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journal | 1930-1953, photos, vendanges et Bergounioux

C’était juste ce matin, en revenant de déposer des papiers au service des impôts, bloqué au feu rouge contre les grilles du square en face la gare. C’est au Luxembourg que ça a commencé, avec les photos de Yann Arthus Bertrand accrochées sur les grilles, et maintenant c’est comme le tramway, chaque ville de province fait pareil. C’était le beau temps, Yann Arthus Bertrand avait fait d’un seul (beau) livre la fortune du groupe La Martinière, qui du coup rachèterait le Seuil en loucedé via trafic d’actions après conversations dans le train entre le directeur de l’époque, Cherki, et M de la Martinière lui-même, ça avait fait assez de bruit et même un procès. Aujourd’hui c’est le contraire, La Martinière ça va pas bien, du coup la holding pompe le sang des étages d’en dessous, et résultat quand t’es auteur du Seuil tu te retrouves avec une table des matières sans numéro de pages, parce qu’il n’y a pas de petites économies (de personnel, parce que la facture imprimeur a pas dû être très différente : mais c’est quand même rude, être publié au Seuil et n’avoir pas le droit à une table des matières avec numéro de pages parce que M. Yann Arthus Bertrand ne remplit plus les coffres de La Martinière tout en haut dans les étages interdits de la tour porte d’Orléans). Donc je regardais ces agrandissements, à Tours l’art sur grilles on ne prend pas trop de risque, les vendanges ça passe toujours. Je regardais ce gosse sur la photo de droite et là j’ai vu la date : 1953. Et sur celle de gauche : 1930. Et se dire tout d’un coup que rien n’avait changé de 1930 à 1953 et que toi tu es donc d’un monde appartenant encore bien plus à 1930 qu’à 1965 (je dis 1965 parce que c’est l’année historique de la photo couleur et de l’arrivée des 45 tours).Jusqu’ici c’est plutôt une thèse défendue à satiété par le cher Bergou, sous prétexte qu’il est de 47 ou 48 je ne sais jamais, et son frangin Gabriel comme moi de 1953 qui est pour lui le symbole des temps modernes avec l’arrivée du bitume et d’une station-service à Brive. Après je suis revenu chez moi et je me suis remis à l’ordi : on a beau être de 1953, on a réussi quelques adaptations intérieures. Mais j’y pense beaucoup, depuis le feu rouge de ce matin, à ces 2 photos avec les 2 dates.


François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 30 août 2013
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