vrac d’auteurs


Heureusement qu’on a Radio France, combien de fois invité à France Inter, France Culture, France Info et même Radio Bleue (Bonnaud) pour parler de ce qui est notre travail. Alors on est prêt à monter au créneau pour ce qu’ils nous demandent. Mais ce que j’aime, à Bron, Manosque ou d’autres, c’est que la littérature soit voix, présence, qu’on nous demande d’être là en tant que porteur d’un temps qui expérimente. Pas mal de copains continuent, mais je n’arrive plus à dire oui pour invitations type salons du livre, tu t’assois et tu signes (enfin t’asseoir c’est facile, signer c’est plutôt regarder signer ceux qui signent partout). Donc j’avais soigneusement non-répondu à l’invitation pour ces 2 après-midis proposés par Radio-France, et aujourd’hui je vois l’installation du Barnum, au long de la Seine grise. J’aurais pu venir samedi après-midi, prendre le train de 11h22, être là dans l’après-midi parmi les 200 autres : mais y aurait eu quoi en pot au noir dans ma tête au 19h38 du retour ? Non, je leur souhaite de bien en profiter, et merci de l’effort pour les livres, c’est juste avant Noël, il va s’en vendre évidemment – c’est juste que je n’arrive pas, et puis de toute façon j’aurais pas eu mon nom sur l’affiche avec Enard, Deville et les autres (je ne connais pas trop les autres). C’est pas du vrac, le livre, c’est un boulot – la dédicace n’est pas un mode de présence ou de résistance.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 23 novembre 2012
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Messages

  • (je ne suis pas sûr du décompte, mais je ne tiens pas la comptabilité) je continue, travailler, travailler, travailler (il est là aussi, à travailler - à sa manière comme on voit, le monde s’active autour, lui pense, sans doute, puis il ira s’asseoir dans son fauteuil) (aujourd’hui, dimanche-on ferme le lundi- regarder passer le monde, n’en pas trop faire, attendre et encaisser)

  • (y’a le frangin qui vient de taper soixante trois, il est là-bas dans sa campagne à se demander pourquoi il existe- c’est le refus ça) ici il fait nuit à 5, quand on pense qu’il y a encore vingt cinq fois deux minutes en moins, on a froid au dos (mais on court) (on construit encore un étage, puis encore un faut prendre en photo ce bazar aussi, il y a des choses à faire) (la réponse fin du monde expédiée, un texte vingt trois clichés, pas assez radicale mais tant pis c’est fait)

  • (en bas, gauche cadre, de la photo précédente, il y a un type qui traverse, c’est qui ?)(ou alors une gonzesse en pantalon, mais je ne crois pas) "un soir, tu trouveras les brouillons dans leur cachette/pour voir tu sortiras les disques de leurs pochettes/notre histoire tu la verras défiler dans ta tête// alors chuttt... pose doucement un doigt devant ta bouche/ et lutte, efface de ta mémoire ces mots qui nous touchent/ brûle ces images qui nous plongent dans la solitude/// Ecoute ce qu’il reste de nous/ Immobile et debout, une minute de silence/ Ce qu’il reste c’est tout/ de ces deux coeurs immenses et de cet amour fou/ Et fais quand tu y penses/ En souvenir de nous/ Une minute de silence"
    (c’est michel berger, laisse tomber) (c’est pour le type qui est là, sur la photo- tu sais les impôts ? c’est un chanteur ; une photo, une séance, 3 heures ? 4 ? un chèque à six chiffres ) (la femme regardait l’image, puis elle s’est retournée et a vu le paparazzo on ne la voit pas, mais elle a quand même l’air outré, non ?) (je crois qu’elle l’était) (derrière, le type, comme nous tous, consulte son téléphone- je ne sais pas comment on va faire pour s’en passer...)

  • faut réfléchir, même si on ne fait que saisir (j’attaque fort, ces jours-ci, mais dans quinze jours, jme tire) (on a mis des vitres et d’autres trucs de couleur aux fenêtres de l’immeuble du faubourg livrable à l’automne 12- "livrable" j’adore ce mot là) (fini les deux projets, là un autre arrive, je veux bien) (resté la journée devant l’ordi à bosser, dlamerde j’en ai ma claque)

  • (ce que ça peut être moche cette construction, la vacherie) (y’a une pub dans les cinés qui fait "ils sont payés pour faire ça" et quand je l’entends j’ai envie de jeter sur l’écran quelques bidons d’huile de moteur usagée, je déteste mes contemporains quand ils font de l’esprit, quand ils font des publicités immondes-pléonasme- je hais cette manière de faire comme si on n’y touchait pas, non, mais quand même, cette façon de balancer des femmes ou des hommes à poil pour "inciter" "influencer" où se trouve l’argent ? au marketing, au cinéma, à la télé, l’ignoble est là, qui s’étale- je regardais france 2 ça s’appelle ce canal de m... comme disait polac et comment il s’appelait le dessinateur, wolinski ou bien ? non c’était pas lui, jm’en souviens plus, hier midi ou samedi au bar casse dalle après le palais, je crois, il y avait là la nièce du gendre idéal, qui présentait femme tronc comme celle de "freaks" dans sa fosse, ce genre de personne mais en pire, productrice, présentatrice, avec ses cheveux, son sourire, juste envie de la baffer, mais ne pas s’énerver, comme lorsqu’on met de la musique en streaming, et qu’elle s’arrête pour de la publicité, certains sites enregistrant le fait qu’on ferme le son pour faire durer ce son abjecte, on n’y va plus, voilà tout : le monde moderne, ça ? putain, à la poubelle...!) (le canal saint denis, à la nuit)