« j’attends le chef d’oeuvre »

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À la question de savoir ce qu’il pensait de la littérature sur support numérique, la première matinée des 3 journées du PNF Lettres, celui qui en était un des invités d’honneur, Antoine Compagnon, blogueur émérite au Huffington Post (chacun ses choix) et qui a pantoufles au Collège de France, a répondu d’un laconique « j’attends le chef d’oeuvre ». J’espère que cette longue attente ne l’empêche pas de dormir, parce que pas très sûr qu’il soit sur la bonne route où il risque de les apercevoir. Enfin, s’il avait été là le lendemain après-midi, il aurait certainement dit, du même laconisme que ceci n’était pas un chef d’oeuvre, et que ceci n’était pas un chef d’oeuvre. Je crois que, justement, ce qui se passe, c’est qu’on se contrefiche et de la notion de chef d’oeuvre, et des mandarins du Collège de France, même relookés Huffington Post. Monsieur Compagnon fait aussi commerce de livre numérique : je me suis fait avoir il y a quelques jours à acheter 4,99€ une Vie et oeuvre de Marcel Proust qui s’est révélée n’être qu’une fiche de lecture d’une vingtaine de feuillets, chacun sa conception de comment honorer le centenaire de l’oeuvre, et de comment positionner l’aventure numérique dans ses choix d’édition. Photo : blogueurs traversant la BNF à la recherche de chefs d’oeuvre.

PS, prolongements : les commentaires de Marc Jahjah et Cécile Arènes ci-dessous, et ce qu’induit le numérique, c’est de l’humain dans la machine chez Delphine Regnard


LES MOTS-CLÉS :

François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 22 novembre 2012
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Messages

  • Tout le monde (écrivains, chercheurs, enseignants, blogueurs, etc.) a été consterné par le niveau de la "conférence inaugurale" de Compagnon, qui s’apparentait à une compilation de ses billets, saupoudrée de quelques prousteries et quelques anecdotes "croustillantes" (mon voyage aux U.S.A, ma tablette, ma recherche sur Internet, etc.). Il s’est donc contenté de réveiller de vieilles questions (la légitimité, l’autorité, la vérification des sources, etc.) nourries de quelques observations superficielles et paresseuses. D’ailleurs, sa phrase : "J’attends qu’on me montre" est révélatrice de son attitude : non pas "aller vers" mais "se faire servir" pour finalement daigner goûter "ces nourritures indigènes" que Sa Seigneurie sanctionnera d’une bonne ou d’une mauvaise note.

    Voir en ligne : http://www.sobookonline.fr

  • Ce compagnon, quel galérien...!!! (si lui attend quelque chose, nous autres n’attendons rien de lui...) (en même temps, il y a pas mal d’autrescontributions au pecha kucha qu’il devrait peut-être juste tenter d’essayer d’entendre...) (photo de la bataille)

  • Après avoir dit ce fameux "j’attends le chef d’oeuvre", Antoine Compagnon a ajouté cette phrase, dont je n’étais pas loin de penser qu’elle était peut-être la plus lucide de son intervention : "j’espère juste que je ne serai pas trop réactionnaire pour le reconnaître"... Tout est dit.

  • RAS à Poitiers non plus, j’ai bien cherché pourtant… 
    (je croyais que 50 nuances c’était le chef d’œuvre du tout numérique, on m’aurait menti ?)

  • en fait, après coup, je me demande si précisément ce qui rend aveugle les gens comme AC, c’est de toujours chercher le singulier, "le" chef d’oeuvre alors que mardi le web une fois de plus s’affirmait comme totalité plurielle...

  • Parfait accord sur la "totalité plurielle"... ou la capacité d’individus à s’inscrire dans du pluriel. C’est un des grands atout du numérique... du singulier-pluriel

  • vient vite, j’étais au CNC pour un truc sur le documentaire (la Chine, le barrage des 3 gorges qu’on ne voit pas non plus que Pékin-Beijin je crois pour les intimes-, les gens déplacés et les fleuves détournés : des travaux de romains...) et je me suis retrouvé au palais royal

  • derrière il y a un jardin, le ciel était bleu, profond, et les nuages étaient blancs, une ambiance bizarre

  • je me suis retourné, le drapeau flottait en dominant toujours le conseil constitutionnel, la ministre de la culture et les colonnes de Buren, le jet d’eau jetait de l’eau, des femmes avec des enfants s’amusaient avec des ballons allumés de couleurs qui illuminaient les poussettes (on les voit à peine, un rouge, un jaune un blanc) mais je ne m’attendais pas à les voir sur la photo (j’ai pensé vaguement à Colette, Cocteau et Raymond Oliver Catherine Langeais)

  • le film était projeté dans une salle à moquette épaisse et fauteuils de cuir (on ne crache pas dans la soupe, svp) on y voyait des banlieues où la misère s’étalait, exactement comme celle qui voisne toutes les villes ici, là et ailleurs, comme on voit (ou comme on a vu) toutes les peines du monde à monter le projet, des années de galère, on le verra peut-être un jour.. (mais le décalage entre cette salle de projection dans une rue huppée du 16 où roulent des bagnoles à cent ou deux cents mille a quelque chose qui fait froid dans le dos) (je ne sais pas bien dire, c’est le cinéma) (comme titre je donnerai de l’eau de l’aval à l’amont) (mais y’en a pas encore)

  • il est là (il est dans le journal, plusieurs fois, avec son manteau, sa casquette ; je me suis dit "tiens encore une") et j’ai fait comme j’ai pu (elle est bougée-hein) (ce matin téléphone à mes soeurs "ah non, c’est pas possible, il y a eu une fuite d’eau, et puis le ménage est pas fait, et en plus elle dort" à midi et quart, j’ai demandé "oui, elle a fait une insomnie" : qu’est-ce qu’on pense, dans ces cas-là ?) (je me sus fâché, apparaissait sur mon tèl "numéro privé" je déteste- mais les paranoïaques, c’est comme ça que ça travaille- et le message disait "mon petit coco, tu viens quand tu veux", envie de partir hein...)