petites arnaques slovaques


Je suis un vieux machin au cuir tanné alors on me la fait pas facilement, et vaut mieux vu tout ce qu’il pleut, de gens à qui on n’a rien fait, qui se retroussent et se grattent le ventre en public quand ils parlent, meurent d’ennui quand leur voisin s’exprime, mais vous chargent sans sourciller et nommément de paroles que jamais vous n’avez dites, d’accord ça fait plutôt miséreux ou carrément rigoler, mais quand même à force c’est usant et lassant. Du coup, l’arrivée d’une petite arnaque slovaque prend comme un air de fraîcheur et d’intelligence. Pour quiconque monte une idée et en fait son gagne-pain, l’INPI est un passage nécessaire pour la protection, dépôt de la marque notamment – et nous on a protégé l’expression papier+epub, de plein droit. Alors, 3 semaines plus tard, résultat immanquable : quelqu’un qui n’est pas prévenu pourrait être très impressionné de recevoir un tel formulaire, émanant d’un organisme international, avec impression trichromie et plein de machins officiels, plus la facture en bonne et due forme. Sauf qu’évidemment ils ont récupéré l’adresse et les références auprès de l’INPI dont c’est le devoir de les rendre publics, et que la protection légale vient du en cas d’acceptation très discret. Il n’y a pas de fautes de français, tout est parfait, et même si une personne sur 1000 tombe dans le panneau ça doit rapporter plus gros que les veuves du Congo avec 150 000 euros à partager (tiens, y en a moins ces temps-ci). Aucun rapport entre le point 1, les rigolos de la vidéo, et le point 2, les Slovaques de l’arnaque. Sauf cette pitié qu’on peut symétriquement en avoir, évidemment.


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 septembre 2012
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Messages

  • Il y a hélas un peu plus qu’un sur mille qui tombe dans ce genre de panneau. Le principal problème, lorsqu’on s’est fait avoir, vient de la clause attributive de compétence au droit / Tribunal local : Bratislava ou Vienne dans cet exemple (d’expérience personnelle c’est d’Allemagne et Autriche que ça vient le plus souvent), ladite clause étant généralement noyée dans des conditions générales présumées acceptées par l’effet du paiement. Or, et c’est là le truc, la commande est faite à titre professionnel. Donc impossible de faire jouer la protection du consommateur et la compétence ou la loi française. Ensuite, le coût d’une constitution d’avocat à Vienne est suffisamment dissuasif pour que les gens préfèrent payer. Je viens de voir à l’audience un dentiste inscrit à un annuaire bidon sur internet renvoyé à se pourvoir devant un tribunal allemand, il n’était vraiment pas content.