cintreuse


Sur le port de La Rochelle, arpenté mercredi après-midi, plus grand chose qui permette d’arpenter les souvenirs d’enfance. Hors la cale de radoub, photographiée, vais m’en occuper dès que. Quand à La Pallice, grillagée, impossible d’entrer, pourtant, les silos, le môle d’escale, la vieille base sous-marine, combien de fois autrefois traversés (voir le mot-clé ci-dessus à droite) ? Souvenirs revenaient plus du port de Québec, depuis cette année où il nous faisait face (voir mots-clés adaptés). Et puis, dans la résine du bassin de plaisance, quand même la Criée aux poissons est devenue une sorte d’enterroir à art contemporain, les mâts de carbone et l’électronique pour riches marins d’eaux calmes, tout d’un coup cette vieille cintreuse et la bonne odeur de graisse métallique qui prenait quand à la Ville-en-Bois on entrait chez Fumoleau. Le moteur entraîne les deux rouleaux concaves, et il faut imaginer le rondin d’acier dont on se saisit pour tourner les gros ovales convexes. Et ce qu’il faut calculer pour que la forme permette les différentes cintrures progressives (je ne sais même pas si on dit cintrure). Et peut-être que le port, me voyant, me considérait comme moi, sur le port, je considérais la cintreuse.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 octobre 2012
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Messages

  • fermeture vers 8, dimanche soir, en passant après le boulot (ça bosse) (il fait un froid de gueux) c’est notre ami (encore un gars jovial : y’a le turc qui reprise, l’épicier d’orient, et lui, à eux trois, tu peux y aller, on se marre) qui va fermer le magasin, récupérer la recette, mettre ça quelque part et rentrer chez lui (on se demande un peu où ça peut bien être) (et s’il est marié des mômes et tout le bataclan ?) paris rue du faubourg, arrivé là depuis son pakistan ou quelque chose, quelle vie, bagages, bateaux, vie guerres paris 11 (et son autre magasin dans le 10, il faut reconnaître là un drôle de parcours)

  • mais froid (je fatigue) (je vieillis aussi) retranscrire, ça me fatigue ; je parle mail avec des gens, oui, très bien ; je travaille ; je regarde mon compte en banque (acheter un bouquin c’est un problème ; payer son loyer aussi ; les impôts c’est toute une affaire taxe d’habitation aujourd’hui, jamais vu autant que ça) (je fatigue, le monde m’ennuie, il n’y fait pas bon ni beau) (déprimé : mail de mes soeurs qui se réveillent, mais il est trop tard) (photo de ce qu’on voit du 6° sans ascenseur, en se penchant sept heures du soir)

  • je ne sais pas bien où j’ai pris cette photo (ce devait être vers midi, je suppose, j’en sais rien, je ne sais plus bien, j’ai oublié, ou alors ce matin, en allant accompagner ma fille au métro) (c’est le matin, ou c’est le midi ? Les avions survolent paris de plus en plus, et je pense au tupolev qui un jour sur la banlieue nord, un jour le concorde aussi, je regarde le ciel, hier il y avait là une étoile qu’on voyait de la rue Lafayette) (l’autobio de neil young est parfois un peu à lak "merci truc !" dit-il ; "merci machin je t’aime !" ça a un goût hippie à la con, qu’on n’aime pas quand on aime que les choses soient dites) (mais parfois il les dit) (je ne pensais pas que ce type était aussi cucul voilà tout) (genre bobo bio la nature quelle merveille etc... à pleurer parfois) (enfin c’est comme ça la vie des fois, on se plante, mais il a fait quand même des chansons qu’on aime toujours peu importe qu’il devienne ou soit ou ait été gâteux)

  • c’est décidé pour la fête (20-12) je fais un truc sur les gens qui dorment dans le métro, j’en ai repéré quelques uns mais il y en a un que j’adore et que j’arrive pas à retrouver, ce type qui se tient la tête dans la main, une merveille on verra si j’y arrive (le métro passe au dessus de la gare du nord - évidemment y’a un côté flou, mais c’est le zoom ; et puis je retravaille ensuite, mais la netteté ne vient pas) (jm’en fous, j’aime les photos de cette gare) (ou plutôt prises depuis le métro, oui)

  • quelle galère (les appels téléphoniques, mais il faut bien) (la solitude, la journée à retranscrire, toujours la même chose, ne pas aimer le monde, mais celui-ci vous le rend) (je fatigue et je déprime c’est comme ça) (heureusement ce matin deux lions montréalais) (on remercie l’Employée au Château de Versailles)

  • celui de l’autre côté (comme il a fait beau, c’était plutôt agréable mais les flics ont posé une caméra dans la rue) (je ne les ai pas vus, mais la caméra est là, posée en haut du pylône) (on va voir combien de temps elle va tenir) (je croyais avoir mis le pylône mais non on verra)

  • le 123 au vol - une forme d’atelier d’écriture ce matin à partir d ’illustrations - il regarde les autres hésite je lui vole " elle a une heure rouge dans le cœur "-