je reviendrai mourir à Vierzon, souvent

tout le journal images, ou
une autre date au hasard  :
2006.11.01 | tombes d’Yeu

Parti de Saint-Pierre des Corps à 7h, j’arrivais Vierzon à 8h24, en repartais à 8h50 pour changer à Châteauroux à 9h37 et arriver Limoges à 10h59. J’avais donc 26 minutes pour traverser la place, entrer à l’Orient Express, demander un café et un croissant. Les deux clients se donnent le répons, un commence, l’autre continue. Une vieille dame était arrivée dans le coma. Quand elle se réveille de la salle de réanimation, elle désigne l’infirmier qu’elle avait vu mettre ses bagues dans sa poche, hop. Elle l’avait vu dans son coma, et n’avait pas oublié. C’est fréquent paraît-il, à Vierzon. L’autre renchérit : on croit que parce qu’ils sont dans le coma ils ne voient rien eh bien c’est le contraire. Ils savent ce qu’il y a de l’autre côté. Reprise du premier : Ils voient ce qui n’est pas arrivé encore. Passage au second : Ils devraient essayer de voir les résultats du Loto, comme ça en se réveillant bingo. Et retour aux rapaces que sont à Vierzon les infirmiers de l’hôpital, lesquels d’après eux systématiquement dépouillent les personnes inconscientes qui leur arrivent, mais la vieille dame, en réclamant ses bagues et montrant celui qui les lui avait volées, les a mis à la raison. Les gens qui sont décédés et qui reviennent, a dit l’un, les gens qui passent le cap de la mort, a dit l’autre. J’ai payé 2,40€ au patron, dont j’avais appris entre temps qu’il s’appelait Mokhtar, c’était l’heure de mon deuxième train, je n’ai pas su la suite. Je reviendrai mourir à Vierzon, souvent.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 6 octobre 2012
merci aux 738 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • si je veux un jour soumettre à lire qque chose à publie.net si j’envoie sous .doc le texte ce sera lisible ?
    Je suis moyen douée en informatique ..
    Merco

    Voir en ligne : http:// FB juste pour le moment

  • merci de la proposition, et passer par adresse info /@/ publie.net – pas besoin d’être "moyen doué" en informatique, mais pour qu’on puisse bosser ensemble en numérique il faut quand même s’y mettre un minimum, blog par exemple !

  • Ils reviennent du coma, on les pense morts, mais non, ils savent des choses que personne ne sait, ne voit
    On ne les entend pas toujours, leur langue s’est coinçée
    Merci pour ce texte
    Et pour info, tous les hôpitaux sont à Vierzon
    Et surtout ne meurs pas trop souvent

  • de la musique, là on ne voit pas bien -ils sont 6 sur scène, des types, quatre noirs, deux blancs, sont à la guitare , y’a le petit fils de Django (celui qui porte sa guitare sur l’estomac, debout, là), il s’appelle David ; il y a le type qui joue du saxophone (James Carter magnifique), le type au piano (sublime) Gerard Gibbs (prend des photos du public, donne le programme à James C. écrit sur une tablette) à la batterie (on le voit pas il est derrière la tête à droite) Léonard King (dreads et complet vieux rose toujours souriant, rythmique d’acier formidable), avec à la contre basse Ralphe Armstrong et à la deuxième guitare (plutôt pour la pompe mais des solos magnifiques aussi) Evan Perri ; tout ce beau monde pendant plus de deux heures : de quoi raviver l’envie de vivre. Génial. (ce qui l’est moins, c’est qu’on n’a pas le droit de faire de photo ni d’enregistrer... inique, absurde ridicule)

  • ça sert à se souvenir, on passe de bons moment,s d’autres peut-être moins (moi et le bricolage, ça fait un moment qu’on est fâchés), il fait beau sur Paris (j’adore le bricolage pourtant, mais pas celui qui consiste à refaire de la peinture des enduits des trucs et des machins) au fond à droite on aperçoit la centrale de Vitry (je crois que c’est une usine d’incinération) (je crois on passe devant quand on arrive à Austerlitz) (RER C par exemple) :un journal, ça sert aussi à ça, à se souvenir

  • c’était sous la pluie la Polish Pride (pour PdB, pour la voiture, plus que pour la Polish Queen of the Hudson Valley)

    Voir en ligne : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/

  • une journée comme celle d’aujourtd’hui, de la flotte du matin au soir, je ne la souhaite à personne (pébrok et chaussettes mouillées merci bien) (en plus chercher une place pour la caisse pendant un quart d’heure et n’en pas trouver, s’en aller) (reçu un mail d’Italie et un message téléphonique de ma soeur - dans un état) (ma soeur, pas le mail d’Italie- encore que...) (les rails du métro, la pluie et un peu de vert) (c’est pour l’Employée sur la Cinquième avenue, la pluie ici aussi) (et merci pour tout, et pour la Cadillac décapotable, rouge, polie, une reine à l’intérieur- reine de la politesse en plus j’y crois à peine) (la POLISH PRIDE vous dites ?

  • je prends une photo souvent en passant, là, parfois ça marche parfois, moins : j’ai changé aussi de format, sans doute à cause de la pluie, je suppose, mais les piles du pont du métro passent aussi par là (on peut aimer les rivets, le gris du ciel, mais ils empêchent de voir les voies les trains les gens qui s’activent il pleut, et j’en ai plein le dos (pas envie de bosser, pas envie de faire avancer le truc mais n’importe je le fais quand même) (j’ai fait 3° à l’AO bibli, dlamerde, je n’y comptais pas spécialement, mais ona qualifié mon offre de "standard" ; je ne suis pas le moins cher, mais ceux qui l’ont emporté sont les mêmes que d’habitude, et ont conçu le logiciel de traitement statistique demandé dans l’ao... sans ça, ça va : rien n’est jamais plié avant et tout le monde a ses chances...) (mais on repasse quand même les mêmes plats)

  • encore un contresens dévastateur (je vous ai pourtant mis en garde) la parade était polonaise, comme le gâteau du même nom que je goûte fort, mais à NYC je laisse plutôt libre cours à ma passion pour le gâteau aux carottes (mais je fais attention quand même pour user des parenthèses comme vous) (je sortais du Carneggie Hall pour tout vous dire)

    Voir en ligne : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/

  • (ça ne fait que prouver à nouveau qu’il n’y a que ceux qui travaillent qui travaillent-qui est une maxime valable aussi dans le monde intermittent du ciné-télé dlamerde) ça ne fait rien, dans ces cas-là, on double on essaye tout au moins (le métro a cette qualité manifeste et magnifique d’avancer et de toujours avancer entre les stations), on se déplace un peu (voilà tout, il n’y a personne, à peine si on décèle une présence humaine, l’ombre d’un cheminot, d’un feu, d’une ombre : rien, personne, la pluie et les immeubles sourds, au loin (quand j’arme et que j’appuie, la photo s’imprime sur l’écran pendant deux ou trois secondes, j’ai vaguement le temps de comprendre qu’elle est prise par un pylône) (je fais tourner "les mots bleus" par bashung, on ne peut pas dire que ça égaye le bazar, mais enfin) (ça ne m’empêche pas de continuer à réfléchir sur l’autre ao et de fourbir mes armes) (il y a de la stratégie aussi à prétendre à l’une pour tenter l’autre- savoir au moins qui parle au bout des pages et des DC2 cv références) (vraiment cette photo avec la blonde dans la voiture rouge- POLISH PRIDE ? je vois ça, j’ai l’impression de voir, en gros, la naïveté exacerbée de ceux de l’autre côté de l’océan...)

  • Ah je préfère (enfin c’est manière de dire : je ne préfère pas la polonitude à la politesse, Dieu m’en a gardé et m’en gardera encore j’ose le croire) (je ne vous parle même pas de la fierté : c’est un sentiment que j’agonis) (merci de vos lumières, Employée à Carneggie : je comprends que vous ouîtes l’opus 100 ?) j’étais sans doute un peu saoul (c’est facile, et aussi assez stéréotypé, mais il y a des choses qui ne s’oublient pas) (en effet, j’aurais du me méfier...) (d’autant que je ne bois plus d’alcool) (mais j’abuse des parenthèses : c’est un syndrome que je tiens de KMS qui vous prend et ne vous lâche plus) (un peu comme ces drogues dont les musiciens de tout poils et bords utilisent pour, à nouveau, une fois encore, attirer leur muse) (faites attention) (c’est le syndrome qui vous prend, pas KMS) (qu’on le déplore ou s’en félicite) (photo de hasard)

  • quelle erreur (mais franchement, c’était bien plus joli) (tant pis, j’aurais essayé) !!! à l’imparfait du subjonctif, (formule de politesse) c’est "ouïssiez" , pas "ouîtes" : mes excuses les plus plates, Employée à NYC...

  • vous êtes tout excusé, d’ailleurs, moi j’avais bien mis deux g à Carnegie (mais j’ai corrigé sur le blog, sur twitter et ici même c’est une autre affaire), c’est vous dire - et puis oui, l’opus 99 et l’opus 100, pas de jaloux

    Voir en ligne : http://www.martinesonnet.fr/blogwp/