journal | paysage urbain


Je ne me lasse pas des géométries urbaines. Même dans les endroits les plus fréquentés, voire familiers (on les longe en voiture sur le périph, en RER quand on a à faire dans le coin), un trou d’une seconde suffit et le voilà comme en plein désert. J’ai un autre problème : je ne tolère le monde en image que quand je le vois de face – pourtant en tant que piéton du monde je m’y déplace plutôt en oblique ? La semaine dernière j’ai voulu faire travailler les étudiants sur cette notion de paysage urbain, j’en ai recueilli plein, ils ont bien bossé, mais ceux-là qu’ils auraient peut-être photographié ou peint ou filmé aussi, il n’en est pas venu dans les textes. Est-ce que c’est moi qui voit de travers la beauté du monde ? Où c’est ? Retournez-vous, vous reconnaîtrez tout de suite.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 14 octobre 2013
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Messages

  • Quant à la licence globale (ou autre approche taxe) cela se résume à :
    1) Prélèvement uniforme indépendant des contenus écoutés/consultés/lus, etc
    Ensuite pour la redistribution soit :
    a) mesures d’audience et de consultations précises : approche nécessairement la plus Orwellienne possible (pour éviter les consultations simulées par exemple)
    b) revenus des taxes redistribués sous forme de "subventions à la création", c’est à dire mise en place du ministère omnipotent de la culture gardien du bien et du bon goût.
    Sans parler de praticité de la mise en place.
    http://iiscn.wordpress.com/2011/07/03/licence-globale/

    Voir en ligne : http://iiscn.wordpress.com/2011/05/...

  • Note : hors sujet sur ce billet certes.

    Mais message initial :

    - le piratage zéro n’a aucune importance, mais il est techniquement aujourd’hui tout à fait possible de faire énormément baisser le piratage (et sans interdire de protocoles, ni monitorer les flux utilisateurs) :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/
    - une offre légale basée sur écritures de droits d’accès sur des comptes offrirait une vraie plus value à acheter par rapport à pirater, c’est à dire une offre vraiment atawad (any time any where any device)
    - c’est d’ailleurs dans ce sens qu’évoluent l’offre légale : amz, gg play, ultraviolet, plus ou moins itunes
    - si l’on considère que le fait que cela se termine en 2 ou 3 monstres n’est pas forcément souhaitable
    - si l’on considère que la confidentialité des bibliothèques personnelles est quelque chose d’important
    - c’est surtout un nouveau role, plusieurs organisations dans le role, et séparation des rôles qui est nécessaire :
    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/concepts-economie-numerique-draft/

    Avec aussi :
    - une très forte baisse des prix (pari nécessaire : plus "grosses" bibliothèques chez chacun)
    - aucun DRMs du genre "traficotages de fichiers pour empêcher la copie", qui ne font qu’emmerder ceux qui achètent

    Voir en ligne : http://iiscn.wordpress.com/about/

  • (je suis allé écouter jean-christophe bailly hier, et c’est vraiment un ami) (je le connais même pas, j’ai juste lu quelques uns de ses livres) (un type qui dit "il ne s’agit pas de la France jm’en fous de la France" ne peut pas être non plus complètement mauvais) (la promenade comme mode de vie et de parcours, en plaque sensible, l’humanité, la modestie vraie et l’intelligence des jambes : un type bien) (c’est lui : tu vois le zoom a quelque chose quand même) (j’ai perdu au change avec cet appareil à lak : tant pis)

  • en même temps quand je dis "c’est lui" c’est bien une erreur : c’est juste une représentation de lui, à ce moment-là dans cet endroit-là (on avait compris, merci) (mais si on le dit pas, on trompe son monde)(il y a quelque chose comme de l’immodestie à se servir de sa présence - et de la mienne concomitamment- pour en faire quelque chose (comme un billet) : je me disais ça en regardant mon titre (j’y avais posé son patronyme et son prénom), en faisant preuve de complaisance envers cette citation (j’en ai changé je l’ai mis dans la série, parce qu’il parle de la ville et de Paris)) (et en même temps il est là, aussi, dans "l’espace public") (y’avait là un type qui faisait des photos, je me demande bien où il les a posées) (je mets une photo de la discussion pré-discours parce que j’aime -beaucoup- le geste de la femme en gris, là, à sa droite) (on doit aussi à la vérité de dire que le monde n’a de cesse que d’aimer être trompé-on peut lire à ce propos l’article d’alain garrigou sur son blog du diplo, y’a pas de raison)

  • comme j’ai des difficultés financières, je suis allé m’expliquer avec le type qui s’occupe de mon compte (fermer le compte pro ; faire basculer l’épargne d’un compte à un autre : dlamerde que je ne peux pas faire de chez moi) (chaussures bouts pointus, marron, matte la chemise la cravate, le type a pas trente piges) je lui parle du truc, et lui il me fait "vous payez combien de loyer ?" je ne sais pas exactement ce qui pique ce genre de bipède (certainement la "force de vente" que lui a enseignée son école de ) il a fallu qu’il me chauffe avec son vouloir vendre une assurance (m’a fait une offre à 240 alors que je paye 300 : "je fais une simulation, c’est pour vous" il m’a dit, et je pense qu’il le croyait) (je crois aussi qu’il a compris que c’était des choses qu’il fallait proposer à d’autres) ce qui présuppose que le type qui est en face de lui ne pense qu’à payer moins cher quelque chose, qu’il n’a pas d’autres exigences, qu’il est là pour ça (ce n’est pas que ce soit déloyal, non plus que condamnable, ni obscène ou ignoble, non, c’est que c’est tout ça à la fois) (alors tous les ans, ce type a quatorze mois de salaire, courbé ne pensant qu’à son portefeuille et à aduler son briefing du matin qui lui enjoint de vendre aujourd’hui des assurances) (la puanteur est là)

  • sur la terrasse, il y a ce type qui va manger : là pour le moment, j’ai l’impression qu’il est en train d’écrire un short message small (je sais oui), tout à l’heure le garçon lui apportera un demi-pichet de rosé, il boira immédiatement un verre en tremblant, puis mangera des pâtes tagliatelles avec quelque chose dessus, il paraît (dixit le serveur) que "c’est fameux", il fumera un clope avec son café, en aura pour trente je crois que j’ai pas bien vu (pendant ce temps-là le frangin aura rappliqué, on aura parlé et rit et on sera parti un moment après lui) des fois je suis fatigué, des fois je me dis que tout ça ne sert à rien, parfois au bout de l’avenue, je voit la choucroute, je me dis qu’est-ce que c’est que cette horreur (j’ai repris le métro, été voir le bureau de la taxe sur la valeur ajoutée-pas au premier étage, non, au deuxième- j’ai fait un chèquje trop lourd, je me suis planté dans les additions- je l’ai récupéré, l’ai déchiré, en ai rédigé un autre - quatre chiffres, le premier est un un quand même putin- et m’en suis allé en pensant que demain et après demain je ne serais pas dans cette ville, comme il faisait doux j’ai pris l’avenue jusqu’au faubourg et je suis rentré à pied, ce qui m’a un peu calmé)

  • j’écoute le boucher avec son tablier sale de rouge le boucher aime écrire de la poésie mais pas que - c’est quand ça le prend - ( le vertige du trop parler et puis toutes les voix qui résonnent dans l’espace de mon nouveau travail)