journal | art ou pas art mais nuragique


Prendre pleine face cette civilisation nuragique, qui a duré un peu plus d’un millier d’années, mais qui apparemment disparaissait déjà d’elle-même aux temps puniques, vers – 800. Ces élévations de tours qui même écroulées gardent encore l’amorce des escaliers intérieurs, la base des huttes en énormes pierres qui supposent bien chacune quatre fois notre force. Et puis rien, pas d’écrits, pas de récits. Des objets de pierre, d’os et de bronze survivent : ces formes tronconiques dont on suppose qu’elles avaient rôle rituel, et la maîtrise du bronze qui rappelle que ce qu’on a vu à Fos-sur-Mer c’est ce fondement de civilisation. Les géants de pierre retrouvés, est-ce que c’est leurs propres rituels, ou parce que ceux qui sont venus après eux les ont ainsi prolongés ? Et ce qui a disparu, de pierre, de bois, d’incantation ? Et ce qu’on dépose dans les tombes, lorsqu’on donne à l’objet fondu cette élégance et ce mouvement, qu’est-ce que ça veut dire pour nous qui, leur attribuant concept d’art, en réduisons autant la fonction ? Ici, ces morts muets parlent plus que tout le reste. (Photo : musée archéologique de Cagliari.)



François Bon © Tiers Livre Éditeur, mentions légales
1ère mise en ligne et dernière modification le 17 juillet 2014
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Messages

  • Et dans cette société capitalistique du début du XXIème siècle en comptage chrétien, si peu de temps pour la beauté, la respirations simple, le presque rien qui permet aux idées d’arriver. J’ai retrouvé du boulot, je paie tout ce qu’il faut, me reste encore quelques dettes amicales et à la banque un bref crédit qu’on écluse : j’ai enfin compris qu’il y aura toujours quelque chose sans que l’on fasse aucun achat, mais voilà des frais qu’on nous met, des réparations urgentes, un ordi dont l’alimentation prévient qu’elle va lâcher, un appareil photo qui nous quitte. Soucis de personnes déjà équipées, se plaindre serait indécent.
    Voilà quelques congés, cinq mois déjà que le travail salarié m’a reprise et il le fallait. Mais dès que c’est possible retrouver l’écriture et cette évidence bien gênante que mon travail, le vrai, est là avec celui de prendre ces petites photos du jour le jour et les annoter assez, celles qui présentent un brin d’intérêt, pour que quelqu’un quelque part puisse les trouver utiles ou instructives ; typiques d’un moment de civilisation qui entre temps aura disparu.
    Je reprends leur tri et sauvegardes manuelles où j’en étais : 17 octobre 2012, bouteilles qui décoraient une librairie où une causerie littéraire se tenait. C’est reparti (j’espère).

  • (c’est dimanche qu’on se tire aux aurores, by airplane-on aurait préféré by train mais c’est deux fois plus cher- et dieu merci (comme disait ma grand mère) on ne passe pas au dessus de l’ukraine) (ultracontemporain l’attentat) juste à temps on a été voir l’expo bill viola

  • (le type a truc avec l’eau) (ça s’appelle un tropisme) (formidable d’ailleurs, magnifique) en même temps qu’on se dit "quelle qualité, ces images..!!!" on se dit aussi "mais pourquoi -pour qui ?- tant de déploiement techniquement impeccable ?" (et les machines qui sont derrière, et les écrans et les projecteurs, et les commissaires et les gardiens, etc... pour qui donc alors ?) (et moi j’ai peur de croire et de savoir que ce n’est que pour la crème)

  • je suis allé la voir, les fleurs là, c’est pour elle (et pour le journal aussi tu me diras, oui) elle m’a encore parlé de la Tchécoslovaquie, de ses possibilités de recommandations, "mon père travaillait dans les machines agricoles, tu sais" me dit-elle, son regard s’assombrit, elle oublie, elle pense à autre chose, elle m’embrasse "tu embellis ma vie, comme elles sont belles", la petite fleuriste part à Cannes, puis en Irlande puis au Portugal, il fait une chaleur à décorner les boeufs, mais je fais mon sac (je poste si je peux, mais je crois que non) (on verra dans une quinzaine) (je fais tourner "take the A train" dans la version Duke/Count Basie, c’est une merveille)