journal | USA, 28 octobre, on a détourné Picasso

Comment s’y est pris Picasso pour installer les 260 tonnes de sa Bête dans l’enclave de cette place carrée, la bibliothèque au fond, un immeuble de bureau noir qui lui sert de fond, la hauteur cubique dominant les rues à angle droit, et qu’elle apparaisse comme une conjuration de la ville ? Alors on vient voir le Picasso mais, ce dimanche après-midi, on ne s’attend pas à découvrir ce grouillement incessant d’enfants par dizaines, qui entrent dans le ventre de fer du monstre et s’en servent de toboggan. (...)



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Comment s’y est pris Picasso pour installer les 260 tonnes de sa Bête dans l’enclave de cette place carrée, la bibliothèque au fond, un immeuble de bureau noir qui lui sert de fond, la hauteur cubique dominant les rues à angle droit, et qu’elle apparaisse comme une conjuration de la ville ? Alors on vient voir le Picasso mais, ce dimanche après-midi, on ne s’attend pas à découvrir ce grouillement incessant d’enfants par dizaines, qui entrent dans le ventre de fer du monstre et s’en servent de toboggan. Et le grouillement de couleurs ne cesse pas, ils s’agglutinent en tas sur le ciment au bas de la dégringolade avant de remonter à l’assaut. Les soudures à angle droit des angles n’ont pas été protégées, les rebords à pic au-dessus du ciment ne comportent pas de rambarde, et qu’on on chute de l’assemblage de tôles sur le socle de béton il n’y a pas de tartan ou autre revêtement pour amortir. Jamais ça ne se passerait comme ça chez nous, avec cette obsession de normes sécuritaires qui a fait interdire depuis quelques années la fabrication de gâteaux en école maternelle. Reste ce miracle : Picasso pris pour un toboggan. À l’évidence, les gamins qui s’y roulent ne sont pas là comme dans les autres jeux d’enfants qu’on leur propose dans tous les parcs : ils sont complices de la Bête qui les accueille dans son dedans, ils participent eux aussi, soudain, par la dégringolade et l’entassement de tous les corps sous la glissade, à cette conjuration de la ville âpre, rectiligne, sombre.

 




François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 29 octobre 2013
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Messages

  • je passe je vais bosser je vois qu’on démonte l’échafaudage de la bataille (les choses tirent à leur fin) (bientôt l’hiver tu me diras) (en attendant, je cherche du boulot) (fait froid, je continue, les questionnaires s’amoncellent du turbin pour la fin de semaine et vendredi un de novembre)

  • (ils sont deux en haut, l’un qu’on voit à peu près, rn bleu, l’autre derrière un poteau d’échafaudage avec son casque rouge) (en bas, j’ai la photo, le type fait descendre les planches et les tubes) je repasse par là (mais je vais à jaurès) (je suis fatigué) (la chanson "ça sert à quoi, tout ça ça sert à quoi tout ça" sur "la rouille" à le forestier quand j’avais quinze ans peut-être) (je m’en vais écrire ma lettre au juge histoire de rester en contact : le truc me pèse, mais ce que je peux faire, ça reste à trouver) (je ne cherche même pas : si ça doit, ça se fera)

  • (tu vois ce zoom : quelle saleté ? c’est comme ça, tu achètes des trucs sur internet, tu ne peux rien regarder vérifier essayer, tu l’as profond et c’est la loi vu que tu as accepté les conditions générales de vente de ces fumiers de vendeurs écoeurants : je lisais un rapport de ces enflures -le même type de vendeurs que ceux qui te fourguent des logiciels de comptabilité tu vois le genre avec achat des mises à jour répétés trois fois l’an- ils ne parlent plus de "clients captifs" mais "d’enfermement de la clientèle" : l’ignoble est là, sans complexe comme disent les fumiers de droite à la talonnette - on peut plus blairer ces types -jte parle même pas de morano ou pécresse- et j’ai vu que certains, des mômes putin, ont le front de parler à christiane taubira : le plus indigne de l’humanité est là, qui s’imagine sur "son sol" l’abjection et l’horreur) (regarde ces types sur les échafaudages : des noirs ; regarde ceux qui font le nettoyage des rues : des noirs et des arabes ; ces boulots que l’Etat privatise : des noirs, des arabes, des pakistanais, à 200 ou 300 euros/mois, qu’est-ce que ça peut faire ?) (ici en france, n’importe où dans le monde dix fois moins, jte jure qu’il y a de quoi être révolté)