Fès, le bras tendu du tanneur

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mon cours à Poitiers ce matin

Je viens de cliquer : 74 000 photographies des tanneries de Fès sur Internet, et bien sûr à peu près toutes identiques, puisque toutes prises depuis les trois terrasses en surplomb qui accueillent les touristes. Et pourtant, depuis le XIVe siècle, on y travaille à l’identique. Les peaux des animaux abattus pour leur viande sont lavées, puis trempées ici dans un bain de chaux et de sel pour enlever la laine et le poil, ne garder que le cuir. Les hommes donc trempent aussi. Ils ont des bottes et des gants de caoutchouc. Mais celui qu’on aperçoit est bras et mains nus. Il vide seau à seau le fond de la cuve, soulève le seau plein pour son collègue qui va le vider dans la rigole plus loin. Toute cette demi-heure que nous restons, il continue le mouvement, à peine si sa tête apparaît derrière le tas des peaux lavées. Les ouvriers accompagnent le lot de peaux tout au long du processus, ce sera leur tour à ceux-là, demain, d’être dans les cuves en rouge et jaune : là pas de bottes ni de gants, on se contente de se huiler la peau. Le cuir se négocie en ville : et quelles merveilles ils en tirent. À Tours c’est la fac qui est rue des Tanneurs – ça devait ressembler, probablement.

 


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François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 31 mars 2013
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