien, j’entends bien" et continuait de relire chaque copie.
    L’avantage c’est que le papi centenaire, qui a passé bien plus de temps en retraite qu’en activité, sa retraite de fonctionnaire (modeste) du sénat lui paye aujourd’hui largement sa maison de retraite ***. Le type aux photocopies, je ne sais pas.

    Voir en ligne : http://cafcom.free.fr

  • L’avantage du Sénat, c’est sa proximité avec le bassin du Luxembourg : parfois, quand le temps est clément, on peut y voir quelques sénateurs faire trempette, une fois les grilles du jardin fermées à la populace, une flûte de Veuve Clicquot à la main.
    Pour la plaque, il suffit d’avoir toujours sur soi (ou dans son sac à dos) un couteau suisse - sauf en cas de manifestations à risques.
    La loi, c’est comme un TGV : ça marche dans les deux sens - même si ça manque souvent d’esprit - et on peut tempêter de manière récurrente contre les pannes et les sandwiches rassis.

    Voir en ligne : http://doha75.wordpress.com

  • j’ai pris deux cllichés en redescendant, l’épicerie ouverte dont je parlais là, la voilà, Egypthe, Liban, Grèce, on ne sait pas mais c’est plutôt vers l’est de la Méditerranée quand même cette affaire-là (pas vu le type qui la tient, doit être assis dans son fauteuil à regarder la télé ptête) (il a mis trois néons dans sa vitrine pour faire bonne mesure, vend des olives, des noix de cajou, des raisons, tout un bazar à la louche, ouvert jusque aps d’heure)

  • (de côté) aujourd’hui j’ai cherché pour répondre à un autre AO bibli, j’ai deux mois, je me démène (j’aime bien le rouge des feux, là, il y a des échos partout sur le cliché)

  • des visages des voix des langues étrangères des silences des sourires - regarder écouter - ça va vite trop vite on me demande d’aller vite - ( c’est terrible ) -