journal | moine copiste à céder


Les boutiques de photocopie et impression pullulaient aux abords des universités. Les profs aussi envoyaient des polycops et tout le tintouin. Comment pleurer l’abandon d’une fonction inutile ? Après tout, il y a d’autres boulots qui naissent. Probablement aussi du côté de la réparation des ordis et matériels électroniques. Alors la ville se condense, joue les vitrines de luxe, et personne ne reprend la boutique du Moine Copiste. En même temps, le moine copiste c’était pour lui qu’on avait inventé le mot exemplaire (voir les Petits Traités de Quignard, tome 1) : l’original enchaîné à son monastère était copié dans l’exemplaire divisés en plusieurs cahiers, pour qu’autant de moines puissent travailler simultanément à une copie qui ne soit pas une copie de copie, mais toujours depuis le premier décalque de l’original. Ce n’est pas le travail qui se faisait ici, enfin je suppose. On a beaucoup parlé de ces premiers temps d’Aldo Manuccio à Venise, ou des milliers de personne, non plus des moines, avaient lancé la reproduction à échelle presque industrielle du livre avant l’imprimerie, et de comment leur travail avait conditionné l’apparence même des premières pages imprimées. Et le moine de l’enseigne ressemblait plus à un moine pour boîte de Camembert qu’à ceux qu’évoque Quignard. Qui rachètera la boutique, et pour y faire quoi ? On a mangé à la pizza juste en face, là ça allait, le commerce.



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 1er décembre 2013
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Messages

  • (au ciné le samedi soir, ça a quelque chose de délicieusement suranné hein) on a vu the immigrant (James Gray, 2013) avec la statue de la liberté en premier plan (pas à l’image) (l’image du film est assez maniérée, ça se passe dans les années vingt à NYC le type est juif, elle est catho, il la fout sur le trottoir, elle encaisse pour sauver sa soeur, les turpitudes habituelles) le rêve américain tout en couleur et au soleil, enfin du lourd (acteurs qui en font des tonnes, Marion Cotillard-bah- Joaqin Phoenix-lourd de chez) (et dimanche au boulot (faudrait travailler tous les jours pour que ça aille tu vois) (pfff galère)