journal | hard la vie Mulliez

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dévorait un mur jaune

La vie n’est pas pleine en ce moment, elle est remplie de trous, de trucs annulés, de boulots qu’on ne trouve pas mais bon c’est tout le monde. Ce qui est hard c’est l’intériorisation de précarité et misère mais bon c’est tout le monde. Que des fois tu n’as même plus envie de commencer un truc parce que tu vois le résultat qu’il y a au bout. Qu’est-ce qui nous a pris de vouloir faire autre chose que d’être dans un coin et bouquiner et écrire. Alors on le fait quand même, se mettre dans un coin et bouquiner et écrire mais ça ne tient pas longtemps. Ça fait mal aussi alors quand ils nous prennent les plus beaux mots, ceux qu’on croyait à nous, l’ailleurs et l’ici, ou même tiens la vie. Pourtant c’est bien là qu’on est obligé d’aller pour faire les trois courses et chercher la ramette de papier pour imprimer les factures. Et tu prends ça dans la figure, ô saint Mulliez monsieur qui possède Auchan Décathlon Leroy-Merlin Saint-Maclou Norauto Boulanger Flunch Kiabi sans oublier Cultura et j’en oublie – voilà, il écrit la vie en poème, maintenant, monsieur Mulliez qui possède tout et voudrait posséder nous-mêmes. Merci, monsieur Mulliez, on vous le fait hard hard hard.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 16 avril 2013
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Messages

  • (on sait s’amuser dans le bâtiment : ils l’ont reposé là, histoire de rigoler, l’immeuble est presque fini, et il est -assez-moche) (on n’est pas là pour juger, ce carrefour n’a rien pour lui mais il parvient à l’enlaidir encore, ce qui est une manière de prouesse) (jme tire, si je peux poster, je poste, sinon, je reviens mardi) (ben non, j’ai pas la queue d’un euro et après ? je bosse, non ? - quand à savoir quand je serais payé, c’est une autre histoire)

  • décollé le papier de la chambre blanche chaque mur a une matière différente - c’ est le chantier mais en même temps j’aime bien ce travail -

  • que lorsque j’ai été voir Bob Marley et ses Wailers (ce devait être en 77 ou 78) (au Zénith ou sous la halle) (je ne sais plus) il y avait une fumée à couper à la machette (c’est pour la couleur locale) et le négus n’avait qu’une lointaine parenté avec la réalité de cette musique (il y avait eu le shah, le raïs, le roi le tsar, tito et d’autres encore comme le petit père des peuples et bien d’autres titres oubliés depuis peut-être) (n’étaient-ce que des hommes ?) (il y a aussi le tibet et j’ai oublié) (il ne fait peut-être pas partie de ces autocrates) ce type porte cette effigie, un lion, deux cent quarantième de la collection (mais il est déjà apparu, plusieurs fois) (ce doit être une marque) (peu après j’ai cessé la beu) (gâteaux à l’huile etcetera)

  • je suis allé la voir (c’est que je me tire demain) elle m’a dit "ce qui sort de la bouche c’est quand même de la merde" et elle a ri (elle devient un peu bizarre) mais elle avait ses quatre peluches, elle a souri à l’évocation de mes filles, elle m’a demandé si je connaissais les gens qui l’hébergent (l’une de ces gens était dans un état déplorable, quelque chose ne doit pas aller, je ne sais quoi)(c’est égal) (le frangin l’a un peu mauvaise : que de boulot, pour quoi...) (j’aime bien mettre des fleurs dans le journal, mais ça a quelque chose de mortifère, il se peut que je cesse) ("ça embellit ma vie" me dit-elle pourtant)

  • noir sur jaune c’est écrit aspirer et non creuser - faut pas toujours croire ce qui - alors inverser ce qui - creuser et non pas aspirer - c’est encore le chantier - ( toujours pas de réponse pour le boulot )

  • musique parfois pour le voisin guitariste - et ma cithare improvisée (de nouveau ) - et voilà que se font entendre des pas lourds des voix des portes claquées des visites du jardin sauvage - fin de la maison silencieuse