2013.10.31 | Chicago, la lame sans fenêtres


Les villes américaines ne craignent pas les bâtiments à pointe triangulaire, à commencer par le fabuleux Iron Welding de Manhattan. On en a photographié un magnifique aussi près du PS1 (voir ici, photos d’avant le passage au format RAW, quel nul d’avoir fait ça si tard). Celui-ci est une lame abstraite plantée à l’entrée de la rue Deadborn de Chicago : dans la partie la plus historique et dense des buildings du vieux centre, donc, même si les parkings y creusent pour notre bonheur ces vides géométriques. Ce qui frappe c’est les fenêtres meurtrières – mais la fonction féodale de ces fentes s’expliquait. Ici c’est quoi : un silo pour les livres de la bibliothèque proche ? Tout en haut, au contraire, la vitre panoramique. Les contours au sol, quand on approche, sont nets pareillement. Correctionnelle. Ici on enferme, mais en pleine ville. Il paraît que l’intérieur est doté d’un panoptique, ça doit être bien étrange mais on ne visite pas. Reste la lame géométrique, d’un dessin magnifique, plantée dans la ville et affirmant, seule de son espèce, qu’un immeuble peut se passer de fenêtres, ou n’en accepter que ce qui ne supporterait pas qu’un corps s’y glisse et traverse.

 



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er novembre 2013
merci aux 715 visiteurs qui ont consacré 1 minute au moins à cette page


Messages

  • un château en Italie évoque les turpitudes d’une famille (très) aisée ("afin de pourvoir à nos besoins, nous vendrons le Brueghel") : à l’image le public de la vente aux enchères (qui se déroule peut-être bien à Londres -mise à prix 1,6 millions de livres soit 2 d’euros- emporté pour 2,6 millions - je ne sais pas bien le prix me paraît un peu léger - difficile à dire) (à moi Bénézit) (encore qu’il ne donne pas de cote, ce garçon) ; Omar Sharif est en utilité (on a envie de le prendre dans ses bras, Docteur Jivago ou monsieur Ibrahim, quelle classe) - à l’image aussi la mère à Louise (incarnée par Valéria, soeur de la précédente FLoF) (first lady of France), Marysa Borini (pianiste et actrice magnifique-enfin oui, magnifique : pour une fois qu’un acteur joue vraiment d’un instrument et son rôle (zeugme) on le remarquera) (elle est aussi la mère de la précédente) (et de Louise aussi par la même occasion narrative) (mère aussi de Virginio, décédé en 2006 dit Wiki, auquel le film est dédié) (or donc tout cela reste en famille) (il y a quelque courage à poser ainsi sa propre histoire tout en la fictionnant à fond la caisse) (le film adore les ellipses : ça tombe bien, moi aussi) (on trouvera un Pipo del Bono en prêtre ; un Xavier Beauvois en écornifleur à baffer-sauf peut-être sa sortie de la fin de messe ; et d’autres encore comme Marie Rivière - qui cherchait le rayon vert avec Eric Rohmer- ou André Wilms qui nous rappellera le Havre magnifique de Kurismaki) on pense à Visconti parce qu’on aime l’Italie, on aime le tragique, le burlesque, on pleure on rit, et l’actrice principale est magnifique (la scène du ventilateur, je ne sais pas vraiment, mais c’est une merveille) (le jeune Garrel comme de juste fait la gueule tout au long du film) (en même temps avec un grand père et un père comme il a...) (même si Maurice s’en est allé, allez)

  • (de plus en plus tôt la nuit tombe et la pluie semblable et grise fait au jour cette sépulture dont il ne se remettra pas avant noël) au faubourg, les lumières allumées de l’hospice, asile, ou immeuble social, je ne sais pas exactement ce que c’est que cette affaire-là, mais je ne me suis pas renseigné non plus (toute la journée à saisir, jte parle même pas du malokrâne) (toujours ces questions idiotes auxquelles k-les gens répondent) (à l’image l’ultime fin du plan séquence magnifique du "Sacrifice (Andrei Tarkovski, 1986) où Erland Josephson (qui jouait dans "Dimenticare Venezia") met le feu à sa maison pour remercier le ciel) (c’est dur la vie des fois- mais le plan est splendide)(je mets cette photo parce qu’elle est sur le bureau et que je ne trouve plus celle que je voulais poser)

  • pas de jaune sur la pierre froide - rêvé de salaire n’ai pas donné de rib - écouté trois fois l’ ACR sur Moondog tellement c’est beau

  • (il y a une vague odeur de pourriture qui s’exhale de la cinémathèque-mais pourtant, les films...- ; déjà, la dernière fois quand j’ai tenté d’y aller, il y avait pince-fesses, raoût et vernissage d’exposition-sécuritaires à oreillettes smoking chaussures pointues et vernies tapis rouges et potelets chromés coktails certainement tout le kit ; cette fois-ci on annonce que les places réduites sont à 4,5 -elles étaient à 3 il y a quelques semaines : les deux trucs sont sans rapport) (au bar on ne sert plus de sandwich "depuis longtemps" raconte le patron-on en a mangé un en juillet) (tu ne te demandes plus pourquoi le mot qui sort de plus en plus chez les jeunes c’est "tu mens") (à l’image Anna Magnani dans "Mamma Roma" de PIer Paulo Pasolini 1962-elle est née en 8, elle a 54 ans, quelle merveille d’actrice, d’un tragique formidable, je l’adore comme si c’était ma mère)(quand elle est à l’écran, c’est comme s’il s’illuminait, cette présence, je me souviens de Rome Ville ouverte, je me souviens de son rôle chez Renoir, de la Rose Tatouée et de son Oscar je me souviens d’elle et je ne pardonne rien à cette salle de cinéma)