journal | comment rater son train en 9 leçons

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Porcheville surgit, Porcheville passe

Attendu à ma décharge que :

- 1, pas d’embouteillages cause vacances, j’étais 20 minutes en avance à la gare et plein de place pour se garer ;

- 2, étant en avance je m’incruste au Relay, par exemple j’aime bien voir les daubes de livres politiques savoir si je reconnais qui parmi mes copains nègres s’y est collé ;

- 3, jamais acheté de journal papier depuis bientôt 12 ans, et les magazines encore moins sauf exception mais là je vois un machin sur les objectifs photo, j’ai pas de sous pour m’acheter un objectif photo mais je veux comprendre alors je l’achète et je monte sur le quai ;

- 4, ma carte Senior + m’ayant valu un surclassement première, je vois que le wagon première de l’Interloire est à l’avant et je vais jusqu’au repère F, puis prends mon magazine et commence à lire en en détail l’article sur le Pancake 40 Canon, c’est un long article ;

- 5, j’ai encore 6 minutes à attendre bon poids mais c’est pas grave, il ne fait pas froid et j’aime l’Interloire, il passe par la Possonière et on aperçoit Saint-Florent le Vieil, j’ai pris ce train-là des tas de fois, la dernière fois il y a pile 1 mois et demi pour Rezé ;

- 6, je suis complètement déshabitué des magazines, je ne sais plus lire que sur mon Mac Air ou mon Kindle (Fire), les livres papier et les journaux c’est devenu comme écrire à la main, alors j’enlève mes lunettes et me les remonte sur le front, en mettant la page à 5 centimètres de mon nez j’arrive enfin à lire, mais évidemment ça sépare un peu du reste du monde ;

- 7, le 8h15 pour Paris est en rade, un haut-parleur répète pour la 4ème fois que les voyageurs de la rame 2 du 8h15 doivent monter dans la rame 1 (remarque ils l’auraient compris tout seul) donc je n’écoute plus trop le haut-parleur ;

- 8, je vois à deux mètres le museau bleu de l’Interloire s’avancer, pige que vu les vacances c’est un tout petit Interloire avec juste pas beaucoup de wagons

- 9, à peine j’arrive à la porte de mon wagon que le beau TER Bombardier silencieux au lieu d’arrêter lentement mais très lentement accélère, les portes sont fermées, le mouvement qui m’avait alerté ce n’était pas son arrivée mais son départ, tout lent tout brillant, l’intérieur chaud allumé, et moi pendant les 3 minutes qu’il avait dû être à l’arrêt à deux mètres de moi un poil trop en amont j’ai rien capté, j’ai l’air fin, si ça se trouve même le chauffeur ou le contrôleur ont dû me regarder d’un air blasé mais interrogateur ;

- et donc remonter dans la voiture (pour une fois qu’il y avait toutes ces places) et au lieu d’1h50 bricoler à l’ordi et rêver sur les beaux objectifs trop chers avec vue sur Loire, et mon billet payé et non remboursable me voilà 2h30 à conduire sur l’autoroute jusqu’à Vertou, sud de Nantes (où au restaurant l’Écluse ci-dessus on mange très bien) et c’est presque l’heure à laquelle j’avais dit à Philippe Cognée que j’arriverais, la journée fut grande, belle et productive. N’empêche, je crois qu’en 20 ans de galère SNCF où c’est la SNCF qui, ne me suis jamais senti aussi ridicule, au point d’en rigoler plutôt que de m’insulter (n’en pensant pas moins).



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 3 janvier 2014
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Messages

  • Je les avais déjà remarqués ces panneaux que ma naïveté m’avait fait prendre pour du provisoire, on les met pour accueillir le temps de l’inauguration (en gros ils ne sont là que pour expliquer combien ce jardin est beau) ; seulement voilà c’était venteux aujourd’hui (et ça l’a été les jours d’avant par moment) et les voilà par terre, tous sauf un.
    L’air aussi patauds, stupides et inutiles que des humains qui, tombés, ne pourraient se relever, la compassion qu’alors on éprouverait en moins. Je me demande comment celui ou ceux qui ont présidé à leur mise en place n’ont pas un seul instant songé, s’ils souhaitaient qu’ils restent, à les arrimer. Parce que le vent, bien sûr, y en a jamais.

    Le ridicule des explications prétentieuses renversées ne me donne pour autant pas envie de rire, j’aimerais qu’on nous en débarrasse, rien de plus. Mais j’en oublie de m’étonner que malgré les congés scolaires et le temps d’une douceur étrange pour un janvier, il n’y ait presque personne, un ou deux seuls enfants plus loin en train de jouer.

  • (toute manière je ne sais pas compter) (ou j’ai des difficultés) (je viens de finir cette saisie, j’apprends que peu de travail au premier trimestre -voix détournée je reconnais bien là la manière- et bizarrement jm’en tamponne) (ce n’est pas que la glace du froid de la misère ne se soit pas insinuée dans la plupart de mes pensées, mais je respire un peu) (dehors il pleut mais jm’en fous tu vois)(c’est cardinal lemoine, vers minuit moins vingt, l’année dernière, trente et un on était tous dessus, plus ou moins, on sortait du grand action ça s’appelle cette salle, dans les noirs, dans les rouges, on marchait tranquillement vers la nouvelle année, on croisera des gens "bonne année" on dira "bonne année" aux fenêtres on criera "bonne année" alors on criera "bonne année" et il fera doux)

  • me souviens de c’tes fois où j’ai
    voulu rentrer "à bon port"..
    - le train du vendredi partait plus tôt..
    pouce levé.
    - travaux sur la voie. bus en partance.
    quand j’ai vu cet autocar, juste avoir souhaité que ce ne soit pas celui que j’aurais du prendre.
    pas d’bol.
    pouce levé.
    - toujours peur de rater ces fichus trains.
    toujours aimé
    ces voyages.