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2012.10.06 | je reviendrai mourir à Vierzon, souvent

Parti de Saint-Pierre des Corps à 7h, j’arrivais Vierzon à 8h24, en repartais à 8h50 pour changer à Châteauroux à 9h37 et arriver Limoges à 10h59. J’avais donc 26 minutes pour traverser la place, entrer à l’Orient Express, demander un café et un croissant. Les deux clients se donnent le répons, un commence, l’autre continue. Une vieille dame était arrivée dans le coma. Quand elle se réveille de la salle de réanimation, elle désigne l’infirmier qu’elle avait vu mettre ses bagues dans sa poche, hop. Elle l’avait vu dans son coma, et n’avait pas oublié. C’est fréquent paraît-il, à Vierzon. L’autre renchérit : on croit que parce qu’ils sont dans le coma ils ne voient rien eh bien c’est le contraire. Ils savent ce qu’il y a de l’autre côté. Reprise du premier : Ils voient ce qui n’est pas arrivé encore. Passage au second : Ils devraient essayer de voir les résultats du Loto, comme ça en se réveillant bingo. Et retour aux rapaces que sont à Vierzon les infirmiers de l’hôpital, lesquels d’après eux systématiquement dépouillent les personnes inconscientes qui leur arrivent, mais la vieille dame, en réclamant ses bagues et montrant celui qui les lui avait volées, les a mis à la raison. Les gens qui sont décédés et qui reviennent, a dit l’un, les gens qui passent le cap de la mort, a dit l’autre. J’ai payé 2,40€ au patron, dont j’avais appris entre temps qu’il s’appelait Mokhtar, c’était l’heure de mon deuxième train, je n’ai pas su la suite. Je reviendrai mourir à Vierzon, souvent.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 octobre 2012
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