journal | le casse-burnes & Décathlon


Voici donc littéralement l’inscription gravée sur le portail de sa maison, au-dessus de la boîte à lettres, et à direction des passants, par ce Provençal anonyme : CASSE-BURNES, lieu-dit Les Grognons, Ville jumelée avec personne tellement ils sont chiants. Et probablement un cadeau qu’on lui a fait, et ça a fait rire tout le monde. Peut-être un rapport à la langue plus spécifique au Sud de la France, mais je ne suis pas sûr. Après tout, on passe et on oublie, on se dit juste qu’on n’aimerait pas passer devant tous les jours. Mais quand ça s’affiche sur des panneaux de 5 mètres sur 3, répétés à tous les ronds-points, publicité à la gloire des magasins Décathlon (auxquels nous avons nous aussi sacrifié, pour sac à dos et chaussures rando), avec 2 slogans alternés, respectivement : Vous avez les boules d’avoir oublié les vôtres ? et Votre oncle vous a piqué votre tente ?, comment se dire que la fonction humour, ce qu’elle appelle de reconnaissance collective, n’est possible que dans un contexte généralisé d’un rabaissement de la langue, de ce qu’on demande à la langue et de ce qu’on honore en elle ? Et ce qu’on passe à ce triste particulier, évidemment difficile de le pardonner à l’enseigne de la famille Mulliez.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 2 août 2013
merci aux 964 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • si encore ils se la tatouaient sur les mollets au lieu de nous l’imposer par panneau d’affichage...

  • Encore une fois (et c’est loin d’être la première) vous donnez dans la délation d’un pauvre quidam qui ne vous a rien demandé, Monsieur Bon ! Qui plus est, avec des mots bien méprisants : "ce Provençal anonyme", "Et probablement un cadeau qu’on lui a fait, et ça a fait rire tout le monde.", et le pire : "ce triste particulier", sans compter le totalement vide de sens "un rapport à la langue plus spécifique au Sud de la France".

    Coupable, probablement, de ne pas partager votre haute idée de la langue ?

    Et hop, cloué publiquement au piloris !

    Et n’a droit qu’à une triste et anonyme troisième personne, au travers des possessifs et démonstratifs !

    Heureusement que vous êtes là pour juger et redressez les torts, n’est-ce pas ?

  • elles se sont isolées là pour parler, à l’abri des oreilles de celles et ceux qui sont à l’intérieur (il s’agit de sa brue) (ou alors de sa fille, mais c’est moins probable) (ou alors sa dame de compagnie) (parfois il me vient à l’idée de ce qu’aurait pu être ma famille si) (j’oublie mais "tout sur ma mère" est sur le métier)

  • hier, rentrant de "la maison rouge" (entrée 8e pour de l’art contemporain qui vient de Johannesburg : rien de spécial, merci, ça va) le ciel et le temps étaient un peu vers l’orage (il est huit heures du soir) (les apparitions au journal risquent d’être espacées - on s’en fout c’est vrai- mais le quotidien a quelque chose à voir avec le travail et la suite dans les idées- parce qu’on va partir dans l’ouest) (pour le moment on reste downtown) (un ciel comme celui-ci il n’y en a pas deux par lustre, qu’on se le dise) (on aime à regarder les ciels c’est comme ça) (lu le vazco de Fenêtre/Prunier : le texte AS magnifique, (l’Atlas, quelle merveilleuse vertèbre - et un géant, qui rappelle celle du Palais Royal- , le chouff, la montagne et le ski au Maroc...) surtout l’incise "chaque parent, de son métier, rapporte quelque chose à l’enfant ; moi c’est de la papeterie" je ne sais pourquoi, mais Germinal m’est revenu : que ramènent les mineurs à leurs enfants ? la souris dans sa cage...)

  • (le titre de l’article du journal pourrait convenir, mais non) je suis allé voir "tu ne peux pas imaginer" et "la tartine", et "j’ai mes fauteuils je suis là en paix, tu vois", "il y a longtemps que je ne t’ai pas vu" elle avance doucement, elle se souvient un peu, j’écoute "apelo" et je la vois, elle, allongée, ses cernes et ses bras si fins, dans l’autre pièce mes soeurs font semblant (j’ai apporté ces 5 roses - 5 contre l’oeil tu sais- elles avaient cette taille avant de les leur confier, elles sont revenues taillées à dix centimètres, ce n’est pas seulement bête, bizarre ou idiot, c’est une façon de penser) (mais que sont donc des soeurs dans des conditions pareilles ? cinglées, elles enflent et me tournent le dos) (un texto de l’une vers 22h30, un autre de l’autre vers 4h30 ce matin, dans un état pareil faut-il en appeler à la société ?) (j’ai téléphoné chez elles et sur leurs portables un certain nombre de fois sans leur dire un mot : c’est que leur bassesse déteint sur moi)

  • avant d’y arriver, le bus qui fonce dans le sous-terrain, alors que les embouteillages coincent ici tout le temps, c’est le mois d’août et c’est samedi, il fonce, et la grande roue dans le jardin tourne (droite cadre, c’est elle) (la vie suivra son cours, que m’importe après tout ? nous verrons bien, j’aurai fait ce que j’ai pu, je m’en fiche à présent je pense juste à ma tante, elle dort, elle regarde un peu de télévision, ne se rend pas compte de la chaleur "tu sais je vais faire mes courses tous les jours, il faut bien" et ce déni de la réalité a quelque chose qui me glace les os) (j’avance, pensant que ma tante se trouve dans l’état même de ma mère voilà cinq ans, et je continue)

  • L’amie m’a dit au coin d’une bière et d’une menthe à l’eau, L’été je passe souvent par la passerelle, dans le parc il y a toujours quelque chose à voir, il se passe toujours quelque chose (1). Alors forcément j’ai opté pour un retour par le parc et constaté qu’elle avait raison. Au bout de la passerelle, en haut des escaliers-fontaine, se tenait en plein air un cours de tango.
    J’avais peur d’être triste, je ne suis pas restée. Mais c’était sans doute beau.

    (1) Je venais de lui relater mon étrange 21 juin, la grève qui fait que je plie bagage trop vite, laisse sans mot de passe un blog qui devait en avoir un, traverse la Seine, tombe sur les majorettes taïwanaises, et cette impression que j’avais eue ce soir-là, bousculée par le chagrin et la bizarrerie des événements de basculer dans une 4ème dimension (au moins).

  • le type est assis là sur le trottoir et un pliant, il a devant lui une table pliante elle aussi sur laquelle on distingue des bidules rouges (je verrais bien là un devin : on lui file un billet on tire un ou deux ou trois trucs alak et lui il vous dit de quoi il retourne pour les siècles à venir) (en même temps, le type a l’air aveugle bien que là, il me semble qu’il a repéré le paparazzo qui officie ici, il le sait comme moi) (dans le même mouvement, on remarquera que lorsqu’on prend en photo des inconnus sans qu’ils se sachent capturés, ils ont quelque chose qui indique sur la photo qu’ils vous ont parfaitement calculé en train de manigancer votre petite affaire de paparazzo) (c’est un sentiment qu’on capture) (la photo est prise en passant - comme aux échecs) (reçu plusieurs textos de mes soeurs cinglées : eh bien, ça ne change pas) (j’aime pas ça)

  • chaque jour le même chemin pour aller chercher la petite - la lumière frappe les murs même les plus pauvres - veux à chaque fois prendre la façade d’un foyer sonacotra - mais hésitation

  • passé la journée chez celle partie sur la route de Menphis pour avoir enfin connexion et du coup - écris un peu plus

  • l’été la somme de (la somme le montant le dû - suis empêtrée dans une histoire de dingues avec la caf) - j ’ai bien sûr pensé au crime puis à la fuite puis - ai écouté Cat Power un concert de cette année Cat Power les yeux perdus et sa voix -

  • et ces hommes sous la chaleur le goudron la nouvelle route - alors reprendre le 124 - trop de bruit trop de poussière

  • la lumière n’épuise pas l’œil - se rapprocher de l’image

  • se rapprocher au plus près de l’image

  • (et ciné à la cité de la musique porte de pantin, l’ampleur du chantier auditorium replace la musique au rang de loisirs de masse à la con) (comme aime à en produire notre monde de culture) (la radio éponyme fête ses cinquante ans, on en a envie de vomir avec ces commémorations de merde) (l’emploi de l’adjectif est du même ordre : de la merde en boîte, comme l’emploi de "subsumer" et "incrémenter" et bien d’autres encore) (qu’ils aillent se faire foutre) (ce monde est vraiment fatigant) (j’en connais pas -vraiment- d’autres en même temps) les sourires des deux acteurs replacent les choses où elles doivent être : on s’en fout de ce monde de merde

  • (l’expo est pas mal, sauf que le film là n’indique que mal les noms des auteurs de la musique - la télé en bas, à droite de l’écran- y’en a trois (des écrans) et deux petites télé à la con pour indiquer le film, le réal et l’auteur musique en tout petit) (on ne sait pas exactement si des humains réalisent ce genre de présentation, ou des vagues trucs qui ne savent pas qu’on lit et qu’on aime savoir) (qu’ils aillent se faire foutre aussi, ceux-là) (plein le dos, entre ceux-là et d’autres qui écrivent en tout petit et en anglais : nuls de chez nul - au palais de tokyo par exemple) (bizarrement la radio qui fête ses dix lustres se retrouve dans cette officine de l’art contemporain àlak) (lino et jacquot : c’est dans un film de Lelouch-enfin autour (sur le plateau de "l’aventure c’est l’aventure" (1972 musique Francis Lai) sans doute (il manque charles denner sur la photo) ; là c’est charly dans "il était une fois dans l’ouest" (Sergio Leone, 1968, musique Ennio Morricone) qui souffle dans son harmonica, comme quand il était petit tu te souviens)

  • (vole le titre au film d’Aki Kaurismaki)- un vent léger hier un vent comme de printemps alors que - et un commencement de bonne nouvelle

  • capturé dans une vitrine du boulevard (qui est joli, il y est un théâtre - hébertot- un lycée - chaptal- une contre allée doublée dans son milieu, des bancs et des arbres) tranquillement installé devant l’hotloge (la photo coupe l’anse du vase -blanc droite cadre- qui était figurant une biche (goût douteux)) (le nouvel appareil ne prend pas de photo paparazzo, c’est comme ça, il ne se déclenche pas simplement il lui faut attendre) (l’heure de l’horloge est fictive) (il y avait un peu de soleil) (je n’ai rien à faire mais je ne fais rien non plus : ce qui fait que l’écriture est là, qui attend, tandis que le journal est arrêté en juin 2011-soit plus de deux ans, soit probablement quelque sept cents billets) (une paille à rattraper) (mais je m’y mets je crois bientôt)