journal | les livres, l’ordi, la bibliothèque


Quelques minutes avant notre rencontre sur littérature, numérique et enseignement, dans les couloirs de la fac de Neuchâtel, vue surplombante sur la bibliothèque universitaire. Sous sa capuche, dans une bulle qui l’inclut (il ou elle) et son ordi, la concentration sur un travail, la conscience du lieu dans lequel s’effectue se travail, et pourtant le dos tourné aux livres inutiles (à ce moment précis, pour il ou elle). Je suis de plus en plus attentif, partout où je peux les photographier, à ces postures devant l’ordi, quand elles ont rapport à la lecture, au livre, ou simplement à la création même, et écrire en particulier. Là, c’est la disposition spatiale, les jeux de lumière, l’architecte qui a décidé que la bibliothèque soit transparente depuis les couloirs (je suis dans celui de Daniel Sangsue, qui travaille sur les fantômes dans la littérature), le soleil ras (quelques minutes plus tard, la magie aura fini), et notre interrogation à tous (billet en cours de rédaction suite à discussion côté SciencesPo : — Et pour les faire lire vous faites comment ?, comme si quiconque aujourd’hui avait réponse), sur ce qui se chamboule, n’atteint pas forcément le texte, mais chamboule aussi notre rapport au texte, et donc à la fonction sociale du lieu prévu pour exercer ce rapport... Et comme par hasard c’est cette même question qui reviendrait de façon récurrente, pas triste, combative même, tout au long de la rencontre (merci ceux de Neuchâtel).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 7 décembre 2013
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Messages

  • (vu "le démantèlement" -Sébastien Pilote, 2013- avec un Gabriel Arcand (qui me fait penser à Max von Sydow - l’exorciste chez Friedkin, brrrr) qui a 63 piges, l’âge du rôle du personnage nommé Gaby qui va vendre sa ferme pour que ses filles puissent continuer à vivre sans trop de difficultés- enfin c’est ce que j’ai compris) (le film est pas mal, je ne sais pas bien ce qui m’ennuie : le rythme-les saisons oui, mais ; l’agriculture, l’élevage, sans doute quelque chose qui ne veut pas dire les sentiments j’imagine) (j’en sais rien, le film est bien-trop documentaire sans doute)(début du panoramique sur le pont Marie, le soir)

  • (question boulot, qu’est-ce que je rame et voilà les factures...) (trouver voilà tout) (bu un café au wepler, été voir TNNPI, cherché à comprendre ce que je faisais et un titre au site -zeugme) (attends c’était comment "sous le pont Marie coule la Seine et nos amours faut-il qu’il m’en souvienne la joie venait toujours après la peine..." c’est Mirabeau on s’en fout, je me souviens qu’on m’avait demandé de déclamer "la chaire est triste hélas et j’ai lu tous les livres... " Brise Marine que le titre est joli, et que j’avais, ensuite, chanté a capella jte parle pas du bazar "amsterdam", le petit théâtre du côté de la rue du Commerce, celui du côté de Saint Germain des Prés, et un autre encore)

  • le fleuve, les ondes, l’écume, les bateaux et la brume... (j’ai écouté la valse triste de ce Sibélieus, quelle merveille) (bien envie d’aller au ciné, y’a Fanny et Alexandre qui passe, comme un vieux Bogdanovich-né en 39- la dernière séance je crois (1971) je ne sais plus) (il y a le cinéma, il y a la chanson, le théâtre et la comédie, les livres viennent ensuite mais la poésie elle est avant tout, comme la musique) (les catégories, et les classements, c’est ce qui fait le sel du métier comme on sait)

  • (détail : clignotant arrière droit, petite gouttière de toit, bord cadre -manquée- poignée de porte arrière : la voiture est ornée sur sa calandre d’une sorte de lion -mochissime- qui voudrait rappeler le "d" du daimler -affreux aussi évidemment- ou la victoire de Samothrace ornant les RR qui jouent dans une autre catégorie) j’ai croisé hier soir une quatre cent trois dans la rue Jean-Pierre Timbaud devant le petit garage (rue semblable à l’Oberkampf, désormais investie par une jeunesse plus ou moins dorée ou qui s’encanaille dans le nord est parisien) (on a vu hier soir un "les garçons et guillaume à table" où on a droit à un genre de stéréotype de l’est parisien : le partouzeur homosexuel vit bizarrement à Pantin, et avec ses deux amis ou acolytes, quand il présente ledit guillaume à ses amis (présentation hors champ) il répond à la question "qui c’est ?", par un "la salope", tous les trois préfèrent enculer les arabes... Le film n’est pas vraiment cru, le héros (qui est, dans la "vraie" vie né à Neuilly comme il se doit-dans cette classe de la société s’entend) est magnifiquement interprété par le scénariste réalisateur Guillaume Gallienne (on disait BB, ; on a qu’à dire Gégé), étoile montante de la scène française-le film est bien hormis peut-être ce genre d’incise, je crois que la pièce aussi était bien, il y interprétait tous les rôles - ici il se contente du sien et de celui de sa mère- Françoise Fabian est formidable, elle interprète la mère de la mère du guillaume)

  • c’était vendredi - on apprend que problème d’argent dans la boîte - pas de salaire - on rentre on lit un truc - on est saoule de travail - on ne sait pas dans quoi on plonge - mais on plonge - alors plongeons !

  • toutes ces voix qu’on écoute - comme un théâtre de voix du maintenant -

  • on a fêté saint Nicolas - ça veut dire préparer des étoiles de pain d’épices du poulet aux mirabelles ... le regard émerveillé de la toute petite devant son livre sonore - apprends que ma sœur n’aime pas ce que j’écris

  • le type était assis, je lui ai dit "c’est vous alors, la neige ?" il m’a regardé, il a fait "pff..." j’avais le téléphone en évidence (mais lui regarde le paparazzo, si ça se trouve il n’a pas vu la manoeuvre), j’ai fait "ou alors le père noël ?" il a continué son ouvrage, gros vent, j’ai dit "vous serez dans le journal comme ça", il s’est retourné et m’a souri (quand même) (ce qu’il ne faut pas faire pour se retrouver dans le journal, jte jure) (coin boulevard Burnouf, un bar à moitié branché, proche de l’école d’archi)

  • le courage ne doit pas manquer : tenir, tenir, tenir (travailler) (écrire) (rire) (il faut aussi du courage pour l’Ukraine) (c’est pas là, Tchernobyl, des fois ?) (pour ma part, je continue et je préfère encore être seul au boulot) (c’est dur la vie, des fois) (la photo - coin Orillon Morand -pour Pierre Ménard qui en a posé une du même type-même point de vue, direction un peu plus incliné) (les chantiers continuent)

  • ce matin, sur le boulevard, un type (jeune 20-25) (jean, basketts, blouson jean, brun, cheveux assez longs) court tout ce qu’il peut, m’évite de justesse, continue sa course (je ne fais pourtant de tort à personne/en laissant courir les voleurs de pommes) suivi par deux flics (uniformes rangers guns matraques gants menottes tout le kit, qui courent comme des dératés mais jamais ils ne le serreront évidemment) (t’as vu comme je reste poli hein) et au bout du couloir du boulevard le soleil qui se reflète sur un immeuble, une grue, un camion phares allumés, neuf heures moins le quart(froid de gueux)

  • (pfff....tu parles me l’a déjà faite celle-là, je recommence pas) (je la fait tourner sur elle même symétrie verticale)

  • il n’y a pas tellement longtemps (peut être un an, ou deux) que les épiceries qu’on nomme par facilité arabes ont changé d’apparence ; avant, c’était un joyeux bordel, les étalages, ça débordait un peu n’importe comment, les cageots étaient dépareillés, les fruits mélangés aux légumes, ici des bouteilles de gaz là du bois, enfin le bazar, alors que maintenant on décèle une unité de couleur dans les cageots, c’est propret bien présenté on dirait une photo de mode (c’est chez momo et c’est aseptisé) (en même temps, il a changé ses frigos, tu comprends quartier chic)

  • c’est vendredi le dernier entretien - il est arménien m’explique avec très peu de mots sa vie - " alors je ne parle pas français alors je ne mange pas alors je meurs " -

  • semaine pleine après semaine pleine - ce travail me soule dès le mardi - me soule de ses conneries administratives - vous connaissez - vous le marché caché du chauffeur PL de l’agent de conditionnement du soudeur -

  • c’est samedi - premier cinéma avec la toute petite - elle dit c’est le film et plein de belles choses - sur l’écran le noël de Komaneko -