journal | écouter sur son écran


La photo ci-dessus c’est là qu’on était pour discuter, avec Jeff Guess et Éric Maillet (vous en entendrez reparler). Ceux qui devinent où c’était ont gagné. Ceux qui, en outre, devineront quelle heure il était (attention, il y a un piège) ont encore plus gagné. Maintenant, passons aux choses sérieuses : le titre du billet ne vous a pas choqué ? Ben non, même pas. Justement, c’est ce qu’une chroniqueuse de France Info a employé comme expression, ce matin même, sur cette radio de grande écoute, que vous l’écoutiez dans votre voiture ou sur votre écran. Étrange glissement sémantique, qui nous paraît naturel : l’écran est le lieu de l’expérience, même s’il s’agit de cliquer sur un bouton de podcast, et que le son vous parvienne par le petit haut-parleur glissé dans la coque du portable, dans le pourtour arrière de l’écran externe, ou via la prise casque. Probablement, pour une fois, l’atteinte à la langue est positive (la journée le fut aussi, trois fois).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 18 septembre 2013
merci aux 284 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • je regardai le catalogue de l’expo, et le type s’est installé ; il était sapé comme un prince, dans les soixante dix piges accompagné, d’une femme en tailleur jaune et chemisier bleu nuit bijoux et compagnie et très voutée, bossue, pratiquement, avec une canne ; l’expo traitait de verrerie, mais impossible de la trouver ; il faisait beau, en face il y a la guidecca, à l’une de ses extrémités, l’hôtel cipriani (minimum 1500 euros la nuit, une paillette), à l’autre extrémité les moulins struky requalifié en hilton (chambre double à 800 e seulement) ; vue sur le canal (pas le grand) et le palais des doges le campanile, la piazza (frelaté le truc) (mais beau)

  • je crois que j’ai égaré les boutons de manchettes de mon oncle (je vais les chercher) et si ça se trouve, je vais acheter aussi une chemise idoine (en même temps, ce que j’en dis, c’est juste qu’il m’est revenu, voilà tout) (un café au café avec le frangin, on parle de la tante yvonne, on parle du reste du monde mais ça ne fait pas tellement marrer- elle était bien con, que son âme reste en une sainte garde on dit ? naannn j’en sais rien)

  • en même temps, y’a du boulot pour le dernier trimestre, mais j’ai pas fait ce que je devais aujourd’hui parce que je ne sais pas exactement pourquoi (c’est compliqué il fait beau, ou froid, ou n’importe et j’ai pas envie, de rien, c’est triste comme tout (ça me pèse tout ça, mais je vais au théâtre) (et puis j’irai au ciné)

  • Ainsi le troll n’a pas eu raison de moi, n’est pas venu à cette soirée d’hier, si chaleureuse (aucune des personnes présentes ne l’était par hasard) et je l’ai, alors, oublié. Un cap a été franchi : j’annoncerai à nouveau mes lectures.

    Ce matin, il faut quand même nager pour nettoyer les menaces. Au début tout va bien. Puis quelque chose se brouille, des phrases, des sentiments s’emmêlent, ça bloque, la panique y est presque et je me demande tout en continuant à nager si le corps, le regard peuvent encore gagner, desserrer l’étau.

    Je continue, vais un peu plus vite pour éprouver les muscles, les contours. La ligne d’eau est paisible, personne n’éclabousse, ne prend toute la place pour une fois. Je fixe les arbres au-delà des vitres, le ciel, l’horloge. Je me concentre sur chaque carreau de céramique. Le brouillage s’estompe. C’est fini.