New York 2/13 | petits rêves du traduire


J’avais rencontré ces étudiants (ceux de l’année précédente) en juin à la NYU Paris, et en novembre dernier ce groupe-ci. Ils sont formés à la traduction littéraire, et en novembre s’étaient tous exercés sur mon Autobiographie des objets. Hier soir, 5 d’entre eux présentaient leurs fins de travaux à la petite Maison française, sur Washington Square. Ils viennent de l’Arkansas, de Vancouver ou de Charlottesville, il n’y a pas, pour l’essentiel d’entre eux, de lien pré-existant avec la langue française. Certains, mais pas tout tous, ont en parallèle une démarche d’écriture personnelle parallèle, qui se croise avec le creative writing proposé à la fac, et favorisant les premières publications. Les 5 étudiants qui lisent 12 minutes de leur traduction, ce soir, ont pris des livres publiés en France en 2011 et 2012. Il y a par exemple un extrait de Pas d’inquiétude de Brigitte Giraud, et un d’Agnès Desarthe. Je vais mettre en ligne (j’espère, récupéré 3 textes seulement) les exercices faits à partir de mon bouquin. Se dire que ce boulot, il suffirait d’une pichenette pour le sortir de l’orbite universitaire : on commence à s’organiser (un des buts de nerval.fr mais c’est à nous d’aller chercher des textes, comme c’est à nous de les traduire). Hier soir, il s’agissait d’extraits publiés par des éditeurs traditionnels, d’auteurs qui ne sont pas présents directement sur le web, l’impression que la pichenette, si elle s’établit de site à site, pourrait facilement inclure de mêmes exercices mais sur les textes des ’inventeurs de la langue d’aujourd’hui bien plus avant que ce qui en transparaît dans les publications dites de septembre. Le paradoxe que ces écritures-là sont bien plus proches de ce que sont esthétiquement ces étudiants, que les formes narratives conventionnelles, même récentes, qui leur servent d’exercice. Reste à ce qu’on emporte les bastions de reconnaissance symbolique : les mêmes étudiants, dans quelques jours, iront à Lyon participer (en tant que traducteurs) à la grande machine molle des Assises Internationales du Roman (AIR), messe friquée à partir des puissances reconnues, et qui n’a jamais fait le moindre effort vers les voix neuves. Nos sites, les étudiants les connaissent, elle devient de plus en plus facile, la pichenette. Mais à nous de prendre les devants.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 11 mai 2013
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Messages

  • (le truc dreamlands du jour a quelque chose de terrifiant (cette attitude de robot renvoie sans doute à ce que la photographie recèle de mise en pratique du cadavre, de la mort, de l’essentiel qui nous est commun, disparition, brouillard, nuit, fumée) ici un arbre vert tendre (rue du départ ou de l’arrivée j’ai jamais vraiment voulu savoir, c’est celle que je prends au départ en tout cas, pour éviter le couloir) (je déteste les couloirs du métro, si je dois changer je passe par la rue, merdàlaratp)